mercredi 25 juin 2008

Penang

De retour à Kota Baru, nous disions au revoir à nos amis qui s’envolaient vers leur dernière semaine de travail au Vietnam pour boucler ainsi leur année et demie de coopération dans une école avant de retrouver le plat pays (La Belgique).

Quant à nous, nous prenions un bus direction Penang, Georges Town plus précisément. C’est bien la première fois que nous avons eu du mal à trouver une place disponible pour un trajet en bus. Nous avons dû passer par des combines dont nous n’avons pas tout compris : selon nos premiers interlocuteurs, il n’y avait plus de possibilité de partir avant 22h (hors il était à peine 9h du matin) puis un homme s’est présenté à nous et nous a sorti, comme par magie, deux tickets pour un bus supplémentaire vers Penang. Je dois dire que j’étais perplexe : je doutais que ce bus existe jusqu'à ce que nous soyons dedans et que les autres passagers nous en confirment la destination.

L’engin n’était pas tout neuf et était conçu aux dimensions asiatiques, c’est-à-dire avec juste assez de place entre les sièges pour les jambes d’un nain, autrement dit, tout juste pour moi et donc beaucoup trop petit pour Philippe. S’ajoute à cela, une grosse dame installée devant moi qui, malgré mes complaintes, s’obstinait à baisser son siège. Bref ! Nous traversions une petite chaine de montagne et le pauvre vieux moteur de notre taco avait bien du mal à nous mener en haut des côtes. En première vitesse, on l’entendait gronder à l’essoufflement. Puis, on devait s’y attendre : il y eut une côte de trop. Le chauffeur s’est garé sur le coté et est descendu avec ses collègues pour jeter un œil au moteur. Il a dû pousser sur LE bouton qu’il ne fallait pas parce qu’il y eut subitement une explosion de vapeur au niveau du tableau de bord plongeant tout l’avant du bus dans une fumée blanche. Je sais que je n’étais pas la seule à hésiter à sortir du bus en courant. Heureusement, ce n’était rien de grave : surchauffe du radiateur. Une fois que le chauffeur avait trouvé de l’eau, nous avons pu repartir.

Georges Town est une petite partie de l’île de Penang. Ile devenue quasi presqu’île grâce à un impressionnant pont de 13 kilomètres la reliant au reste du pays.

Nous nous sommes installés dans le quartier chinois. Près d’une rue au joli nom de « Love Street ». Nous avons vite compris que cette rue n’avait pas été baptisée de la sorte par hasard : de jeunes femmes en mini mini jupes s’y promènent le soir tombé. Pour le reste, le quartier avait un certain charme : de jolies façades à l’architecture coloniale, décorées d’éléments chinois bordaient les rues. Notre hôtel, lui, était un peu impersonnel mais fonctionnel et propre.

Puis nous avons découvert et adopté le marché Rouge. C’est, en réalité, une énorme place bâchée, couverte de tables et de chaises et entourée d’une vingtaine d’échoppe ayant chacune leur propre spécialité culinaire : sushis, étalages de poissons à faire griller, canard laqué, salades, nourriture malaisienne, thaï, italienne, indienne, … Comment ça marche ? Et bien, on se ballade, on pointe le doigt sur ce qui nous titille les papilles gustatives et on va s’assoir en regardant les cuisiniers s’affairer. C’est un régal pour les yeux et tous les estomacs y trouvent leur bonheur.

Nous devions visiter la ville le lendemain de notre arrivée mais les nuages et la pluie ont fortement écourté notre temps disponible à cette fin. Nous n’avons pu voir que le Kek Lok Si Temple. Un étonnant temple étendu sur une colline surplombant la ville. Une partie du temple était en travaux et, comme nous l’avions vu dans d’autres lieu de culte bouddhistes, nous pouvions acheter une tuile ou une brique afin d’y indiquer notre nom. Elle serait ensuite utilisée lors de la restauration du lieu et informerait a tout jamais que nous avons été un généreux donateur.

dimanche 22 juin 2008

Perhentians

Perhentian nous voilà !! Plus le bateau approchait de l’île, plus la mer prenait des couleurs de carte postale : si turquoise et transparente que, du bateau, on pouvait voir les poissons se faire la course.


