dimanche 30 mars 2008

Chez Annabel

A Yangun, Annabel nous a très gentiment reçus chez elle pendant deux jours. Elle est professeur d’anglais et vit dans une très jolie maison a proximité de la plus belle pagode du monde (Shwedagon Pagoda) et d’un joli beau lac. Que demande le peuple ? On a été très gâtés de la rencontrer.

Thank you again, Annabel, for the great time we had together. We are grateful we met you and, we’d be very happy to welcome you in Brussels someday. Keep in touch!

jeudi 27 mars 2008

Golden Rock

Embarquement à 6heures du matin dans un camion décapoté. Huit poutres en bois (en guise de siège) parcourent le camion en longueur ce qui permet d’avoir 30 cm entre chacune d’elle (et croyez moi, si vous mesurez votre fémur, vous comprendrez que c’est peu d’espace). Il y a 5 ou 6 passagers par poutre et, installée au milieu, je me voyais obligée de presser mes genoux sous la poutre devant moi pour avoir un semblant de stabilité dans les virages (je n’avais aucun autre moyen de me tenir).

Ces camions sont prévus pour 30-35 personnes. Nous étions 50 ! Ces gens ont une capacité à s’entasser dans des boites à sardine qui ne cesse de m’étonner. Parfois je me dis qu’avec eux, on pourrait monter un spectaculaire numéro de cirque en Europe. D’ailleurs, je comprends mieux ce que je prenais pour de la cruauté envers les animaux : entasser des poules ou des cochons dans des cages en paille. Ce n’est pas de la cruauté, c’est normal : ils font la même chose entre eux !

Dès qu’on est partis, j’ai donc compris que ce voyage serait difficile. Ici, en Birmanie, ils n’ont pas de « Disney Land », mais ils n’en ont pas besoin ! Ils ont … (roulement de tambour)… le Golden Rock ! Et c’est même mieux que toute attraction genre Ciroco parce que ce n’est pas 5 min mais 45 min de sensation fortes! Et les frissons sont plus forts encore que la Dalton Terror parce qu’ici, on a aucune ceinture de sécurité.

Donc si on tombe, on meurt pour de vrai ! GENIAL ! Vous auriez du nous voir: 50 petits bonhommes criant dans ce camion parce qu’il dévale, à tout vitesse, une pente de 30° (pente que, même à vélo, j’hésiterais à prendre tant elle est raide) ou parce qu’on manque d’expulser l’un ou l’autre passager hors du camion lors d’un virage en tête d’épingle prix à trop vive allure. Je pense que le chauffeur devait être un sadique parce qu’on avait aucune raison d’être presses. Il est d’ailleurs passé, dans ma tête, par tous les noms d’oiseaux. Sincèrement, je ne suis pas une froussarde, mais là, j’ai eu peur ! Annabelle, elle, a encré son regard sur ses genoux pour ne pas vomir, pendant que Philippe, debout à l’arrière et mort de rire, tentait de prendre des photos de notre calvaire.

Nous sommes arrives tous tremblants au bout de notre course. Les gens se précipitaient pour sortir du camion (on sait jamais, des fois qu’il se remette en marche brusquement).

On a commencé notre ascension de la montagne pour arriver au fameux rocher. La vue était superbe et, comme à Bagan, aucune photo ne pourrait rendre la beauté du paysage. Le chemin était bordé de petites échoppes. Les plus impressionnantes étaient sans doute les vendeurs de poudre de perlin pin pin et autre remèdes de grand-mère.

