samedi 31 mai 2008

Angkor

Située à mi-chemin entre Phnom Penh et Siam Reap, Kompong Thom n’est en général qu’une étape pour se restaurer sur la route entre la capitale et le site historique le plus imposant du Cambodge. Pourtant, quelques touristes dont nous faisons partie, qui disposent de plus de temps dans ce pays, y séjournent une nuit afin de visiter Sambor Prei Kuk, site pré-Angkorien, que l’on peut considérer comme une introduction. Le seul hic est que pour la société de transport, la place dans le bus coûte le même prix que l’on aille à Siam Reap ou que l’on s’arrête à Kompong Thom. Nous avons donc dû payer en tout le double du prix normal pour se rendre à Siam Reap.

Bien qu’étant une grande ville, Siem Riep est bien plus agréable à vivre que Phnom Penh. Beaucoup plus propre et coquette, elle est aussi bien mieux adaptée aux touristes. C’est normal, me direz-vous : Angkor est à deux pas.

La Happy Guest House, une maison traditionnelle en bois gérée par une charmante famille qui nous a très chaleureusement accueillis. (4$ la chambre). La Mama, horrifiée par le nombre de mes piqures s’est emparée d’un tube de crème tout bariolé de chinois et, avec l’affection d’une mère, m’en a étalé sur chaque point rouge. J’étais touchée par la gentillesse de cette famille mais ayant déjà essayé crème de pharmacie, baume du tigre, stick anti-démangeaison, et ce, sans résultat, je ne me faisais pas beaucoup d’illusions quant aux effets de cette nouvelle potion magique. C’est donc avec stupéfaction que j’ai réalisé le lendemain que les piqures avaient dégonflées de moitié ! Avec une telle efficacité, autant dire qu’1 h plus tard, un tube neuf agrémentait notre pharmacie.

Des notre arrivée nous nous sommes lancés a la recherche de compagnons afin de partager les frais qu’un taxi nous demanderait pour aller jusqu'à Kho Ker et Beng Mealea (à 3heures de SR). Pour cela nous avons photocopié une annonce que nous avons placardée dans les restos, hôtels et sur certains murs de la ville. Si cette démarche nous a couté une journée et n’a pas porté beaucoup de fruits, nous avons quand même étés contactés 2 jours plus tard par Kiren, un Indien que notre petit tour intéressait.

Entre temps nous avons entrepris la visite des multiples temples d’Angkor : l’impressionnante cité fortifiée Angkor Thom, l’énigmatique temple de Bayon, l’incroyable Ta Prohm connu pour les racines géantes qui enserrent ses temples et murailles, le saisissant Angkor Vat (le plus grand édifice religieux du monde), pour ne citer que les + connus des centaines d’édifices. La découverte d’une partie de ces joyaux nous aura pris 3 jours pendant lesquels nous aurons parcouru 80 km à vélo et 30 km en tuck tuck. Sous cette chaleur humide, ce fut épuisant, mais le jeu en valait la chandelle.

La beauté du site est à la hauteur de ce que l’on en dit. Cela fait 1000 ans que ces imposants murs, ces linteaux ouvragés, ces statues raffinées, voient ruisseler les moussons, font de l’ombre au soleil brulant, supportent les guerres et pourtant, ces vestiges sont incroyablement conservés. Nous avons été émus et stupéfaits de pouvoir lire sur les bas reliefs sculptées des histoires que ni le temps et ni les intempéries ne sont pas parvenus à effacer.

Comme tout site touristique digne de ce nom, chaque entrée de temple était envahie de marchands de pacotille harcelants. Cependant, grâce à la saison des pluies, nous n’avons pas trop souffert de la foule. Nous avons même eu la chance d’être de temps à autres, les seuls touristes sur les lieux.

Le 4ème jour nous partions en compagnie de Kiren et Robert (un hôte de notre GH) pour KokKer et Mealea. Si le premier ne nous a vraiment impressionnés que par l’interdiction de sortir des sentiers battus en raison des mines anti-personnelles encore enfouies dans le sol, Mealea fut une belle surprise. Contrairement aux temples d’Angkor, Mealea n’a pas du tout été restaurée. Nous l’avons donc découverte telle que les avaient trouvés les explorateurs français au XIXème. Une large entrée bordée d’un serpent sculpté dans la pierre nous menait, sous le regard curieux de veaux, à ce qui semblait être, un amas de pierres effondrées.

Nous étions presque déçus quand nous nous sommes aperçus qu’une passerelle en bois nous permettait d’enjamber les épais murs de pierre tombés à terre et d’accéder à l’intérieur de l’édifice. C’est là que quelque chose d’étrange s’est produit en nous : Il ne nous a fallu que quelques pas pour passer d’un monde à un autre. D’un temps à un autre. L’atmosphère incroyable de cet endroit éloigné de l’effervescence touristique d’Angkor nous a littéralement happés.

C’est sur, une large partie du site est effondrée, mais les éléments qui tiennent encore fièrement debout suffisent à eux seuls à redonner toute sa grandeur au temple. Nous étions époustouflés par le raffinement des chambranles, des linteaux, des murs, des tympans, des colonnes sculptés qui, même à terre, étaient à peine émoussés par le temps.

Comme les fourmis qui peuplent les lieux, nous nous sommes longuement promenées entre les lianes, par-dessus les blocs de pierres couverts de mousse d’un vert tendre, passant d’une pièce à l’autre, les yeux grands ouverts et les sens en éveil pour pas en perdre une miette. De temps en temps, des enfants, grimpants sur les pierres entassées, se hissaient jusque sur les toits encore en état et nous regardaient fièrement de leur perchoir. Il semble que ces ruines non surveillées soient un terrain de jeux apprécié (bien que dangereux) des petits Cambodgiens. Le jour déclinant, nous sommes retournés à notre véhicule heureux d’avoir partagé avec le site de Mealea une émotion unique et intense.

vendredi 30 mai 2008

Sihanouk

Une ville en bord de mer où nous avons, malgré la pluie, passé 4 jours en compagnie de Jérôme et Caroline ; un couple Franco-Suisse qui a transformé ces quelques jours de voyage en vacances. Le Cambodge n’étant pas encore un pays très touristique, nous avons eu la chance de trouver une plage kilométrique quasi vierge. Seuls quelques restaurants sous toit de palmiers et quelques hamacs bordaient la plage d’Otres.