Nous avions jeté notre dévolu sur D’Lagoon, un petit hôtel sur une petite plage sauvage isolée des autres. La barrière de corail empêchant les bateaux d’approcher à moins de 100 mètres de la plage, une barquette est venue nous chercher. Notre pied au sol fait un bruit étrange : Ce n’est pas vraiment du sable ; nous marchons sur des milliers de coraux en morceau. Même si c’est interdit, je ne résiste pas à la chasse au trésor que ces merveilles me dictent de commencer. J’ai bien ramassé un kilo de coquillages ! Philippe a raison : il va falloir choisir les plus beaux et les cacher dans les bagages en priant pour que personne ne les trouve !

Les constructions ici sont toutes de bois. Elisa et Bérenger optent pour un bungalow, nous choisissons une chambre sans salle de bain qui n’offre aucune intimité (les pièces, séparées les unes des autres par une paroi en bois qui ne court pas tout à fait du sol au plafond, nous donne l’impression d’être dans un dortoir) mais dont la vue sur la mer et les palmiers fait oublier l’inconfort.

A peine installés, les masques et tubas étaient déballés, les maillots enfilés et nous étions en route vers Turtle Beach. Les routes sont inexistantes sur ce petit morceau de terre émergeant de l’eau (donc aucun véhicule – ici, pour se déplacer, on prend le Taxi Boat) et pour accéder aux autres plages, nous avons emprunté un sentier à traverser la jungle. Cette fois, Philippe est Robinson Cruzoé ! :-) Brusquement quelque chose bouge dans les feuilles. C’est quelque chose de gros qui s’éloigne sans hâte. On a la cote avec les iguanes ! Cette fois il fait 2 mètres et du bout de sa langue bleue et fourchue il nous rappelle de manière implicite que nous ne sommes pas seuls sur l’île et qu’il vaut mieux ne pas sortir des sentiers battus.

Turtle Beach, Adam et Eve Beach, D’Lagoon Beach… Il me faudrait des pages entières pour décrire en détails la diversité et la beauté de la vie sous-marine qui s’y agite ! Il y avait tant de poissons qu’on ne savait pas où regarder pour ne rien rater ! Poissons bleus, verts, jaunes, rouges, oranges, tout-en-même-temps, rayés, à pois, transparents, longs, ronds, plats, grands, petits, énormes, minuscules, farouches, curieux, solitaires, solidaires, … aiguillettes et ses dents bleues, poissons lune et ses couleurs, poissons perroquets et sa drôle de bouche, ils sont tous incroyables ! Nous avons même eu la joie de rencontrer Némo, son père et son anémone ! Le corail, c’est aussi tout un poème ! Mauve, vert, jaune, orange, mou, dure, grand, petit, dessins en étoiles ou en tubes, en forme de bulle ou de champignon… C’est une époustouflante forêt sous l’eau !

Nous nagions tantôt dans des eaux superficielles craignant presque de nous écorcher le ventre sur les coraux, tantôt à 3 mètres entre d’énormes rochers couverts de flore et peuplés de poissons. Chaque animal, chaque plante que nous avons vue nous ont étonnés mais je voudrais décerner deux prix :