Ils proposait de l’huile d’éléphants et d’insectes répugnants pour les massages, des crânes de singes, des dents de tigre, des pattes d’ours… Bref, pour le même prix on pourrait les appeler braconniers.
En marchant, on a croisé des moines et des touristes, affalés sur une chaise longue portée par 4 porteurs. On a aussi vu des porteurs de bagages pas comme les autres. :-)

Je réalise que je ne vous ai pas expliqué ce qu’est le Golden Rock. Avant tout, c’est un très haut lieu de pèlerinage bouddhiste. Ce rocher couvert d’or (couches successives de feuilles d’or déposées par les pèlerins) est en équilibre sur la falaise (la force de 3 hommes pourrait la faire basculer). Mais les gens ici disent qu’il ne tombera jamais parce qu’il est maintenu par un cheveux de Bouddha. A quoi ca tient, hein ?!

mercredi 26 mars 2008

Hpa-Ah et Kyaik-Hti-Yo

Si Mawlawyine était peut être une erreur de parcourt, Hpa-Ah ne nous a pas déçu. Nous y avons vu Kyalk Ka Lat : une étonnante pagode construite sur un étroit rocher émergeant d’une plaine couverte de rizières. La photo en dira plus long. Et puis on s’est présentés à de multiples bouddha tantôt cachés dans la végétation, tantôt camouflés dans des grottes (certains d’entre eux avaient plus de 1300 ans !)


La journée qui suivit restera gravée dans la mémoire d’Annabel, Philippe et moi. Hpa-Ah n’est pas un lieu hautement touristique. Cela présente des avantages (rencontre de gens authentiques et désintéressés) et des inconvénients (personne ne parle anglais). Cela donne lieux à de superbes conversations de sourds agrémentés de regards interrogateurs et d’expression septiques. C’est bien simple, on n’est pas parvenus à comprendre ou prendre le bus pour Khiachio (Golden Rock). On a commencé par attendre, plantés au pied d’une pagode, un bus qui n’est jamais venu. Puis, à bout de patience, on a demandé de l’aide à un gentil birman pour faire face au même problème de langue…

Déjà pour arriver à prononcer le nom de la ville de manière à être compris, c’est tout un poème : il nous fallait parfois répéter 5 fois « Khiachio ? Kyaahy How ? Qui-a-chaud ? Khiiat Chô, Kyk-Hti-Yo » avec une intonation différente pour avant d’avoir droit à une étincelle de lucidité dans le regard de notre interlocuteur, suivit d’un « Aahh ! Kyaik-Hti-Yo ?! » (grand sourire) puis d’un doigt qui pointe vers un pick-up. Pick-up bondé de gens… Ce véhicule ne pouvait décemment pas rouler 4 heures jusqu'à notre destination avec tant de gens à bord.

C’est donc persuades qu’il nous déposerait à la gare routière à 5 minutes de là que nous sommes montés (soit dit en passant : Philippe a du s’installer sur le toit parce qu’il n’y avait plus de place à bord). Que néni !! On n’avait pas fait 500m que le chauffeur criait « Kyaik-Hti-Yo! Kyaik-Hti-Yo! » pour embarquer plus de monde. Dans un sursaut de survie, Phil, Annabel et moi sommes sorti de cet engin de malheur en disant PAS QUESTION DE VOYAGER DANS CES CONDITIONS ! 5 min, c’est possible, mais 4 heures ?!! Faut pas rêver !! On veut un bus, un car, un gros machin avec des coussins sur les sièges et de la place pour respirer ! » Le chauffeur nous a regardé d’un air désolé et il est parti.

On ne savait pas trop quoi faire. Il n’est pas 8h du matin et le soleil nous faisait déjà transpirer à grosses gouttes. On a attendu là, bêtement en espérant un miracle. D’autres Birman ont tenté de nous aider en arrêtant d’autres pick-up (qu’on a refuse de prendre). Au bout de 30 minutes, il fallait nous rendre à l’évidence : il n’y avait aucun autre moyen de transport pour aller au Golden Rock. Résignés, nous sommes montés dans le pick-up suivant. Heureusement, Annabelle et moi avions une place à l’avant, à coté du chauffeur. Philippe, en aventurier amusé, a opté une nouvelle fois pour le toit. Il s’est tartiné de crème solaire, a mis ses deux paires de lunettes sur le nez et c’est assis sur son sac a dos. Zou, on est partis !

