vendredi 29 février 2008

Varanasi

Introduction résumée du « Lonely Planet »:
"De toutes les villes d Inde du Nord, Varanasi et Agra ont la pire réputation en matière de harcèlement et d'escroquerie diverses (super! me dis-je!). Les rabatteurs et les rickshaw wallahs fous poursuivant les touristes ne manquent pas. Cette tension, surtout présente dans la vieille ville et près des ghats de Varanasi (quel bonheur! C'est justement là qu’on va!) ne doivent toutefois pas gâcher votre plaisir (ben tiens! C'est facile à dire!!!)

En arrivant, rendez-vous directement à votre hôtel et non à celui auquel votre chauffeur veut vous emmener. Ignorez toute personne vous suggérant un "meilleur" hôtel ou vous proposant d'être votre "ami". Rappelez-vous que la plupart des hôtels travaillent sur commission. Ne prêtez donc pas attention au fait que, d'après votre chauffeur, le votre serait fermé, complet, détruit par un incendie, très mauvais, infesté de moustiques ou de bandits. Soyez fermes."

Du coup, quand on est arrivés, une information banale comme le nom de notre hôtel est devenu un secret d'état et on a eu un mal fou à le garder parce que tous ces mecs en chasse de commission ont des antennes pour comprendre de quel hôtel on parle, que nous nous exprimions en Français, en turc ou en Quechua! A coups de "We don't need your help to find an hotel" ce qui n’est pas tout a fait vrai sachant que la vieille ville est un véritable labyrinthe de petite ruelles sombres), on a fini par semer les quelques parasites qui nous collaient et on a pu chercher un hôtel tranquille.

mercredi 27 février 2008

Khajuraho

Qui ne connait pas ces fameux temples Hindous aux sculptures érotiques? Le site, bien qu’extrêmement touristique et donc peuplé de vendeurs pénibles et gluants, était vraiment superbe. Ces temples, au nombre de 85 au 10 ème siècle ont été massivement détruits par les Moghols. Il n'en reste aujourd’hui que 22 qui sont néanmoins considérés comme les plus beaux chefs-d œuvres de l'art indien. Et pour cause! Nous avons été époustouflés par la finesse et la complexité de chacune des sculptures qui ornent les temples. Il faut savoir que le plus grand des temples de Khajuraho compte 872 statue mesurant, pour la plupart, 1 m de haut. Voila pour la culture confiture :-)
Ah, et nous n’avons pas pu à résister à la tentation: à Khajurao nous avons acheté notre premier pot de Nutella... Eh oui... Nous sommes faibles!



Nous voilà en route pour Varanasi. Philo, Phil et moi sommes à nouveau partis pour un voyage haut en couleur...
D'abord 4 heures de bus tape-cul bondé. Vous allez commencer par vous lasser parce qu’à chaque fois que je parle de transports, j'ajoute qu’ils sont bondés, mais c'est réellement une souffrance que l'on ne connait pas en Europe et on ne s'y fait décidément pas. On s'était mis tout à l arrière parce qu’une banquette avait été supprimée pour y mettre une roue de secours (ce qui permettait a Phil d'avoir de la place pour ses jambes). Que de belles illusions; une roue de bus, ça ne fait pas peur aux indiens qui considèrent ça comme de la place à combler. Très vite, 4 ou 5 personnes s'y sont assise ce qui fait qu’au bout du compte on était bien moins confortablement assis qu’ailleurs. Et le pire, c est que ce bus n'a pas désempli!! J'ai trouvé le chemin de la méditation pour supporter la fin du voyage.

Il faut quand même souligner que nous avons eu droit à un moment touchant: une vieille dame en sari était accroupie sur le pneu devant Philippe. Elle voyageait avec sa petite fille et son mari qui lui n'avait pas de place pour s'assoir et restait debout sur le pneu, la tête penchée pour éviter de se cogner sur le toit du bus. Leur trajet a duré une heure, heure pendant laquelle ils n'ont pas lâché leur sourire gentil à notre égard. Les 2 vieillards, bien qu’édentés rayonnaient de bonté. Philippe a ouvert un paquet de biscuits et leur en a proposé. La vieille dame, n'osant pas dire non a agrippé un petit beurre. On voyait qu’elle ne voulait pas le manger... et puis, tout en gardant son large sourire et bien qu’un peu gênée, elle a discrètement mis le petit beurre dans la poche de son mari. Ca nous a fait beaucoup rire. La gamine, elle avait commencé à manger son biscuit mais elle ne trouvait manifestement pas ca très bon (ses yeux ne trompaient pas) et, tout aussi discrètement que sa grand mère, l'a jeté à terre.