Moins drôle : Le prix à payer pour ces quelques jours de détente fut de 100 puis 150 piqures de puces ou de saloperie du genre. Au bout de 2 jours dans notre guest house, j’étais couverte de piqures à rendre fou n’importe quel chien galeux et ce malgré la moustiquaire et la chasse minutieuse aux trucs-qui-piquent que nous avons faite avant de nous coucher. Pour vous donner une idée : J’avais 20 piqures, les unes sur les autres sur chaque auriculaire ! C’était d’autant plus fou que Philippe n’en a eu aucune !! Aujourd’hui encore, les gens me croisant dans la rue croient que j’ai la varicelle ! Inutile de dire que suite à cela, nous avons changé d’hôtel et fait laver tous nos vêtements.

Nous avons profité de notre bref séjour à la plage pour passer sur une île tropicale à proximité et faire de la plongée. Le tout fut un peu gâché en raison du temps : nous n’avons profité de la plage que pour manger notre pique nique sous la pluie (ma baguette a fini en bouille dans la gueule d’un chien plus affamé que moi) et la mer, trop agitée ne nous permettait pas de d’observer aisément la flore et la faune marine … !

lundi 26 mai 2008

Phnom Penh

Nous prenions la route vers la capitale au petit matin. Le bus (extrêmement confortable, il faut le dire) a emprunté la route sur laquelle nous nous étions plantés la vieille. Celle-ci est manifestement un danger pour tout le monde puisque même notre bus s’est mit à glisser nous faisant joindre les mains pour qu’on ne tombe pas dans l’ornière (comme c’était arrivé à d’autres)

Nous sommes arrivés à Phnom Penh, en soirée, 13 heures plus tard. C’est une capitale animée au trafic dense et chaotique, aux trottoirs éventrés ou jonchés de véhicules en stationnement ou de marchandises des magasins ayant pignon sur rue. Des travaux en cours partout dans les rues ne semblent pas pour autant améliorer le réseau routier en piteux état ni d’ailleurs les façades souvent bien abimées des maisons. Heureusement que de temps à autre une pagode blinquante ou un musée joliment entretenu (palais royal, musée national) redore un peu le blason de cette ville qui porte encore les cicatrices du régime des Khmers Rouges.

Il faut dire que le temps de ces barbares sanguinaires n’est pas si loin puisqu’ils tuaient encore il y a 15 ans ! Barbares sanguinaires ? Non… le mot n’est pas assez fort. Existe-t-il un terme assez monstrueux pour qualifier des gens capables de mutiler, détruire, affamer, torturer leur propre peuple ??? Essayer de comprendre pourquoi le Cambodge était passé par un tel enfer nous a beaucoup couté. Les âmes sensibles peuvent s’abstenir de lire les deux paragraphes qui vont suivre.

Nous avons commencé par visiter les « killing fields » où étaient envoyés, à terme, tous les détenus de la prison S21. Cet endroit n’était autre qu’une succession de description d’horreurs, d’exposition d’éléments presque voyeuristes dont nous nous serions volontiers passés: nous étions accueillis sur les lieu par un monument aux morts ; une sorte de tour de verre à l’intérieur de laquelle des centaines de crânes avaient été classés par âge et par sexe (genre : « Female - 10 to 15 years old), il nous fallait ensuite passer entre d’énormes trous à coté desquels des pancartes indiquaient « ici ont été découverts 400 corps sans têtes » ou « 150 corps de femmes nus étaient entassés ici » ou « c’est ici que les enfants étaient battus à morts ». En lisant ces monstruosités, j’ai soudain constaté que je marchais sur des vêtements à demis enterrés. Je me suis rappelée avec horreur ce que spécifiait le Lonely Plante : ce sont les vêtements des corps mal enterrés ! J’ai fait un bon en arrière et ai réalisé que le site était couvert de ce genre de surprises glauques. Il est temps de partir de cet endroit maudit ! D’autant plus que Philippe, qui couvait quelque chose depuis la veille, ne s’est pas senti bien du tout. Il a fallu qu’on rentre dare dare à l’hôtel où il a dormi le reste de la journée, assommé par ses 39,4 de fièvres. Je dois dire que n’ayant jamais vu Philippe malade, j’ai flippé ! Heureusement, grâce à la formidable trousse à pharmacie que la sœur de Philippe nous avait composée avant notre départ, il était sur pied en 2 jours… Merci, Diane, d’avoir pensé à tout !

C’est donc le surlendemain que nous avons visité, un peu à contre cœur, le S21. A la base, le S21 est un lycée que les Khmers rouges ont eu le culot de transformer en prison, ou plutôt, en centre de torture. C’est ici que nos pires cauchemars viennent chercher leur inspiration. Avant même que nous soyons descendus du tuck tuck, un homme, privé d’un œil, d’une oreille et dont le visage avait sans doute fondu sous l’effet d’un lance flamme, nous approchait en tendant sa casquette. Je vous épargne le reste de cette description sordide. J’ai fuit. Avec le recul, je me dis que la présence de ce mendiant est un bon moyen pour pousser les touristes récalcitrants à courir « se refugier » dans l’enceinte de la prison. Nous avons expédié cette visite étant incapables de contempler les dessins de torture infligées aux détenus, de regarder leur visages photographiés (parfois avant et après tortures), de supporter ces photos de gamins mutilés ici sous prétexte qu’ils étaient des traitres. Qui étaient les traitres ? Les ministres, les médecins, les professeurs, les riches, les nobles, les moines, les artistes, les gens portant des lunettes !! Je vous assure, ici, au S21, j’ai eu honte et peur de l’humanité.

Les cellules étaient aussi glauques que celles d’Auschwitz, traces de sang au sol pour colorer un peu l’ambiance,… Bref, vraiment QUE des horreurs. Ce n’est qu’à la fin du parcourt que nous avons eu droit à quelques explications sur les ambitions politiques et économiques des Khmers Rouges. Pol Pot voulait faire du Cambodge un état paysan, un pays producteur de riz, imposant à ses troupes de faire travailler la population et de récolter des quantités de riz dépassant l’entendement. Les troupes ne remplissant pas leurs quotas étaient arrêtés au même titre que les traitres. C’est la raison pour laquelle les militaires n’hésitaient pas à affamer le peuple pour remplir leur contrat. La population, réduite en esclavage servait aussi de moyen de transport des munitions à travers les champs de mines. Les Khmers Rouges étaient des fous, des monstres dont j’ai du mal à concevoir la cruauté. Et dire que la plupart de ses génocidaires n’ont même pas été jugés : Les procès ayant commencés 25 ans après les faits, beaucoup étaient déjà morts de vieillesse.