L’animal que j’ai trouvé le plus touchant : la tortue d’eau. Je priais pour avoir la chance d’en apercevoir une, au moins de loin. Ce que j’ai vu a dépassé toutes mes espérances : Elle était là au fond de l’eau, sur le sable, en train de manger des algues. Elle avait 3 fois la taille que celle que j’espérais apercevoir. Elle était si grande qu’à première vue je l’ai prise pour un rocher ! 1m50, rendez vous compte ! Et ce n’est pas tout : elle était accompagnée de 2 copines ! Il fallait plonger à 4 ou 5 mètres pour la voir de plus près (un peu difficile à cause de la pression). Elle a l’expression des yeux incroyablement paisibles et protège souvent 2 poissons ventouses (placés sous sa carapace). De temps à autres, elle décolle du sable pour venir prendre de l’air à la surface. C’est lors de l’une de ces prises d’air, qu’ayant détaché mon attention de la tortue pour voir ou se trouvait Philippe, je me suis brusquement retrouvé nez à nez avec l’une d’elle. Elle a fait comme si elle m’avait pas vue (alors que m’agitais dans tous les sens !), a fait quelques bulles et puis a replongé. Le cœur battant encore de la surprise qu’elle venait de me faire, je l’ai regardé s’éloigner.

L’animal le plus impressionnant : Bérenger, Philippe et moi étions partis à sa recherche. Nous nous flottions depuis plus de 30 minutes, mes mains étaient déjà bien fripées, mes yeux et mes voies respiratoires étaient irrités par le sel. Mon masque, trop séré, me blessait le front et puis des trucs bizarres me piquaient dans l’eau (un peu comme de petites piqures de méduses). Il est temps de faire demi-tour. Nous avions tous accepté l’idée de rentrer bredouille. Philippe nageait devant moi et brusquement, je l’ai vu se raidir, sortir les bras de l’eau pour nous faire signe de venir voir VIIIIITTE !! J’ai replongé mon masque sous l’eau et, fut saisie d’un violant sursaut d’effroi: à la vitesse de l’éclair, un requin venait de me passer dessous. « MON DIEU mais il est ENORME ! » Quand on me parlait de « Friendly Sharks », je les imaginais de la taille d’un saumon ! Ce que je venais de voir passer avait bien ma taille ! Et l’idée de voir mon bras coincé dans sa gueule était beaucoup moins friendly. « Bon ! On peut cocher la case « nager dans la même eau qu’un requin », on s’en va maintenant ? ». Nous n’étions pas au bout de nos surprises : à 50 mètres de la plage, Bérenger nous a indiqué un banc de 8-10 bébés requins près des rochers. Ceux-là, faisant moins d’un mètre, étaient plus amicaux et nous avons nagé avec eux le long des rochers. On en aura des histoires à raconter à nos enfants, hein ?! Je vous ai raconté l’histoire des piranhas en Bolivie ? ;-)

Après toutes ces émotions, une douche froide, un bon repas sur la plage et… quelques parties de Majong (que nous avons acheté au Cambodge). A l’occasion du décorticage des règles du jeu, j’ai beaucoup pensé à mes chers grands parents qui m’ont initiée au Majong. Combien de soirées passionnantes n’avions nous pas passés sur la table de bridge, dans le petit salon frais de bon papa et bonne maman ? (souvenirs empreints de nostalgie) Sans eux à mes cotés, le jeu me parait beaucoup plus complexe. Je me réjouis de refaire une partie avec eux à notre retour. En attendant, nous ne respectons certainement pas toutes les règles mais nous passons de bons moments et rigolons beaucoup.

Nous avions prévus deux jours à D’Lagoon pour la tranquillité et la beauté du lieu, puis deux jours à Coral Bay pour sa jolie plage et son animation. Nous avons trouvé un petit bungalow à même le sable, sous les palmiers, à 10 mètres de la mer. Le matin, pour nous réveiller, nous ouvrions les portes coulissantes et, du lit, amusés par les écureuils qui se chamaillent dans les noix de coco, nous admirions le soleil se lever sur l’eau. Idyllique !