Dans la voiture, il n’y avait pas de fenêtre côte passager (un rideau faisait office de protection). Le tableau de bord n’était plus qu’un élément de décoration. Plus rien ne marchait. Le compteur de vitesse, les tours minutes, la jauge d’essence, tout restait à zéro et pourtant, l’engin roulait (un peu trop vite d’ailleurs, compte tenu du poids de sa charge). Les boutons de ventilation avaient disparus. Même le vide poche laissait un trou béant à l’endroit du clip pour l’ouvrir. Seul restait l’allume cigare qui, à mon avis, ne faisait qu’ajouter au décor. Le rétroviseur, quant à lui, n’en finissait plus de se pencher à cause des vibrations et notre chauffeur passait son temps à le remettre en place. Sur le rétro, quelques colliers de jasmins parfumaient l’habitacle d’une odeur douce et agréable.

J’observais gentiment tous ces petits détails afin de vous les raconter, quand, soudain, un grand bruit de métal brisé s'est fait entendre. Le pick-up s’est arrêté 10 mètres plus loin et dans les 5 minutes, 3 birmans étaient sous la voiture armés d’outils. A en juger par l’expression de leur visage et leur calme, ca n’avait pas l’air grave. A en juger par le temps que cette réparation commençait à prendre, ca avait l’air plutôt grave...

Il n’a pas fallu longtemps avant que d’autres véhicules ne s’arrêtent pour nous proposer de nous prendre (nous les blancs qui avions du pognon, les autres passagers pouvaient toujours esperer une réparation rapide!). On avait le choix entre une 4X4 blinquante, conduite par une bande de mecs aux airs de petites frappes, pour la modique somme de 100 dollars. (Je sais pas, ils ont du voir des plumes sur nos têtes et nous prendre pour des pigeons ! on leur suggerer d'aller voir ailleurs) et une Toyota (berline) conduite par un homme à la bonne bouille, pour 12 dollars. Voilà qui était plus raisonnable ! et nous voilà repartis jusqu'à ce que, 2h plus tard, son frein arrière droit ne lâche. « Ben tiens ! Ca manquait ! » s’est on dit d’un air désabusé autant qu’amusé tant la situation commençait à devenir incroyablement malchanceuse… ! Il serait peut être temps de faire une donation à Bouddha ;-)

12h30… on est arrivés fatigués, assoiffés, affamés mais somme toute en un seul morceau pas trop cabossés à … (petit test : quel est le nom de notre ville d’arrivée ?)

Nous avons posé nos sacs dans un mignon petit bungalow (cette fois-ci c’est la pauvre Annabel qui avait une cage à poule pour chambre) à deux pas de la place du village. Place sur laquelle se produisait une sorte d’évènement : un moine lisait l’histoire du bouddha à un micro amplifiant ses mots dans toutes les directions. 20 min de ce brouhaha et nous étions déjà sur les nerfs. Si bien que nous avons demandé à Nayn, notre hôte, si ca allait durer toute la journée.
- « oui, oui » a-t-il repondu avec un grand sourire.
- « et toute la nuit ?» A lancé Philippe en boutade.
- « oui, oui » répondit Nayn. Et pour qu’on ne le prenne pas pour une plaisanterie il a ajouté :
- « ca fait 3 jours que ca dure et on ne sait pas quand ca va s’arrêter ».
Là, on ne rigolait plus. Nous étions « ravis » d’avoir le privilège d’assister à ce vacarme qui semble toute fois ne gêner que nous…

A l’heure de la sieste, notre cœur balançait entre les paroles de Bouddha, la techno de la TV de la réception et les récitations des leçons de l’école monastique juste derrière notre chambre…
Que cela ne tienne : il fait trop chaud pour dormir. A la place, on a observé le jardinier couper l’herbe à la main et les enfants jouer au foot sur le gazon tout en se concentrant sur le chant des cigales, une bonne bouteille d’eau fraiche à la main (il fait si chaud qu’il nous est arrivé de boire 7 litres à 2).