Je suis assez révoltée par le commerce touristique qui tourne autour de cette ignoble guerre civile. Bien souvent, ce n’est pas d’information qu’il s’agit mais de voyeurisme ! « Venez voir un camp de Khmer rouge, venez voir la tombe de Pol Pot (ce mec ne mérite même pas d avoir un nom, comment peut il avoir une tombe ?), regardez les charniers, comme c’est horrible ». et je ne parle pas de tous ces bouquins d’histoires monstrueuses que vendent des unijambistes produits par cette guerre. Bien sur, ce qu’a vécu le Cambodge est dégueulasse, mais n’est il pas plus important de comprendre pourquoi c’est arrivé plutôt que de se lamenter sur son sort ?

Pour nous changer les idées, nous avons visité le très beau mais très petit musée national, Suivi de la visite du palais royal et de quelques pagodes qui n’arrivent pas à la cheville de ceux que nous avons vus en Birmanie.

mardi 20 mai 2008

Ban Lung

Le passage de la frontière avec le Cambodge (poste frontière Voen Kham): On a commencé par prendre un bateau à Don Det jusqu'à la rive du Laos (la rive d’en face étant le Cambodge), nous avons sauté dans un minibus pour nous rendre au poste frontière. Malgré le fait que l’on soit tout à fait en ordre en termes de visa et de séjour, les douaniers laotiens nous demandent 2 dollars et les cambodgiens 1 dollars supplémentaires. Spontanément j’ai demandé pourquoi mais le regard noir accompagné d’un rictus de défit presque sadique qu’affichait le douaniers/policier m’a glacée et a coupé court à toute discussion : « Why ? YOU don’t ask why !» a-t’il répondu. Wé ! ca va hein… on va pas se crêper le chignon pour quelques Euros cents ! Je me voyais déjà aux mains des mêmes sanguinaires qui ont mutilé leur propre peuple pendant trente ans.

Une fois au Cambodge, on nous a mis dans un bus jusqu'à Stung Treng, ville sans intérêt où nous avons été contraints de loger parce que la connexion que nous devions prendre vers Ban Lung n’était possible que le lendemain à 7h30.

Le Lonely Planet était très clair : la route qui mène à Ban Lung est épouvantable : « Les trente premiers kilomètres sont en assez bon état mais la route dégénère ensuite en un magma cauchemardesque de bitume défoncé, de gros cailloux et d’ornières sablonneuse. La RN7 est le témoin de l’état de délabrement dans lequel était tombé le réseau routier cambodgien pendant les années sombres. » Le guide n’a rien exagéré. Dans le minibus, nous étions 13 adultes et 7 enfants qui, tour à tour succombaient aux nausées que la route leur infligeait : ils vomissaient ou se mettaient à pleurer…

4 heures plus tard, nous découvrions une ville semblable à celle qu’on trouve dans les Western : de larges rues en terre battue rouge, bordée de maisons en plus ou moins bon état et d’échoppes en tout genre. Bien que située dans un cadre enchanteur, cette ville avait quelque chose de glauque.

Dès le lendemain nous louions une mobylette pour aller visiter des chutes qui n’avaient rien de bien impressionnant à l’exception de Chaa Ong sous laquelle j’ai eu la joie de me doucher. Douche bien nécessaire étant donné que nous étions couverts de boue : la nationale que nous avons dû emprunter était une telle patinoire de terre glaise qu’à peine sortis de la ville, nous avons fait une chute avec notre 2 roues, nous écorchant et nous brulant (sur le pot d’échappement) au passage. S’ajoute à cela les parfaits paysans qui, roulant à toute vitesse avec leur 4x4, nous éclaboussaient sans vergogne d’une vague de boue.

A un moment donné, nous avons dû abandonner la mobylette pour continuer à pied. Même alors sur nos deux pieds, nous avons manqué à plus d’une reprise de nous retrouver à terre. C’est lors de cette balade que nous avons soudain vu sortir des bois un éléphant monté d’un Cambodgien et de sa fille. Oh, ce n’est certes pas le premier que nous voyons mais ces pachydermes n’en reste pas moins incroyablement impressionnants.

Les nuages commençaient à s’assombrir au dessus de notre tête mais nous voulions encore nous rendre au mystérieux Boeng Yeak Lom, un lac étonnement rond autour duquel règne une atmosphère de légendes. Certains prétendent qu’un météorite aurait creusé ce lac il y a 700 000 ans, d’autres considèrent ce lieu comme sacré, d’autre encore entretiennent les histoires de créatures étranges vivant dans ses eaux bleues. Il est vrai que cet endroit dégage quelque chose de particulier, quelque chose de pur, d’enchanteur, de magique… Nous étions là, face à ce cercle parfait rempli d’une eau cristalline.
Le tonnerre ayant fait fuir tout les baigneurs, nous étions seuls à regarder ce ciel sévir et les premières goutes de pluie tomber. Nous avons attendus à l’abri, les yeux rivés sur le lac, que l’orage passe puis nous en sommes approchés à nouveau pour tirer notre révérence à cet émouvant endroit. Curieux, nous avons mis notre orteil dans l’eau et nous sommes rendus comptes avec stupéfaction que l’eau était chaude. Elle faisait assurément plus de trente degrés. Il pleuvait encore, mais que cela ne tienne, nous ne pouvions quitter les lieux sans nous y baigner. Un seul mot me vient pour qualifier ce moment : Parfait. Boeng Yeak restera pour Philippe et moi un souvenir extraordinaire.

samedi 17 mai 2008

4000 îles

Sud du Laos - Si Phan Don signifie quatre mille îles. C’est ici que le Mékong atteint sa plus grande largeur (jusqu’a 14km lors des moussons-vous voyez que je ne déconnais pas avec Bruges), en saison sèche, le Mékong laisse apparaitre des centaines voir des milliers d’iles et d’ilots. Certaines, permanentes, sont habitées et il est possible d’y séjourner quelques jours. C’est ce que nous avons fait à Don Det. Affalés dans un hamac, sur la terrasse de notre bungalow au bord du Mékong, nous regardions « Beyond Borders » (un film avec Angelina Jolie) sur le PC de Philippe. Il nous suffisait de tendre le bras pour attraper notre cocktail à la banane fraichement mixé. Hhh *Soupirs* Si vous, tous les gens qu’on aime, étiez là, je pense qu’on ne serait pas loin du paradis (a noter que sur ces iles, ils n’ont pas l’électricité alors Paradis oui, mais pour quelques jours, alors ;-). Je vous rassure, si vous étiez là, on ne serait pas en train de mater Angelina jouer les héroïnes au Cambodge pendant la guerre civile avec les Khmer Rouge. D’ailleurs, à ce propos, ca m’a fait un drôle d’effet (froid dans le dos) de voir ce film sachant que dans quelques jours, notre pied allait frôler le sol Cambodgien.

