Le passage de la frontière avec le Cambodge (poste frontière Voen Kham):
On a commencé par prendre un bateau à Don Det jusqu'à la rive du Laos (la rive d’en face étant le Cambodge), nous avons sauté dans un minibus pour nous rendre au poste frontière. Malgré le fait que l’on soit tout à fait en ordre en termes de visa et de séjour, les douaniers laotiens nous demandent 2 dollars et les cambodgiens 1 dollars supplémentaires. Spontanément j’ai demandé pourquoi mais le regard noir accompagné d’un rictus de défit presque sadique qu’affichait le douaniers/policier m’a glacée et a coupé court à toute discussion : « Why ? YOU don’t ask why !» a-t’il répondu. Wé ! ca va hein… on va pas se crêper le chignon pour quelques Euros cents ! Je me voyais déjà aux mains des mêmes sanguinaires qui ont mutilé leur propre peuple pendant trente ans.
Une fois au Cambodge, on nous a mis dans un bus jusqu'à Stung Treng, ville sans intérêt où nous avons été contraints de loger parce que la connexion que nous devions prendre vers Ban Lung n’était possible que le lendemain à 7h30.
Le Lonely Planet était très clair : la route qui mène à Ban Lung est épouvantable : « Les trente premiers kilomètres sont en assez bon état mais la route dégénère ensuite en un magma cauchemardesque de bitume défoncé, de gros cailloux et d’ornières sablonneuse. La RN7 est le témoin de l’état de délabrement dans lequel était tombé le réseau routier cambodgien pendant les années sombres. » Le guide n’a rien exagéré. Dans le minibus, nous étions 13 adultes et 7 enfants qui, tour à tour succombaient aux nausées que la route leur infligeait : ils vomissaient ou se mettaient à pleurer…

4 heures plus tard, nous découvrions une ville semblable à celle qu’on trouve dans les Western : de larges rues en terre battue rouge, bordée de maisons en plus ou moins bon état et d’échoppes en tout genre. Bien que située dans un cadre enchanteur, cette ville avait quelque chose de glauque.

Dès le lendemain nous louions une mobylette pour aller visiter des chutes qui n’avaient rien de bien impressionnant à l’exception de Chaa Ong sous laquelle j’ai eu la joie de me doucher. Douche bien nécessaire étant donné que nous étions couverts de boue : la nationale que nous avons dû emprunter était une telle patinoire de terre glaise qu’à peine sortis de la ville, nous avons fait une chute avec notre 2 roues,

nous écorchant et nous brulant (sur le pot d’échappement) au passage. S’ajoute à cela les parfaits paysans qui, roulant à toute vitesse avec leur 4x4, nous éclaboussaient sans vergogne d’une vague de boue.

A un moment donné, nous avons dû abandonner la mobylette pour continuer à pied. Même alors sur nos deux pieds, nous avons manqué à plus d’une reprise de nous retrouver à terre. C’est lors de cette balade que nous avons soudain vu sortir des bois un éléphant monté d’un Cambodgien et de sa fille. Oh, ce n’est certes pas le premier que nous voyons mais ces pachydermes n’en reste pas moins incroyablement impressionnants.
Les nuages commençaient à s’assombrir au dessus de notre tête mais nous voulions encore nous rendre au mystérieux Boeng Yeak Lom, un lac étonnement rond autour duquel règne une atmosphère de légendes. Certains prétendent qu’un météorite aurait creusé ce lac il y a 700 000 ans, d’autres considèrent ce lieu comme sacré, d’autre encore entretiennent les histoires de créatures étranges vivant dans ses eaux bleues. Il est vrai que cet endroit dégage quelque chose de particulier, quelque chose de pur, d’enchanteur, de magique… Nous étions là, face à ce cercle parfait rempli d’une eau cristalline.

Le tonnerre ayant fait fuir tout les baigneurs, nous étions seuls à regarder ce ciel sévir et les premières goutes de pluie tomber. Nous avons attendus à l’abri, les yeux rivés sur le lac, que l’orage passe puis nous en sommes approchés à nouveau pour tirer notre révérence à cet émouvant endroit. Curieux, nous avons mis notre orteil dans l’eau et nous sommes rendus comptes avec stupéfaction que l’eau était chaude. Elle faisait assurément plus de trente degrés. Il pleuvait encore, mais que cela ne tienne, nous ne pouvions quitter les lieux sans nous y baigner. Un seul mot me vient pour qualifier ce moment : Parfait. Boeng Yeak restera pour Philippe et moi un souvenir extraordinaire.
2 commentaires:
Coucou vous deux !!!
Alors, j'espère que vous arrivez encore un peu à bronzer ... Parce que vu le temps qui fait par chez vous, c'est pas la joie ...
Ici, tout va bien. La vie se coule tranquillement.
Dites, vous auriez pas envie de nous ramener un monstre du lac ? Ainsi, ce serait un peu moins monotones ... Hihi ... ;-)
Allé, à bientôt !!!
Bises !
Un petit bain dans le lac et vous étiez tout seul...petits coquins!
Enfin la vue impressionnante d'un éléphant vaut bien un moment de détente magique en amoureux dans un lieu qui à l'air tout droit de sortir de l'imaginaire (en tout cas c'est ce qui ressort de votre description et de la photo).
D'ailleurs les photos en général sont trop belles pour une mordu de photos comme moi cela donne tout simplement envie d'y être!
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