Le soir nous sommes montés au sommet de la colline pour assiter au coucher de soleil de la pagode. La végétation avoisinante masquant le soleil, il fallait escalader un rocher surmonté d'un stupa pour pouvoir observer le phénomène. Mais seul Philippe a pu grimper dessus car les femmes n'y sont pas autorisées (comme beaucoup de site religieux). Annabel et moi avons du nous contanter du paysage... J'étais VEXEE!!

mardi 25 mars 2008

Mawlawyine

J’en retiendrai malheureusement surtout la cage à poule épouvantable dans laquelle nous avons accepté de dormir (a vrai dire nous n’avions pas le choix : l’autre hôtel du village était un hôtel gouvernemental) : non seulement, les trois « lits » de la chambre permettaient à peine d’y rentrer, les traficotage électriques de la pièce nous faisait craindre un incendie (on osait à peine mettre le ventilateur en route), le matelas du lit devait faire 3 cm d’épaisseurs, les draps étaient pas frais mais en plus, à 1 mètre de notre fenêtre sans vitre (juste une moustiquaire) nous avions la pompe à eau… qui a fonctionné toute la nuit. Oui oui… Encore une nuit sans sommeil quoi…

J’étais d’une humeur fripée le lendemain… Elle est devenue carrément chiffonnée quand j’ai vu la chambre d’Annabel (Annabel est une charmante Anglaise que nous avons rencontrée dans cet hôtel et avec qui nous avons fait un petit bout de voyage par la suite). Elle avait tout le confort et le charme d’une chambre de château pour 2 dollars de plus. Le réceptionniste refusant de revoir le prix de notre chambre à la baisse, on a décidé de partir vers Hpa-Ah et Annabel nous a suivis.
Avant de quitter Mawlawyine, on a quand même pris le temps d’apprécier la vue de la colline sur la mer en passant par quelques pagodes et un monastère.

dimanche 23 mars 2008

Anecdotes Amusantes

Chaque pleine lune est un événement en Birmanie. Il donne lieu à des fêtes et célébrations dans les temples. C’est à cette occasion que nous avons vu défiler plusieurs cortèges de gens en costumes de parades, vaches et chevaux habillés de 1000 couleurs.
Chaque cortège était suivit de son petit orchestre. Je vous invite à regardez cette photo de près.

A Yangun (la capitale) nous avons vu notre premier feu rouge manuel. C'est-à-dire que le feu est connecté à un petit interrupteur accroché à un poteau sur le trottoir et, à chaque fois que c’est nécessaire, une gendarmette l’actionne. Rouge/vert/rouge/vert. Unique !

Il y a quelques supers marchés dans les grandes villes. Et quels supers marchés ! Air Co, produits locaux et européens (genre vache qui rit) à des prix dépassant l’imagination, et gardien à l’entrée qui fouille tout client entrant avec un détecteur de métaux… Ici on craint les affamés de camembert fauchés. On est bien vite retourné dans notre petit marché bâché.
Tous les produits importés sont hors de prix. La preuve : un litre de Coca-Cola coûte plus cher qu’une bouteille de Rhum (+/- 1 €). Ca fait peur !

La plus belle pagode du monde se trouve à Yangun. Pour vous donner une idée de sa splendeur : le stupa principal (sorte de pyramide ronde formant le centre du lieu de culte) est couvert d’une couche de 700 kg d’or et sa girouette est incrustée de 6400 de pierres précieuses. Il faut savoir que les birmans, même démunis, dépensent 1/3 de leur revenus en donations aux lieux de cultes ou aux moines. Ceci explique cela…

mardi 18 mars 2008

Mont Popa

C’est une jolie « cheminée de lave » au sommet de laquelle un monastère et des sanctuaires ont été construits. Cet un haut lieu de pèlerinage depuis le 11ème siècle.

Sur le chemin nous sommes passés chez un producteur d’alcool de palmier artisanal. A en juger par la tête que faisaient les quelques hommes qui ont gouté cette mixture, ca décoiffe (surtout a 9h du matin :-). Grace aux explications du « patron », nous pouvons aujourd’hui lancer notre propre production. Il nous faut juste apprendre comment grimper au sommet de cet arbre quasi à main nue.