A Don Det, nous n’avons pas fait que les mollassons, nous avons quand même loué un vélo pour faire le tour de l’île et passer à Don Khon (autre île accessible par un pont). Nous y avons vu le Mékong dévaler pentes et chutes. Ils appellent ça des rapides, mais pour moi, faire du Rafting ici, c’est du suicide ! Dans un autre genre mais tout aussi insensé de danger : le pont que nous avons dû traverser avec nos vélos pour parvenir au sud-est de l’île. Grâce à cette expérience, je sais ce que sont les sueurs froides (jugez plutôt). Pourquoi tant de folies, me direz vous ? Pour voir les dauphins Irrawaddy. Dauphins qui ne sont jamais venus au rendez-vous… :-/

Pour le retour, il était hors de question de repasser par le même chemin. On a préféré rentrer par le chemin de l’ancienne voie ferrée sur lequel tout à disparut (rails et poutrelle de bois) sauf les énormes cailloux qui ont transformé la ballade à vélo en cauchemar. On a presque regretté notre pont tout rouillé.

mercredi 14 mai 2008

Pakxe

On était sensés faire le trajet de Tha Keck en 7h, on en aura mis 2 de plus… J’aurai bien foutu une paire de claques au chauffeur qui s’arrêtait tranquille pour manger son déjeuner, son 4h, aller saluer un pote, faire son petit marché sur le bord de la route… Ah ! et le bus ! Tout un poème ! Le moins qu’on puisse dire c’est que le vieux tacot avait dû rendre de bons et loyaux services. Enfin, y a un moment où il faut accepter que les choses ont fait leur temps et qu’ils sont bons pour la casse : il y avait des trous dans le plancher, les 2/3 des sièges étaient éventrés, la mousse de certains d’entre eux était imbibée d’eau à cause des fuites dont souffrait le plafond et les vitres (il pleuvait ce matin là), une fissure parcourrait le pare-brise de droite à gauche comme un éclair déchire le ciel, l’horloge digitale hors d’usage avait été remplacée par une horloge à aiguille, la TV était inexistante - OUF - (exceptionnel pour ces gens friands de clips vidéos et séries abrutissants et sur-joués), … Bref, je vous laisse imaginer la tête du moteur qui d’ailleurs a rendu l’âme à 10 km de l’arrivée. Heureusement que notre touriste de chauffeur avait les outils de réanimation nécessaires pour permettre à notre bus de terminer sa course.

Pendant la pause « réparation », j’observais une femme à la pompe à essence en train de faire le plein d’une étrange mobylette : c’était comme si l’engin était couverte de plumes. Lorsqu’elle a remis son moteur en route, ces plumes se sont agitées dans un bruit de poulailler. J’étais horrifiée : en réalité, il y avait une cinquantaine de coqs et poules vivants attachés par les pattes et suspendus tête en bas de part et d’autre de la mobylette. Ce n’est pas la première fois que Philippe et moi sommes témoins de scènes cruelles concernant les animaux : singes arrachés à la jungle, attachés à un arbre et réduits à l’état d’animaux domestiques, des camions entiers de chiens en route pour le Vietnam où ils seront mangés, un cochon aux 4 pattes solidement attachées entre elles, déposé sur la marche inferieure d’un sawngthaew (camion faisant office de bus très utilisé au Laos) ou des porcs que l’on débarque en les poussant hors du bateau et qui se cassent les pattes sous leur propre poids au contact avec le sol, des Oiseaux-Yoyo, attachés au bout d’une ficelle, que des enfants s’amusent à envoyer en l’air pour les faire voler puis, en tirant sur la ficelle, les ramènent brutalement au sol... Sans être aussi engagés que Brigitte B, cette maltraitance nous a souvent choqués.

Paxe. Ah ! On a bien aimé cette ville. D’abord parce qu’on a rencontré Bône, un Laotien naturalisé français qui nous a raconté sa fascinante histoire : Bône est né ici, à Paxe, dans une famille aisée. Il avait 10 ans quand il a dû fuir le pays vers la Thaïlande en raison des troubles politiques qui secouaient le pays (1973). Séparé de ses parents pendant plusieurs années, il a vécu dans des camps de réfugiés, dans des familles d'accueil avant s’envoler vers l’Allemagne puis la France en compagnie de sa mère et de ses sœurs. Ses premiers mois en Europe, il les a vécus en clandestin, c'est-à-dire, enfermé dans une pièce ne sortant que pour acheter de la nourriture. Apres bien des déboires, il a obtenu un permis de séjour et la vie a repris de jolies couleurs vives. Aujourd’hui, il a 40 ans et son père, se voyant vieillir, lui demande de revenir au Laos : il voudrait que son fils (unique héritier étant donné que les filles n’ont pas ce droit au Laos) reprenne la gestion de ses biens terrestres et immobilier. Malheureusement, Bône, aujourd’hui plus Français que laotien, ne veux pas revenir vivre dans ce pays qui ne lui rappelle que de sombres souvenirs.

Il nous expliquait aussi qu’il ne se sentait pas libre ici : les relations interpersonnelles sont extrêmement réglementés et ne laissent la place ni à la spontanéité ni à l’expression de l’émotion. Dire ce qu’on pense ne se fait pas, s’énerver ne se fait pas non plus et pourtant, parfois il y a de quoi : dans le travail par exemple : pour les laotiens, trop travailler est mauvais pour la tête. Ce qui explique pourquoi nous avons si souvent vu des laotiens dormir sur leur lieu de travail. Le plus drôle étant sans doute cette caissière d’un petit supermarché que nous ne sommes pas parvenus à réveiller. Nous avons donc pris une bouteille d’eau dans les rayons et avons laissé la sommes due sur le comptoir. Ca va même plus loin : selon le Lonely Planet, les laotiens ne tiennent pas l’éducation en très hautes estime (trop penser est mauvais). Les colons français le disaient déjà en 1900 : Le vietnamien plante le riz, le cambodgien le regarde pousser et le laotien l’écoute…

Quoi qu’il en soit, pour en revenir à Bône, étant donné qu’il gère le personnel de l’hôtel que nous occupions, il disait parfois frôler l’hystérie avec ces employés qui estiment normal de ne travailler qu’à moitié, ou qui quittent leur poste quand bon leur semble pour aller faire une course et qui démissionnent au moindre coup de sang exprimé.