mercredi 18 juin 2008

Kota Bahru

Jusqu'à présent, nous avons essayé le taxi, le bus, le car, le métro, le bateau malais. Il nous fallait encore expérimenter le train. Nous l’avons fait pendant 8 heures entre Jerantut et Kota Baru. Le train est de loin le transport le plus rustique que nous ayons pris en Malaisie. Omnibus tout rouillé, il ne connait pas l’air conditionné. Les portes, sans vitre, sont restées ouvertes tout le trajet (ce qui permettait d’avoir un bon courant d’air, les ventilateurs étant hors service). Les fenêtres battantes des wagons étaient opaques de crasses et prenaient, de temps à autre, l’initiative de s’ouvrir toutes seules manquant, au passage, d’assommer les passagers assis à leur coté. Les sièges, couverts d’un velours mité, étaient si vieux qu’on sentait chaque ressors de l’assise (et je vous épargne la description des toilettes).

Ceci dit, ce long voyage était joliment décoré d’un fascinant paysage et il nous aura permis de faire quelques rencontres rigolotes, notamment, de tout un groupe d’écolières fascinées par le visage d’ange d’Elisa.

Escale à Kota Baru, chez les Zeck. Monsieur Zeck est un souriant Monsieur à l’énergie débordante et bourré de bons conseils (une véritable agence touristique sur pattes), Madame Zeck, elle, est une Mama à poigne. Ici, dans sa guest house, c’est elle qui dicte les règles et qui tient les poêles. Si la plaisanterie est toujours bienvenue, gare à celui qui la vexe ! Bref, chez les Zeck, cette famille généreuse et haute en couleur, nous avons eu la chance de toucher du doigt le quotidien des gens d’ici.

Au petit matin, un taxi nous attendait devant la guest house pour nous amener au port où nous devions prendre le speed boat vers les îles. En bons touristes que nous étions, nous nous sommes, tous les 4, équipés de masques et de tubas avant d’embarquer. Y a certainement des trucs qui bougent à observer sous l’eau !

lundi 16 juin 2008

Taman Negara

Le jour qui suivit fut une course contre la montre inattendue et à la chute heureuse. Apres nous être évertués, en vain, à obtenir des informations concernant les différentes possibilités de transport vers la jungle du parque national de Taman Negara, nous nous sommes assurés que nous avions vu tous les recoins intéressants du centre ville de Malaka, puis nous nous sommes rendus à la gare routière espérant que notre chasse aux infos serait plus fructueuse.

Nous nous sommes heurtés à 36 compagnies de bus indépendantes jouant de désinformation pour tenter de nous vendre leurs propres tickets. Nous avons compris qu’il n’y avait pas de bus direct pour Taman Negara, et c’est finalement de justesse que nous sommes montés dans un bus pour revenir sur la capitale.

De là nous devions prendre le métro pour changer de gare routière en espérant que nous y trouverions encore une correspondance vers Jerantut. Nous avons eu la chance d’avoir la dernière à la seconde ou nous arrivions à la station de cars. Jerantut nous vit débarquer à 21h30. Heureusement, trouver une Guest House ne fut pas trop difficile. Le lendemain nous prenions encore un bus puis un bateau (3 heures) pour arriver, enfin, au cœur de la plus vieille forêt tropicale du monde.

Nous n’y avons pas vu de tigres ou éléphants (sans doute valait-il mieux, ces bêtes sauvages pouvant être dangereuses), mais la beauté de la flore ne nous a pas moins laissés bouche bée. Philippe et Bérenger se sont beaucoup plus à endosser les rôles d’Indiana Jones et de Tarzan, nous guidant dans l’épaisse forêt, se pendant aux lianes géantes et surtout nous entrainant au sommet de la Canopé; une succession de ponts suspendus entre les arbres. Perso, perchée à 25 mètres du sol sur un pont en cordage solide mais assez instable, j’étais mal à l’aise, voire malade !