lundi 17 mars 2008

Bagan, la ville au paysage divin

Nous sommes arrives à Bagan par bateau, au terme d’une croisière sur l’Irrawady d’une journée. Pour la première fois, nous avons eu le sentiment d’être parqués comme des touristes : le bateau, trop confortable pour être honnête, était bien cher pour le pays et, à bord, nous avons trouvé l’Europe entière (les seuls Birmans faisaient partie de l’équipage). Faut dire que les locaux qui ont des moyens financiers préfèrent l’avion et ceux qui ne les ont pas choisiront le « slow boat » dont voici la description du guide :
« C’est un ferry lent qui part tous les soirs et qui revient à passer la nuit sur le pont, assis sur un chaise en plastique. Prévoir de l’anti moustique et de l’eau. Arrivée, si tout se passe bien, à l’aube, après de nombreux arrêts le long du fleuve (joli, il faut le dire, quand même) pour prendre du bétail à bord (surtout des porcs) et les sacs de riz des villageois. Spectacle d’un autre temps. Un petit resto propose une cuisine faite avec l’eau du fleuve, quand aux WC, prévoyez votre papier toilette si vous ne pouvez pas vous passer de vos bonnes vieilles habitudes occidentales. Nous vous déconseillons de prendre une cabine, sans intérêt, exigues, chères et pleines de cafards. » Voila qui a de quoi décourager les plus téméraires. Nous avons donc, sans trop rechigner, pris place sur le bateau que j’appellerai « Touriste Land ».

Que l’on soit catholique, musulman, sunnite, que l’on croit, ou non que la terre est ronde, on est force d’admettre que Bagan a quelque chose de divin. Quand, au sommet d’une des pagodes, j’ai pose le regard sur l’horizon, j’ai compris pourquoi j’étais venue en Birmanie. Ici, maintenant, pour ca le voyage prend tout son sens et je remercie le ciel d’avoir la chance d’en être témoin. Aucune des photos que nous avons prises ne rendent la splendeur du site. Mais pour les petits curieux, en voici la meilleure d’entre elle.
Si, d’aventure, ces photos vous inspirent un voyage en Birmanie, faites vite. Nous avons entendu dire que les visas touristiques pourraient êtres supprimés.

samedi 15 mars 2008

Monywa

Vous l’aurez compris, en Birmanie, c’est toujours une histoire de bouddha qui nous attire ça ou là. Cette fois-ci, nous sommes allés Monywa pour une colline creusée de milliers de petites ou grandes grottes et habitées chacune par un, voire plusieurs bouddhas. Ce site est un haut lieu de pèlerinage depuis 3 siècles. Certaine de ces grottes sont richement décorées de peintures rupestre datant parfois du 14ème siècle.



Nous avons aussi rendu visite au plus grand bouddha couché du monde (ceci dit, il sera bientôt dépassé en taille par celui de Win Sein encore en construction) il fait 98 mètres de long et est accompagné de son acolyte le plus grand bouddha debout du monde (une centaine de mètres de haut) dont la construction s’est terminé il y a 2 mois (ils sont encore en train de monter la cage d’ascenseur). Ca n’a l’air de rien comme ca, mais je vous assure qu’il faut le voir pour le croire. Même prévenus, leur taille nous a laissés bouche bé.

A deux pas de la, nous sommes tombés nez à nez avec des champs de bouddhas, certains tout simple, d’autres parés de paillettes et de dorures. Nous y avons rencontré ces 4 petits birmans, tout seuls. L’un des plus jeunes était un véritable petit clown, l’autre rigolait tout le temps et la petite fille, plus sérieuse portait son petit frère. A peine 8 ou 9 ans et elle avait déjà un comportement de mère. Nous lui avons donné les quelques bananes que nous avions dans notre sac et, avec beaucoup de douceur, elle les a partagé avec ses frères en gardant pour elle le plus petit morceau. A en juger par les cicatrices que ces enfants avaient sur le crâne, ils ne devaient pas avoir la vie facile et si la raison n’existait pas… je les emmenais tous les 4 avec moi. Leur sourire m’avait renversée je les ai quitté avec un grand sentiment de tristesse et d’impuissance face à leur condition et à leur pauvreté.

jeudi 13 mars 2008

Les enfants moines, des gamins comme les autres.