Au contact de Bône, nous avons beaucoup appris tant sur l’histoire du Laos que sur la mentalité de son peuple. C’était vraiment chouette.

Nous avons visité le important site de la culture pré-Angkor dans la région de Champasak (situé à 1h de mobylette de Paxe). Considéré comme l’un des joyaux du Laos, la beauté des vestiges que nous y avons découverts nous a donné un avant gout des splendeurs que nous réserve les ruines d’Angkor au Cambodge. Ce sanctuaire Khmer Hindou est petit comparé au site monumentaux que nous verrons au Cambodge mais il n’est pas moins envoutant : avec ses escaliers bordes d’arbres en fleurs, ces temples à l’ombre de la jungle de la colline, la vue incroyable qu’offre le sommet du site… Nous avons beaucoup aimé cet endroit. Et puis notre pneu arrière a eu la gentillesse d’attendre que nous soyons de retour à Paxe pour crever. Ouf !

Le jour suivant nous partions à la découverte des champs de cafés et des chutes d'eau du plateau de Boloven. Malheureusement, nous n’avons pas eu la même chance que la veille avec le soleil : d'épais nuages lui barraient le passage et nous laissaient deviner que, tôt ou tard, nous passerions un « humide » moment sur notre pétrolette…

Tat Fan Cascade… Le simple fait de l’entendre nous donnait le vertige : ici 2 torrents fous font une chute de 120 m et s’écrasent au creux d’une gorge dans un époustouflant fracas. En raisons des nuages (décidément, ils nous embêtent) qui ne dévoilaient qu’un petit morceau de la cascade à la fois, nous avons décidé de nous en approcher. Pour cela il nous fallait descendre dans la gorge… Grand mal nous en prit car, si nous avons bien rigolé en raison la pente (ou devrais-je dire le toboggan) boueuse et horriblement glissante qu’il nous fallait descendre (et qui aura finalement eu raison de notre envie de nous approcher davantage), Philippe a déchiré son pantalon et nous sommes revenus à la mobylette couverts de terre.

Les cascades que nous avons vues ensuite étaient moins grande (haute), mais certainement pas moins jolies. Grâce aux sentiers balisés, nous approcher de cette énorme masse d’eau tombante ne dépendait plus que de notre témérité. L’impacte de l’eau avec le sol était si puissant qu’un violent courant d’air chargé de milliards de petites gouttelettes trempait tout en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et dissuadait toute approche à moins de trente mètres. Cette humidité constante est évidement idéale pour la flore et, à en juger par le dense tapis vert qui couvrait les alentours de la chute, la place était chère ! :-)

Dans un élan d’aventure dont Philippe a été l’instigateur, nous avons entrepris de remonter la rivière (il y avait d’autres chutes, plus petites, en amont) et ce, à travers champs de café et broussailles (j’ai hurlé quand j’ai vu une première sangsue sur mon pied – j’éprouve une telle répulsion pour ces pots de colle !). Et vous savez quoi ? On a fini par se perdre :-/ il a fallu qu’un brave fermier vienne à notre secour. Avec un large sourire (amusé d’avoir trouvé, au milieu de son champ de café Arabica, deux blancs, tout penauds, emballés dans du plastique-K-Way) et ses quelques mots d’anglais on est parvenus à se comprendre et il nous a conduit jusqu'à la piste qui menait à l’entrée du site.

La 3eme et dernière chute que nous avons vue était du même acabit que la seconde à ceci près qu’elle nous a donné de voir une féroce attaque de fourmis sur un mille pattes pourtant 15 fois plus grand !

Au retour, nous avons pris la drache à laquelle nous nous attendions depuis notre réveil. Pour ceux qui croient qu’en tant que belge, on a l’habitude de la pluie, je tiens à spécifier que s’il pleuvait en toujours en Belgique comme il pleut ici pendant la Mousson, Bruges serait sous eau :-) Ici, en 1 minute, la route se transforme en torrent et la visibilité se réduit à cinq mètre : c’est un mur d’eau qui nous tombe sur la tête.

samedi 10 mai 2008

Thakheck

Voyage en bus rendu pénible par les décibels que dégageaient les clips vidéo débiles qui défilaient a la TV. Et ca, pendant 7 heures…

Heureusement, quand on est arrivé, on a retrouvé nos amis avec lesquels on a passé, une nouvelle fois, une soirée ponctuée d’éclats de rires. Demain on leur dira au revoir et on sent qu’ils vont nous manquer.

Au petit matin, Phil et moi partions pour 3 jours de moto. Enfin, … de mobilette plutôt (mais qui, entre les mains de Philippe devenait un vrai petit bolide).

Selon le « Lonely Planet », la région est jolie et quelques grottes (surtout Tham Lot Kong Lo) et chutes d’eau sont à voir.
Alors, en résumé, dans la première grotte (qui faisait aussi office de temple) je n’ai pas pu rentrer parce que je n’étais pas vêtue du sarong (habit traditionnel pour les femmes). Que ces laotiens peuvent être obtus !! Ça m’énerve !

On a du se contenter de regarder la seconde de l’extérieur : un petit lac en empêchant l’entrée.

Ah ! Dans la 3eme, on s’est bien amusés : elle était grande, l’éclairage y avait été installé, il y avait de petits escaliers partout et une rivière y chantait doucement.

Heureusement que l’on s’est bien amusés là, parce qu’on a bien moins rigolé après : la route est devenue une piste caillouteuse si cabossée que nous avions peurs de laisser des pièces de moteur derrière nous. Le paysage avait été brulé puis démoli par les grues et rouleaux compresseurs sensés préparer le terrain pour une nouvelle centrale hydro-electrique (canaux, lacs artificiels, barages).

