samedi 31 mai 2008

Angkor

Située à mi-chemin entre Phnom Penh et Siam Reap, Kompong Thom n’est en général qu’une étape pour se restaurer sur la route entre la capitale et le site historique le plus imposant du Cambodge. Pourtant, quelques touristes dont nous faisons partie, qui disposent de plus de temps dans ce pays, y séjournent une nuit afin de visiter Sambor Prei Kuk, site pré-Angkorien, que l’on peut considérer comme une introduction. Le seul hic est que pour la société de transport, la place dans le bus coûte le même prix que l’on aille à Siam Reap ou que l’on s’arrête à Kompong Thom. Nous avons donc dû payer en tout le double du prix normal pour se rendre à Siam Reap.

Bien qu’étant une grande ville, Siem Riep est bien plus agréable à vivre que Phnom Penh. Beaucoup plus propre et coquette, elle est aussi bien mieux adaptée aux touristes. C’est normal, me direz-vous : Angkor est à deux pas.

La Happy Guest House, une maison traditionnelle en bois gérée par une charmante famille qui nous a très chaleureusement accueillis. (4$ la chambre). La Mama, horrifiée par le nombre de mes piqures s’est emparée d’un tube de crème tout bariolé de chinois et, avec l’affection d’une mère, m’en a étalé sur chaque point rouge. J’étais touchée par la gentillesse de cette famille mais ayant déjà essayé crème de pharmacie, baume du tigre, stick anti-démangeaison, et ce, sans résultat, je ne me faisais pas beaucoup d’illusions quant aux effets de cette nouvelle potion magique. C’est donc avec stupéfaction que j’ai réalisé le lendemain que les piqures avaient dégonflées de moitié ! Avec une telle efficacité, autant dire qu’1 h plus tard, un tube neuf agrémentait notre pharmacie.

Des notre arrivée nous nous sommes lancés a la recherche de compagnons afin de partager les frais qu’un taxi nous demanderait pour aller jusqu'à Kho Ker et Beng Mealea (à 3heures de SR). Pour cela nous avons photocopié une annonce que nous avons placardée dans les restos, hôtels et sur certains murs de la ville. Si cette démarche nous a couté une journée et n’a pas porté beaucoup de fruits, nous avons quand même étés contactés 2 jours plus tard par Kiren, un Indien que notre petit tour intéressait.

Entre temps nous avons entrepris la visite des multiples temples d’Angkor : l’impressionnante cité fortifiée Angkor Thom, l’énigmatique temple de Bayon, l’incroyable Ta Prohm connu pour les racines géantes qui enserrent ses temples et murailles, le saisissant Angkor Vat (le plus grand édifice religieux du monde), pour ne citer que les + connus des centaines d’édifices. La découverte d’une partie de ces joyaux nous aura pris 3 jours pendant lesquels nous aurons parcouru 80 km à vélo et 30 km en tuck tuck. Sous cette chaleur humide, ce fut épuisant, mais le jeu en valait la chandelle.

La beauté du site est à la hauteur de ce que l’on en dit. Cela fait 1000 ans que ces imposants murs, ces linteaux ouvragés, ces statues raffinées, voient ruisseler les moussons, font de l’ombre au soleil brulant, supportent les guerres et pourtant, ces vestiges sont incroyablement conservés. Nous avons été émus et stupéfaits de pouvoir lire sur les bas reliefs sculptées des histoires que ni le temps et ni les intempéries ne sont pas parvenus à effacer.

Comme tout site touristique digne de ce nom, chaque entrée de temple était envahie de marchands de pacotille harcelants. Cependant, grâce à la saison des pluies, nous n’avons pas trop souffert de la foule. Nous avons même eu la chance d’être de temps à autres, les seuls touristes sur les lieux.

Le 4ème jour nous partions en compagnie de Kiren et Robert (un hôte de notre GH) pour KokKer et Mealea. Si le premier ne nous a vraiment impressionnés que par l’interdiction de sortir des sentiers battus en raison des mines anti-personnelles encore enfouies dans le sol, Mealea fut une belle surprise. Contrairement aux temples d’Angkor, Mealea n’a pas du tout été restaurée. Nous l’avons donc découverte telle que les avaient trouvés les explorateurs français au XIXème. Une large entrée bordée d’un serpent sculpté dans la pierre nous menait, sous le regard curieux de veaux, à ce qui semblait être, un amas de pierres effondrées.

Nous étions presque déçus quand nous nous sommes aperçus qu’une passerelle en bois nous permettait d’enjamber les épais murs de pierre tombés à terre et d’accéder à l’intérieur de l’édifice. C’est là que quelque chose d’étrange s’est produit en nous : Il ne nous a fallu que quelques pas pour passer d’un monde à un autre. D’un temps à un autre. L’atmosphère incroyable de cet endroit éloigné de l’effervescence touristique d’Angkor nous a littéralement happés.

C’est sur, une large partie du site est effondrée, mais les éléments qui tiennent encore fièrement debout suffisent à eux seuls à redonner toute sa grandeur au temple. Nous étions époustouflés par le raffinement des chambranles, des linteaux, des murs, des tympans, des colonnes sculptés qui, même à terre, étaient à peine émoussés par le temps.

Comme les fourmis qui peuplent les lieux, nous nous sommes longuement promenées entre les lianes, par-dessus les blocs de pierres couverts de mousse d’un vert tendre, passant d’une pièce à l’autre, les yeux grands ouverts et les sens en éveil pour pas en perdre une miette. De temps en temps, des enfants, grimpants sur les pierres entassées, se hissaient jusque sur les toits encore en état et nous regardaient fièrement de leur perchoir. Il semble que ces ruines non surveillées soient un terrain de jeux apprécié (bien que dangereux) des petits Cambodgiens. Le jour déclinant, nous sommes retournés à notre véhicule heureux d’avoir partagé avec le site de Mealea une émotion unique et intense.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

vous voyez de telles splendeurs, merci pour les photos magnifiques qui nous aident à imaginer un peu votre vie au quotidien:-)dans ces pays lointains.

Unknown a dit…

Salut,
Vous m'avez decides. Je pensais rentrer sur Chiang Mai par le Vietnam et le Laos mais je vais visiter le Cambodge a la place. Si vous avez quelques adresses a me conseiller je suis preneur.
Moi je suis actuellement a Kuala Lampur pour grimper mais prepare mon depart pour vendredi.
Bonne continuation
Julien (Masseur Francais)