  Le passage par un monastère est quasi une étape obligée dans la vie des Birmans et ce pour plusieurs raisons : la première étant la ferveur de leur croyance (On est forcés de constater que le bouddhisme fait partie intégrante de leur quotidien). Ensuite avoir été moine au moins une fois dans son existence permet d’élever son âme et d’être socialement mieux considéré. Intégrer un monastère n’est pas un engagement à vie, on peut y entrer pour une semaine, un mois, des années.

  En général, les enfants deviennent novice à l’age de 10, 11 ans pour au moins une semaine et ils reviennent au monastère vers 20 pour une période plus longue. Pour bon nombre d’enfants pauvres, le monastère est leur seul moyen d’accès à l’éducation (religieuse et enseignement scolaire traditionnel). C’est aussi une manière de soulager un peu les familles nombreuse ne pouvant subvenir aux besoins de leurs enfants. Les moines se lèvent à l’aube et défilent dans les rues pour faire l’aumône et obtenir quelque chose a manger (ce que la population offre volontiers), une fois passer midi, ils ne peuvent plus manger et doivent se contenter de se nourrir l’esprit de méditation ou de livres saints jusqu’au lendemain.

mercredi 12 mars 2008

Direction Mandalay!

Il est vivement conseillé de se déplacer en avion entre les différentes villes d'intérêt et le jour où nous avons entrepris de prendre le bus de nuit pour nous rendre a Mandalay (10h de bus), nous avons compris pourquoi. La route, oups, que dis-je? La piste vaut, au bas mot, les routes défoncées d'inde... Cette piste, donc, dévale, en une succession de têtes d'épingles, le flanc de la montagne et nous avons cru plus d'une fois que nous finirions dans le ravin. Je ne pouvais ni regarder par la fenêtre, ni l'écran de télévision qui transmettait un film que j'avais déjà vu et que je m'étais juré de ne jamais revoir tant la violence des scènes m'avaient heurtée. Ce voyage fut d'autant plus difficile que le chauffeur n'a quasiment pas marqué d'arrêt. Philippe, assis sans pouvoir bouger (parce que, bien entendu, les gens étaient entasses sur les sièges, mais aussi dans le couloir) a bien failli devenir fou. L’expression de ses yeux était effrayante et le voyant devenir déraisonnablement nerveux, j'ai prié pour qu'on arrive vite. Inutile de dire que nous n’avons pas dormi de la nuit.

Mandaley
Nous y avons rencontré Amélie et Arnaud. Et ensemble nous avons commencé notre collection de photos de pagodes. D’abord la pagode de Mandalay Hill. Photo bien méritées puisqu’il a fallu gravir 1700 marches, pieds nus, pour y parvenir… Heureusement il n’était pas encore 7h30 du matin = pas trop chaud. Ensuite la pagode de Mahmuni en passant par le magnifique monastère de Shwe in Bin (personne ne va jamais retenir ces noms, mais je le dis quand même).

Nous avons observé un petit morceau du quotidien des moines au monastère de Kyang Moha Ga Nayan (voir message « les moines, des gamins comme les autres). Dans l’après-midi nous nous sommes reposés à l’ombre d’un arbre habité par un hibou insomniaque. Nous avons enfin regardé le jour décliner du plus long pont en teak du monde (1200 m) vieux de 2 siecles.

lundi 10 mars 2008

Pindaya et ses 8000 Bouddhas (et des poussières)

3 heures de routes cabossées en taxi pour parvenir à la grotte de Pindaya connue pour la collection de Bouddhas qu’on y trouve. Nous avons faillis être déçus parce qu’à notre arrivée, nous avons cru que la fameuse grotte se résumait à une seule grande salle. C’est très joli, mais cela valait-il vraiment le déplacement ? Heureusement, en y regardant de plus près, Philippe a découvert il y avait moyen de passer entre certaines statues et que ces passages donnaient accès à d’autres salles, à d’autres bouddhas. Finalement cette grotte était un surprenant labyrinthe fortuit. En fait, ces statues sont si densément édifiées les unes à côté des autres qu'elles rendent l'accès aux chambres de méditations difficiles. Il nous a même fallu ramper dans un tunnel sombre pour arriver à l’une d’elle.