Nous souhaitions en finir le plus rapidement possible avec ce paysage désolé. Tant et si bien que, quand nous sommes arrivés à Nakai en fin d’après-midi, nous avons fait le plein et, malgré nos fesses qui ne supportaient plus la scelle, les nuages noirs qui annonçaient une bonne grosse drache et le risque que nous arriverons au village suivant une fois la nuit tombée, nous avons repris la route.
Pleins d’illusions, on espérait passer entre les goutes de l’orage qui pointait le bout de son nez. Ben voilà ! quand on croit aux illusions, on se fait rincer.

On est arrivés détrempés (malgré nos super K-Way) à Thalang où nous nous sommes installés dans un petit bungalow. Ce village ainsi que tous ceux par les quels nous sommes passés semblent être peuplés par les ouvriers travaillant sur le chantier kilométrique que nous avons parcouru toute la journée (kyrielle de maisons préfabriquées aux apparences neuves)

Le jour suivant ressemblait à la fin du 1er : mauvaise route, paysage en mutation… pfff, on commençait à en avoir marre…

Nous sommes arrivés à Nahin vers 15h et avons posé nos sac dans une guest house pour, ensuite, reprendre la route vers Tham lot Koung Lo à 50 km de la (100km aller retour).

Au risque de me faire du mal, je vous transcris ce qu’en dit le Lonely Planet : « Cette grotte calcaire est l’un des plus beaux site naturel du Laos. Long 7 km, le tununel atteint 100 m de large par endroit et en mesure presque autant en hauteur. La Nam Hin Bun (une rivière) sillonne cette vaste grotte qu’une pirogue à moteur met prés d’une heure à traverser. Si vous louez une pirogue a la journée, son propriétaire pourra vous montrer les Thaat (stupas) naturels, formés de stalagmites scintillantes. Lorsqu’elle n’arrose pas la grotte, la Nam Hin Bun serpente à travers de splendides paysages ponctués de sommets élancés comme des cathédrales et de falaises de karts noir déchiquetées ».

Voici tout ce qu’on en a vu… parce que quand on est arrivé, il était 16h30, soit trop tard pour prendre un bateau. Voilà… Toute cette route pour rien. On est restés là, plantés, l’air dépité, remplis de frustration. Non, vraiment, c’était trop dommage, trop bête, trop triste !

BON ! N’en parlons plus !

Le troisième jour, on s’est réveillés et il pleuvait. On a voulu aller voir la chute d’eau à quelques km du village mais la gérante nous en a dissuadé : « il a plu toute la nuit, la route n’est pas praticable. C’est impossible d’y aller ». Ben tiens ! pour pas changer ! Vous savez ce qu’on a fait pour finir ? On est rentrés à Tha Keck, sous la pluie, avec l’impression qu’on avait perdu notre temps. Là !

mardi 6 mai 2008

Vientiane

Aah ! Vientiane ! Ce fut une belle surprise ! Enfin des Laotiens souriant et gentils. On a bien marché une heure avec nos sacs pour trouver un hôtel. Tous étaient complets ou trop cher. On n’en revenait pas ! Seul restaient les chambres à faire une dépression (sales et sans fenêtre). J’étais à 2 doigts de craquer pour une Guest House trop chère mais Philippe ne voulait pas lâcher le morceau. Grace à sa persévérance, nous avons finalement trouvé un petit hôtel vraiment charmant pour 10 $.

Pour nous récompenser de nos efforts, nous nous sommes offert un bon resto (cuisine française). Béranger et Elisa ont eu la même idée et PAF, les deux couples de belges se sont rencontrés. Béranger et Elisa vivent au Vietnam depuis un an et demi. Ca n’a pas toujours été une expérience facile mais ils l’ont aussi trouvé belle et surtout très enrichissante. Quoi qu’il en soit, ils nous ont fait rire toute la soirée avec leurs anecdotes. On a passé un très chouette moment. C’est toujours une telle joie de rencontrer des gens avec qui le courant passe bien et en toute simplicité.

Le lendemain fut une journée lasy ou la seule activité que nous ayons faite est de visiter le monument national le plus important du pays : le Pha That Lunang. Un temple stupa qui symbolise à la fois la religion bouddhiste et la souveraineté.

Nous avons, du même coup, fait plus ample connaissance avec Vientiane. Bien qu’elle soit la capitale du Laos, cette jolie ville, aux allures de grand village, a su garder des dimensions humaines. L’architecture voire même l’atmosphère coloniale française y est encore très présente. Nous l’avons trouvé très agréable à vivre.

Exemple : Juste derrière notre guest house, nous avons trouvé un petit resto, sous un petit toit en taule ondulée ou une femme charmante servait des noddle soup délicieuse pour 0,70 $

Le jour suivant nous enfourchions les vélos avec nos compatriotes Beranger et Elisa, afin de découvrir les autres temples de la ville. Tous étaient relativement modernes et dénués de charme sauf la vat Si Saket et Haw Pha Kaew (des fois qu’un tour à Vientiane vous tente).

Puis la journée s’est doucement terminée sur un petit sauna aux herbes suivit d’un agréable massage à deux pas du Vat SokPa Luang dans une petite maison en bois sur pilotis, dont le charme nous faisait oublier les moustiques. Soupire… Qu’est ce que ca nous a plu !

Super journée conclue par un resto au bord du Mekong (bon, je sais, la nuit mangeait le paysage, mais c’était le Mekong quand meme !), une super soirée autour d’une bière et de quelques parties de rikiki.

Nous souhaitions partir avec Elisa et Beranger pour Tha Keck mais, nos visas pour le Cambodge nous contraignent de rester un jour de plus a Vientiane.

dimanche 4 mai 2008

Vang Vien

Nous ne sommes restés qu’une nuit à Luang Pabang. Le lendemain nous prenions le bus pour Vang Vieng dont de nombreuses personnes nous avaient tant vantés les mérites : Cette petite ville réputée pour sa jolie région et la grande diversité des activités qui y sont possibles. On y fait notamment « Tubbing » (= descente de rivière sur un chambre à air de tracteur), du kayak, du rafting, on y visite ses énormes grottes calcaire… Si la région est jolie, le reste nous a déçus : Les organisateurs d’activités sur la rivière ont essayé de nous arnaquer à 2 reprises. Si bien que nous avons décidé de nous débrouiller seuls pour le Tubbing. Nous avons loué une bouée et sommes allés en amont de la rivière. Nous espérions être bousculés par quelques rapides (dans le guide du routard ils disaient même que cette rivière était dangereuse !!) mais au lieu de ça on a CRAME sur une bouée qu’on ne parvenait pas à faire avancer (sans doute pas assez d’eau dans la rivière – fin de la saison sèche) ! On a bien vite compris que pour la plupart des gens ici, tout l’intérêt du tubbing c’est de s’arrêter dans les bars accrochés aux rives, crachant de la musique plus ou moins branchée pour attirer le touriste, et se bourrer la tronche. Evidemment, quand on voit les vaguelettes en double, c’est sans doute beaucoup plus impressionnant !! Quelques bars proposaient de faire des « jumps » dans l’eau en se balançant au bas d’une corde ou en se laissant glisser le long d’un câble. A la limite ça c’était drôle.

