jeudi 12 juin 2008

Kuala Lumpur

9 Juin, 7h, nous sommes à l’aéroport de Siem Riep. C’est un joli petit aéroport moderne. 8h35, après nous être acquittés d’une taxe exorbitante de 25 $ par personne, un avion Air Asia nous accueillait à son bord. Et hop ! En un saut de puce nous étions à Kuala Lumpur.

Kuala Lumpur ! Mais quelle métropole ! Cette capitale contraste incroyablement avec tout ce que notre voyage nous avait donné de voir jusqu’à présent : D’ENORMES gratte-ciels de verre et de métal brillants de mille feux sous les rayons du soleil, des monorails aériens que l’on entend pas arriver tant ils sont silencieux, des autoroutes 2 X 4 bandes traversant la ville, de l’air conditionné partout (jusque dans les bus locaux les plus miteux !), des belles bagnoles (et les bouchons qui vont avec), … Si on m’avait dit qu’on était à New York, je l’aurai sans doute cru. Je dois dire qu’après 4 mois de paysages urbains plutôt rustiques, toute cette modernité a quelque chose d’effrayant. Et puis elle étonne quand on la superpose à un certain traditionalisme : ici se côtoient femmes voilées et femmes d’affaire en petit tailleur, homme en Djellaba ou gamin à la dernière coupe de cheveux « Fashion », Shopping center de luxe et petites gargotes de rue, tours ultramodernes (genre les Twin Tour Petrolians) et temples chinois de 1000 couleurs pastelles…

Kuala Lumpur est une ville cosmopolite à bien des points de vue : la population est un doux mélange de toute les races que nous avons croisées depuis le début de notre découverte de l’Asie : indiens, chinois, malais, yeux bridés ou pas, cheveux crépus, bouclés ou lisses, peau claire ou foncée, petits ou grands…

La religion nationale est l’Islam mais les temples Indou, les églises, monastères bouddhistes jouxtent les mosquées dans la plus grande ouverture d’esprit.

Bref, depuis notre arrivée, cette ville n’a cessé de nous surprendre.

Que dire d’autre ? Le malais, une jolie langue aux sonorités un peu moins « asiatiques », utilise l’alphabet latin plutôt qu’une calligraphie asiatique. Pour la première fois depuis le début de notre voyage, à défaut de comprendre, nous pouvons lire les mots qu’accrochent nos yeux (les noms des rues, par exemple).

Bien que, comme toute ville qui se respecte, KL soit faite de goudron et de béton, les espaces verts n’ont, pour autant, pas été négligés. On y trouve de nombreux parcs, jardins de fleurs et réserves d’oiseaux, de mammifères ou de papillons.

Selon notre guide, la ville a la réputation d’être sûre. Pourtant, nous n’avons jamais croisé autant de gens nous mettre en garde contre les pickpockets. Que ce soit sous forme d’annonce placardées sur les murs de notre guest house, les gens dans la rue, les autres touristes, tout nous dit de garder la main sur notre portefeuille. Pourquoi, alors, ne nous sommes nous pas méfiés quand un homme en costard cravate est sorti de sa voiture avec un billet de 100 (= 20 €) en nous demandant si nous pouvions le lui changer contre 2 billets de 50, quand son épouse, encore dans la voiture, me posait des questions insensées pour détourner mon attention, quand l'homme a tenté de se servir lui même dans la pochette ventrale que Philippe venait de dévoiler pour rendre service, quand cet homme, refusant de lâcher les billets que Philippe tenait toujours en main, a fini par dire que nous n’avions pas ce qu’il voulait parce qu’il sentirait monter la perplexité de Philippe… Non,… Nous l’avons laissé partir en pensant qu’il était bizarre mais avec l’étrange sentiment qu’il nous venions probablement de nous faire voler. Le fait s’est vérifié lorsque nous avons fait nos comptes le soir : il manquait 50 RM. C’est bien peu quand on sait qu’on en avait 600 sur nous, mais nous étions frustrés quand même. Ca, c’est pour la petite histoire "pas-de-bol".

Mais j’en ai aussi une de type « coup de bol » : Nous mangions sur une terrasse sans charme au bord d’une route du centre de China Town quand Julien ; un français avec lequel j’avais suivi un cours de cuisine à Chiang Mai, est passé devant notre table, s’est arrêté l’air perplexe pour faire demi-tour en notre direction : « Laetitia ?! ». Ce genre de surprises, de retrouvailles fortuites fait toujours tellement plaisir ! Comble de la coïncidence : juste avant de nous reconnaitre dans la rue, il était passé sur notre blog pour y poser un mot disant que notre récit l’avait convaincu de troquer son projet de voyage en Chine contre une aventure au Cambodge/Laos. Nous avons été touchés de compliment implicite et ravis de pouvoir répondre à toutes les questions pratiques de Julien.

Nous étions prévenus : la vie est plus chère ici, en Malaisie, que dans les autres pays que nous avons parcourus. N’empêche, ça nous fait mal de payer 10 $ pour une chambre sans fenêtre de 2m sur 3 avec salle de bain commune (eau froide) dans un bâtiment glauque alors qu’a Siam Reap, nous avions une chambre lumineuse 2 fois plus grande avec une salle de bain privative dans une ravissante Guest House pour 4 $ !!!

Nous avions 4 jours à Kuala Lumpur avant que n’arrivent Elisa et Bérenger (nos amis belges rencontrés à Vientiane). En les attendant, nous avons visité les Batu Caves, jolie grottes renfermant un temple indou très fréquenté lors des festivals de Shiva. On y voit notamment les hommes crochets (qui se font attacher, par la peau, au bout de crochets - ces gens sont FOUS). C’est là que Philippe, ébranlant, pour plaisanter, un poteau instable au sommet duquel était cramponné un bébé singe, s’est vu cerné, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, par 5 ou 6 males alertés par les cris du petit et manifestement en colère. L’un d’eux a essayé d’attraper Philippe par le bras, le faisant sursauter. Les autres montraient leurs canines acérées en grognant. On n’était pas fière et pas mécontents que les singes nous laissent partir sans une égratignure.

On a essayé le bus “Hop On Hop Off” : un bus touristique équipé d’écouteurs narrant l’histoire de la ville dans la langue de notre choix, suivant un itinéraire dicté par les plus importants sites touristiques de la ville. On pouvait monter et descendre du bus à loisir. J’en parle parce nous n’avions pas encore vu une telle organisation de transports publique en Asie.

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