La grotte est très bien éclairée et tous les bouddhas, quelle que soit leur taille, position, qu’ils soient de marbre, teak, briques, en laques, ciment ou albatre sont mis en valeur.

Des bouddhas peuvent être achetés et ajoutés à la collection (d’où leur nombre croissant). Auquel cas une plaque, sous votre bouddhas, commémore votre dont en indiquant votre nom et votre origine.

Sur la route, en quittant la grotte, nous avons croisé des femmes et des enfants travaillant le macadam en plein soleil. Cela nous a heurté mais notre guide explique que ces gens, ayant peu de ressources, choisissent d’offrir une journée de labeur a Bouddha en donation aux moines gardiens de la grotte. J’ai du mal à le croire… Et puis comment justifier les scènes similaires que nous avons croisées par la suite sur des routes qui n’ont rien de sacré ? Pour nous, c’est du travail forcé.

dimanche 9 mars 2008

Inle Lack - Un lac drôlement habité

Le lendemain nous prenions notre vol pour Heho (le lac Inle - Nyaugshwe). Les vols domestiques se font d’une facilité et d’une rapidité déconcertante : check in et security check étaient terminés en 5 minutes. On a juste eu un peu de mal à comprendre ou on devait aller ensuite : tout était écrit et annoncé en Birman… ce qui ne fut, tout compte fait, pas un gros problème étant donné que les Birmans, nous voyant un peu perdus, venaient spontanément nous demander si nous avons besoin d aide.

Sur le vol nous sommes les seuls blancs. Il semble que les manifestations durement réprimes par l’armée aient vraiment effrayé beaucoup de gens et le secteur du tourisme en fait sensiblement les frais.

Une fois arrive dans le petit village Nyaugshwe, on a visite quelques guest house avant de jeter notre dévolu sur une petite pension familiale ou on est très chaleureusement accueillis par Monsieur Jo et son épouse.

Il y a, en Birmanie, un souci de décoration (même dans les petits hôtels et les maisons de village) que je n avais pas rencontre en Inde. Un simple exemple : ils mettent des fleurs partout.

A propos de fleurs, je n en ai pas cru mes yeux quand, cet après-midi là, lors d’une promenade au bord d’une petite rivière, une poignée enfants nous ayant vus passer devant leur maison se sont mis a courir de toute leur force pour nous rattraper. Je craignais qu’ils ne nous réclament des bonbons ou de l’argent. Nous n’avons donc pas ralenti notre pas. Indecourageables, ils continuaient à courir en agitant leurs mains et en criant « Hello » pour saluer.

Une fois arrivés à nous, ils toussaient d’essoufflement à s’étouffer (J’en avais le cœur serré pour ces pauvre petits choux). Ils nous regardaient de leurs regards curieux et amusés quand soudain, de derrière leur dos, ils m’ont chacun tendu, du bout de leurs petits doigts tout potelés, de petites fleurs jaunes. Une fois que je les avais saisies, ils ont fait demi-tour sans rien demander.

C est horrible : j étais profondément touchée par ce geste adorable et je ne savais même pas dire « Merci » en Birman (pas sûre qu’ils aient compris mon « Thank You » teinté d’un accent français). Cinq mètres plus loin, une femme cueillait, avec son mari, des fleurs dans un arbre et, me voyant émue, elle me sourit et me tendit, elle aussi, une petite branche pleine de pétales a l’odeur de Jasmin. Vous allez trouver ca bête, mais j ai presque pleuré. Tant de gentillesse, de générosité, de douceur, c’était trop…

Philippe et moi sommes revenus à cet endroit dans les jours qui suivirent ayant appris « Migalaba » (Bonjour) et surtout « Chezutembare » (Merci). Nous avons à nouveau reçu des fleurs et, en échange nous leurs avons donne quelques fruits, des savons et lingettes que nous avions reçues dans l’avion. Ces fleurs, j en ai fait un petit bouquet que j’ai pose prés d’une statue de Bouddhas parmi d’autres offrandes. Je voulais remercier leur prophète pour toute cette gentillesse.