Sinon, on a trouvé que la ville était à l’image du touriste qui la fréquente : elle est ponctuée de restaurant dont les chaises sont des lits dans lequel les jeunes sont affalés et regardent des séries genre « Friends », à longueur de journée sans doute pour se remettre de leur cuite de la veille.

Le lendemain on descendait vers Vientiane (la capitale) en pick-up et… en kayak :-) là, on a eu droit à quelques descentes impressionnantes. Nous avions prévu un petit appareil waterproof mais nous sommes rendus compte avec effroi qu’il n’y avait pas de pellicule dedans. Vous n’aurez donc pas de photo de nos visages grisés par la vitesse soudaine que prenait notre kayak.

samedi 3 mai 2008

Culture sur Brulis

Au cours du treck nous avons constaté les dévastations causées par la culture sur brulis. Les rizières dans les vallées ne suffisent pas aux paysans, bien que, grâce à l’irrigation, ils arrivent à y effectuer 2 récoltes par ans. Ils brûlent une partie des collines avoisinantes à la saison sèche pour pouvoir y planter du riz avant la saison des pluies et bénéficier d’une récolte supplémentaire. Pour ne pas « abîmer » la terre, chaque parcelle est cultivée ainsi une fois tous les 3 ans.

Le gouvernement aurait décidé qu’à partir de 2010 le brulis ne serait plus autorisé. Les paysans étendent intensivement les superficies brûlées depuis cette décision. Les surfaces décimées sont considérables, sans compter la pollution que ca génère, à Luang Phabeng, l’air y est parfois irrespirable.

Au Myanmar nous avions aussi vu beaucoup d’incendies dans les collines, mais il semblait que c’était juste pour débroussailler les bords des champs ou les bois. Au Laos comme au Myanmar, nous n’avons jamais compris comment ils s’arrangeaient pour empêcher la propagation du feu. Ils ont l’air de compter sur leur divinité pour les protéger… Pourtant ces feux sont parfois très proches des villages. Nous étions fort effrayés en pensant aux nombreux incendies destructeurs du sud de la France, d’Espagne ou en Grèce l’an dernier.

Philippe

vendredi 2 mai 2008

Nong Khiaw

Le visage collé à la vitre de notre mini-van (pas bondé, il faut le souligner), nos yeux se sont remplis d’images ! Le paysage était si beau qu’on aurait souhaité que ce voyage soit sans fin. La route sillonnait entre les montages aux formes adoucies par un tapis de verdure si dense que l’on ne pouvait voir un tronc (eux-mêmes couverts de plantes grimpantes) dans lequel s’accrochaient les nuages. Quant, à de rares occasions on apercevait la terre, elle revêtait une couleur rouge, brique, cramoisi qui teintait étangs et rivières. En contre bas, de la route coulait le Namou et au dessus de nos têtes, le ciel plombé d’épais nuages ne gâtait en rien la beauté du paysage.

J’ai perdu le compte des arbres aux feuilles étranges que mon regard a croisé. J’ai une préférence pour l’arbre de Teck. Son coté ridicule le rend touchant : ses feuilles sont trop grandes pour ses branches si bien que quelle que soit leur nombre, on a toujours l’impression qu’il en manque. Et puis en même temps, cet arbre inspire le respect. Ces épaisses feuilles couvertes d’un léger duvet qui leur donne, une fois sèche d’étrangers reflets argentés, sont d’une solidité surprenante.

Nong Khiaw est à la hauteur de nos espérances : Perdu entre falaises et jungle, ce petit village est un trait d’union entre les 2 rives du Namou … Le panorama est enchanteur.

Nous avons passé le pont le nez en l’air pour regarder la montagne, ou en bas pour observer la rivière et les enfants qui s’y baignent. Amélie et Arnaud nous avaient recommandé la Sunset Guest house pour leur gentillesse et les treks qu’ils organisent dans la jungle, mais contre toute attente, nous avons reçus un accueil glacial et mes efforts pour arracher un sourire à la gérante sont restés vains. En dépits de cela, nous nous sommes installés dans l’un de leur joli bungalow.

Peu après avons appris avec déception que, si nous souhaitions partir en trek, il nous faudrait trouver au moins 2 personnes supplémentaires. Philippe a donc courageusement abordé chaque touriste du village mais le trek ne semblait intéresser personne.

Le soir, nous avons mangé à la guest house avec tous les nouveaux amis que cette recherche d’accompagnants nous avait permis de faire. Cette soirée eut été parfaite s’il n’y avait pas eu une totale confusion dans nos commandes de plats. Cette Confusion aura généré une tension entre les gérants et nous qui aura eu raison de notre envie de rester dans cet établissement.

Cet évènement et les difficultés que nous avons eues à trouver des gens motivés pour notre trek bien aimé auront ternis un peu notre beau souvenir de Nong Khiaw. Cette recherche fastidieuse et pénible aura duré 2 jours ! Enfin, ce trek, on l’a voulu très fort et on l’a mérité : Nous sommes partis avec Ahicha, une allemande et Adrien, un français d’un style un peu particulier.