Malgré nos vaillants aventuriers, il me faut mentionner notre frayeur quand nous avons cru nous être perdus. Nous avons eu de la chance : c’est au pas de course, et juste avant la tombée complète de la nuit que nous avons retrouvé la rivière qu’il nous fallait traverser pour arriver jusqu'à notre bungalow.

samedi 14 juin 2008

Malaka

Malaka fut la ville de nos retrouvailles avec nos 2 compères Belges. Quelle bonheur de les revoir! Comme à Vientiane, les moments de rires francs s’alternaient avec la joie de découvrir ensemble des sites fabuleux. On n’est pas prêts de les oublier, ces deux là ! :-)

Malaka, ancienne ville portuaire portugaise, ne manque pas d’attraits: entre le quartier Hollandais joliment restauré, le quartier Little India avec ses odeurs d’épices, le quartier chinois très authentique, notre cœur balance. Toute les petites rues de l’ancien centre ville sont étroites (un peu trop, d’ailleurs pour le trafic qui y circule) et bordées de maisons coloniales ravissantes. Il faut dire que sur ce fond charmant, les tuck tuck, se disputant la palme du véhicule le plus Kitch, jurent un peu…

En nous promenant, nous avons fait une drôle de rencontre : dans les canal/égout se tortillait ce que nous pensions être de petits alligators. A force de regards intrigués, nous les avons finalement identifiés comme étant des iguanes.

jeudi 12 juin 2008

Kuala Lumpur

9 Juin, 7h, nous sommes à l’aéroport de Siem Riep. C’est un joli petit aéroport moderne. 8h35, après nous être acquittés d’une taxe exorbitante de 25 $ par personne, un avion Air Asia nous accueillait à son bord. Et hop ! En un saut de puce nous étions à Kuala Lumpur.

Kuala Lumpur ! Mais quelle métropole ! Cette capitale contraste incroyablement avec tout ce que notre voyage nous avait donné de voir jusqu’à présent : D’ENORMES gratte-ciels de verre et de métal brillants de mille feux sous les rayons du soleil, des monorails aériens que l’on entend pas arriver tant ils sont silencieux, des autoroutes 2 X 4 bandes traversant la ville, de l’air conditionné partout (jusque dans les bus locaux les plus miteux !), des belles bagnoles (et les bouchons qui vont avec), … Si on m’avait dit qu’on était à New York, je l’aurai sans doute cru. Je dois dire qu’après 4 mois de paysages urbains plutôt rustiques, toute cette modernité a quelque chose d’effrayant. Et puis elle étonne quand on la superpose à un certain traditionalisme : ici se côtoient femmes voilées et femmes d’affaire en petit tailleur, homme en Djellaba ou gamin à la dernière coupe de cheveux « Fashion », Shopping center de luxe et petites gargotes de rue, tours ultramodernes (genre les Twin Tour Petrolians) et temples chinois de 1000 couleurs pastelles…

Kuala Lumpur est une ville cosmopolite à bien des points de vue : la population est un doux mélange de toute les races que nous avons croisées depuis le début de notre découverte de l’Asie : indiens, chinois, malais, yeux bridés ou pas, cheveux crépus, bouclés ou lisses, peau claire ou foncée, petits ou grands…

La religion nationale est l’Islam mais les temples Indou, les églises, monastères bouddhistes jouxtent les mosquées dans la plus grande ouverture d’esprit.

Bref, depuis notre arrivée, cette ville n’a cessé de nous surprendre.

Que dire d’autre ? Le malais, une jolie langue aux sonorités un peu moins « asiatiques », utilise l’alphabet latin plutôt qu’une calligraphie asiatique. Pour la première fois depuis le début de notre voyage, à défaut de comprendre, nous pouvons lire les mots qu’accrochent nos yeux (les noms des rues, par exemple).

Bien que, comme toute ville qui se respecte, KL soit faite de goudron et de béton, les espaces verts n’ont, pour autant, pas été négligés. On y trouve de nombreux parcs, jardins de fleurs et réserves d’oiseaux, de mammifères ou de papillons.