Le soir, Philippe a choisi un ravissant restaurant ou nous avons mangé de la cuisine européenne réussie (ce qui est plutôt rare). Oh, rien d’exceptionnel en soit, mais pour nous, gaves de riz-curry depuis 6 semaines, un spaghetti bolo avait des aires de luxe. On a même accompagne ce met d’une mauvaise bouteille de vin que j’ai sincèrement trouve délicieuse !


Le lendemain, on a commence par le très animé marché du village ou nous avons acheté des fraises, vu des poissons encore gigotants posés sur des feuilles de bananier à même le sol et rencontré nos premières fourmis rouges grillées (présentées en pyramide dans une bassine). Les Birmans les apprécient mélangées aux cacahouètes, parait-il… Nous aurions certainement encore flane longuement entre les échoppes si le marché n’avait pas été bâché si bas : Philippe finissait par être agacé de devoir avancer a demi-courbé.



Puis, nous sommes partis à la découverte des alentours du Lac Inle à vélo. Pour être honnête, nous n’avons pas vu beaucoup d’eau, mais la vie que cette ballade nous a donné de voir n’en était pas moins fascinante :


Des enfants donnaient le bain à d’énormes buffles. Immergés dans la rivière jusqu'à n’avoir plus que la tête qui dépasse (parfois même en apnée), ils semblaient adorer ca.

Des paysans ramassaient la canne à sucre puis la chargeaient sur des charrettes calmement tirées pars des vaches. Des villageois mettaient le feux aux buissons pour débroussailler (et ce malgré la sécheresse de la région).

Nous sommes rentres exténués et brises par l’état des routes. Ce soir, Monsieur Jo nous a prévenu, pas d’électricité : le gouvernement a décidé que les habitants de Inle Lack auraient droit à de l’électricité un jour sur deux : c’est bien plus lucratif d’exporter l’énergie. Il en prive donc, d’une manière ou d’une autre, la population du pays entier. Dès lors, nous nous sommes éclairés à la bougie ce qui n’était pas pour me déplaire.

Nous avons passés la journée suivante à bord d’un petit bateau pour partir à la rencontre des Intha dits « les Fils du Lac », une minorité ethnique très particulière. Leur histoire remonte au 12eme siècle, lorsqu’y furent déportés les tribus vaincues chargées de coloniser la région du lac. Les terres étant déjà occupées par les Shan, ces déportés ont dû créer leur village sur le lac même.

Malgré les conditions de vies très difficiles, ils sont devenus des agriculteurs, pêcheurs, forgerons, tisserands, joailliers hors paire (des petite entreprises familiales exercent toujours ces métiers de manière artisanale – Photo).

Les Intha ont fait preuve de génie en tirant parti des algues flottantes du lac pour créer des « jardins flottants ». Le procédé est unique au monde : ils découpent des bandes d’algues d’un mètre de large, posent de la terre et de l’engrais par-dessus puis y plantent toute sortes de légumes : du chou, des tomates, des haricots,… Ces petites iles flottantes sont alors arrimées à quelques tiges de bambou fixées au fond de l’eau (le lac n'est pas très profond). Il faut avouer qu’on était assez impressionnés.

On également pu observer leur surprenantes techniques de pêche et leur étrange manière de ramer : Compte tenu de la faible profondeur du lac, les poissons sont facilement repérables. Dés lors, les Intha ont imaginé une sorte de nasse (photo), qu’ils remplissent d’algues et plaquent dans l’eau.

La nasse, une fois peuplée de quelques poissons est remontée à la surface. Cette opération nécessitant plus de 2 mains, les pêcheurs se sont agilement mis à utiliser l’une de leur jambe pour manœuvrer la barque. D’où cette posture tout à fait originale (photo)





Nous avons visités nos premières pagodes et 2 monastères entièrement construits en teck et vieux de plusieurs siècles. Le peuple des Intha le renommés pour sa ferveur religieuse et la région compte notamment près de 70 monastères.

Journee bien remplie que nous avons doucement termine par un couché de soleil sur l’eau.