Hôm, 21 ans, est notre guide. Le visage rond, doux et souriant, il parle un anglais impeccable. Avec beaucoup de patience, il a levé chacun des points d’interrogation que nous avions sur la jungle, le mode de vie villages tribaux, les rizières… Dans le premier village, un paysan nous a invités à prendre le thé avec sa famille. Nous sommes entrés dans sa petite maison en bambou, sans fenêtres et le sol en terre battue. La maison comptait une seule pièce quasi vide. Dans un coin, une moustiquaire nous permettait de deviner où ils dorment. Au centre, un feu de bois surmonté d’un chaudron me rappelait la chaumière des 7 nains. Le paysan, bien qu’ayant l’air relativement jeune, avait 7 enfants. 7 filles dont la plus jeune est malade. Par chance, Ahicha est médecin et, après avoir ausculté la petite, elle a déclaré que l’un de ses tympans était pourri. C’est sans gravité, mais elle doit prendre des antibiotiques (qu’Ahicha lui achètera plus tard à Nong Khiaw) si elle ne veut pas perdre l’ouïe…

A midi, nous avons étés gentiment reçus par la tante de Hôm pour le déjeuner. Au menu, Sticky Rice et vegetable. Pendant ce temps les enfants du village ont tous passé leur tête au moins une fois par la porte pour satisfaire leur curiosité. On pouvait lire dans leurs regards intrigués des questions du style « mé qu’est ce que c’est ?! ». Il faut dire que tout le long du trek, nous avons été le centre d’intérêt des autochtones (petits et grands).

De rizières en sentiers broussailleux, traversant de temps en temps de petites rivières nous sommes finalement arrivés jusqu'à un village Mongk où nous avons passé la nuit (dans une petite maison en bambou).

Pour nous laver il a fallu nous rendre au milieu du village : là ou se trouve l’un des 2 robinets publique du village. D’autres femmes s’y lavaient et trouvaient nos manières très amusantes (je me suis lavee toute habillée).

Les femmes ici se coiffent toutes de la même manière : un pompom torsadé sur le sommet du crâne (voir même juste au dessus du front).

Au repas : soupe de bambou (très amère), salade d’haricots, poulet (avec des morceaux de choix tels que le cœur, les reins, les pattes,…) et riz. Hom est vraisemblablement un très bon cuistot et il nous permet par la même occasion de gouter des recettes lao que nous n’aurions pas osées.

Nous jouions aux cartes quand nous nous sommes rendu comptes que nous étions observés par 24 yeux hostiles. En effet, il y avait autour de nous 4 gigantesques araignées (7 cm sans les pates) poilues et repoussantes à souhait. Arkk ! Elles étaient la recherches d’insectes, ces derniers étant attires par la lumière de notre ampoule, nous étions, par conséquent, obligés de tolérer nos présences respectives. J’espérais juste qu’elle ne dépasserait pas le mètre qui DOIT nous séparer et qu’il n’y en ait pas dans notre lit…

Nous nous sommes réveillés avec le chant du coq à 6h30 et déjà, femmes et enfants étaient à notre porte les yeux écarquillés. L’une des femmes devait bien avoir 50 ans et j’ai vu sa petite fille (fille de sa fille) de 3 ans lui grimper dans les bras et se mettre à lui téter le sein. Juste à coté d’elle se tenait un autre enfant a peine plus âgé. Il avait dans sa petite main maladroite, une machette… et cela ne semblait inquiéter personne… Ces choses là n’arrivent plus chez nous. Nos enfants sont-ils surprotégés ?

Petit dej : omelette, soupe de nouille aux légumes épicés, riz et salade de bambou, servis, comme à chaque repas, en quantité astronomique.

Ce matin la, il pleuvait et ce n’était pas une bonne nouvelle… Etre mouillés n’était pas tant le problème mais nous allions devoir affronter les sangsues… Je n’en avais jamais vues, mais sincèrement, je n’avais pas très envie de les rencontrer. Je me rappelais trop bien des récits de Diane au Népal et j’avais peur de frôler l’hystérie… J’ai donc enfilé mes grosses chaussures, ai passé mes chaussettes au dessus de mon pantalon, mon pantalon au dessus de mon T-shirt et nous sommes partis laissant quelques sourires amusés derrière nous.

Nous avons bien marché une heure sans croiser un seul de ses petits ennemis (J’étais soulagée quoi qu’un peu déçue pensant que je n’aurais rien à vous raconter) jusqu'à ce que notre guide s’arrête net et se retourne vers nous l’air sérieux : « There are leeches from now on. Watch your steps! » He ben, il ne s’est pas foutu de nous ! Elles étaient là, dressées sur leur ventouse arrière, leur tête fouettant l’air attendant un frôlement de notre pied pour nous grimper dessus. Malgré ma vigilance, l’une d’elle est parvenue à remonter mon bâton de marche jusqu'à ma main. Heureusement que notre hôte de la veille nous avait préparé une potion-magique à base de Lao-Lao (alcool fort très apprécié) et de sel permettant de « déventouser » les sangsues (parce que, purée, ces machins, quand ça colle, ca colle !!) A la suite de cela, j’ai intimé à Philippe de marcher devant moi afin que je puisse surveiller ses jambes : l’inconscient était en short et j’avais peur que le produit anti sangsue dont il s’était badigeonné ne suffise pas. Nous sommes arrivés à la rivière ou nous devions prendre le bateau ¾ h plus tard. Apres inspection, il s’avère que la seule à avoir été mordue est Ahicha (l’une des ces sales bête était même parvenue à lui remonter jusqu’aux fesses !)

Malgré la grisaille, nous nous sommes un peu baignés dans les rapides de la rivière et avons observé notre guide pêcher notre déjeuner: un repas délicieux que nous avons savouré dans un petit village. Les poules et les cannards se sont chargés du nettoyage de la cuisisne...

De retour à Nong Khiaw, nous avons récupéré les gros sacs à dos que nous avions laissés à notre hôtel et j’ai réalisé que les fourmis rouges avaient profité de notre absence pour coloniser le mien. J’y avais négligemment laissé un petit sachet de graine de sésame pourtant celé. Ce même soir, j’avais eu la grande idée de laisser mon sac dehors sous une lampe. Je l’ai retrouvé jonché de monticules de « larves volantes » mortes (le genre de larves qui ne vivent qu’un jour et qui sont justes bons à nourrir les poissons et à nous emmerder quant on mange sur la terrasse). Y en avait partout et ca glissait dans des fentes inaccessibles de mon sac. C’était absolument répugnant et d’autant plus pénible que ces bestioles mortes servirent de garde manger aux quelques fourmis que je n’avais pas délogées…

Le lendemain, nous avons eu toutes les peines du monde à trouver un moyen de retourner à Luang Pabang. Chaque Laotien que nous interrogions nous donnait une information différente concernant les horaires, le moyen de transport (bus, mini bus ou pick-up) ou le lieu ou il fallait attendre. Au bout de 2 heures de « Qu’est ce qu’on fait ? Comment on va s’en sortir ?! », Nous étions assez de touristes (6) pour louer les services d’un mini van à un prix abordable.