Selon notre guide, la ville a la réputation d’être sûre. Pourtant, nous n’avons jamais croisé autant de gens nous mettre en garde contre les pickpockets. Que ce soit sous forme d’annonce placardées sur les murs de notre guest house, les gens dans la rue, les autres touristes, tout nous dit de garder la main sur notre portefeuille. Pourquoi, alors, ne nous sommes nous pas méfiés quand un homme en costard cravate est sorti de sa voiture avec un billet de 100 (= 20 €) en nous demandant si nous pouvions le lui changer contre 2 billets de 50, quand son épouse, encore dans la voiture, me posait des questions insensées pour détourner mon attention, quand l'homme a tenté de se servir lui même dans la pochette ventrale que Philippe venait de dévoiler pour rendre service, quand cet homme, refusant de lâcher les billets que Philippe tenait toujours en main, a fini par dire que nous n’avions pas ce qu’il voulait parce qu’il sentirait monter la perplexité de Philippe… Non,… Nous l’avons laissé partir en pensant qu’il était bizarre mais avec l’étrange sentiment qu’il nous venions probablement de nous faire voler. Le fait s’est vérifié lorsque nous avons fait nos comptes le soir : il manquait 50 RM. C’est bien peu quand on sait qu’on en avait 600 sur nous, mais nous étions frustrés quand même. Ca, c’est pour la petite histoire "pas-de-bol".

Mais j’en ai aussi une de type « coup de bol » : Nous mangions sur une terrasse sans charme au bord d’une route du centre de China Town quand Julien ; un français avec lequel j’avais suivi un cours de cuisine à Chiang Mai, est passé devant notre table, s’est arrêté l’air perplexe pour faire demi-tour en notre direction : « Laetitia ?! ». Ce genre de surprises, de retrouvailles fortuites fait toujours tellement plaisir ! Comble de la coïncidence : juste avant de nous reconnaitre dans la rue, il était passé sur notre blog pour y poser un mot disant que notre récit l’avait convaincu de troquer son projet de voyage en Chine contre une aventure au Cambodge/Laos. Nous avons été touchés de compliment implicite et ravis de pouvoir répondre à toutes les questions pratiques de Julien.

Nous étions prévenus : la vie est plus chère ici, en Malaisie, que dans les autres pays que nous avons parcourus. N’empêche, ça nous fait mal de payer 10 $ pour une chambre sans fenêtre de 2m sur 3 avec salle de bain commune (eau froide) dans un bâtiment glauque alors qu’a Siam Reap, nous avions une chambre lumineuse 2 fois plus grande avec une salle de bain privative dans une ravissante Guest House pour 4 $ !!!

Nous avions 4 jours à Kuala Lumpur avant que n’arrivent Elisa et Bérenger (nos amis belges rencontrés à Vientiane). En les attendant, nous avons visité les Batu Caves, jolie grottes renfermant un temple indou très fréquenté lors des festivals de Shiva. On y voit notamment les hommes crochets (qui se font attacher, par la peau, au bout de crochets - ces gens sont FOUS). C’est là que Philippe, ébranlant, pour plaisanter, un poteau instable au sommet duquel était cramponné un bébé singe, s’est vu cerné, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, par 5 ou 6 males alertés par les cris du petit et manifestement en colère. L’un d’eux a essayé d’attraper Philippe par le bras, le faisant sursauter. Les autres montraient leurs canines acérées en grognant. On n’était pas fière et pas mécontents que les singes nous laissent partir sans une égratignure.

On a essayé le bus “Hop On Hop Off” : un bus touristique équipé d’écouteurs narrant l’histoire de la ville dans la langue de notre choix, suivant un itinéraire dicté par les plus importants sites touristiques de la ville. On pouvait monter et descendre du bus à loisir. J’en parle parce nous n’avions pas encore vu une telle organisation de transports publique en Asie.