Arrivés à Mahoba, nous devions prendre un train à minuit, lequel a eu une heure de retard. Une fois dans le train, nous avons du réveiller des indiens qui dormaient sur nos couchettes et à 1h30 on a enfin pu fermer les yeux.

mardi 26 février 2008

Qu'est ce qu'on mange?

Au début nous avons courageusement suivi le régime indien. Soit, un mélange de deux ingrédients parmi les pommes de terres (Aloo), des épinards (palak), du fromage (paneer), des poids (mutter), du choux fleur (Ghobi), des lentilles... Ce qui donne: Aloo palak, palak paneer, paneer bhurji,... toujours accompagne de riz. Le riz peut être mélangé avec des légumes et/ou des oeufs brouilles. Sans oublier les traditionnelles chapati (butter or garlic).

Même si parfois il nous est arrive de demander un plat avec du poulet, nous avons rarement été satisfaits... Soit il fallait bien chercher au fond du plat de sauce pour en trouver, soit il fallait gratter l'os pour en avoir un peu.

Les petits déjeunés restent pour nous proche de ce qu'on connaît: omelettes, toasts, salade de fruits, yaourt, thé (à l'indienne), ...

Il nous arrive aussi d'oser prendre à manger dans la rue, des sortes de boulettes de pâte fourrées de patates et d'épices, ou des mixes de patate avec de l'oignon et des herbes... et dans ces cas la, on s'en sort vraiment pour pas cher, mais c'est assez répétitif.



Nous avons tente l'expérience d'une pizza occasionnellement; seule celle de Khajuraho fut vraiment à la hauteur de nos espérance, dans un resto "italian chef". C'est d'ailleurs dans ce restaurant que nous avons aussi eu le plaisir de goûter les meilleures pâtes du pays, mais à quel prix!

Bref depuis quelques jours, mous profitons d'un bref répit avec de la nourriture européenne avant de repartir pour affronter l'alimentation birmane...

Bon aller, on avoue, on a craqué pour un pot de nutella... à 170 Rs

lundi 25 février 2008

Orcha



Nous avons donc continué notre voyage avec Philo. Un bus jusque Kota puis un train de nuit jusque Jhansi (avec un changement de train à Buna à 3h du matin - heureusement que certains guichets sont ouverts 24h/24) pour finir par un "Rickshaw" jusqu'Orcha. Et quel rickshaw!! On avait le choix entre un Rickshaw pour nous trois à 150 Rs ou un rickshaw surnomme "Tempo Terror" à 10 Rs. On a eu tort de vouloir être économes: On a vite compris pourquoi c'était moins cher: Vous avez vu la taille de ces pétrolettes (voir photo) ? Et bien on était à 14,5 dedans. Je vous jure que c'est vrai (le 0.5 c'était un bébé sur les genoux de sa mère)! J ai cru que les 30 minutes qu’ont durées le trajet me coûterait une jambe. J'envisageais l'amputation tant j'avais de fourmis et IMPOSSIBLE de bouger. Bref autant dire qu’on est arrivés exténues.

On n’a pas été bien difficiles pour l'hôtel: on a presque pris le premier venu et pour la première fois on a sorti notre moustiquaire. Philippe, bien que courageux guerrier armé d’un chiffon, n'est pas venu à bout des 50 moustiques qui se planquaient dans ces 4m2.



Dès le lendemain nous, visiteurs effrénés, nous sommes mis en route vers le Palais: le « Jehangir Mahal » avec ses escaliers raides, ses allées vertigineuses, ses échafaudages en bambou et ses salles pleines de gravats, il nous a un peu déçus. Il incarne pourtant l’apogée de l'architecture islamique médiévale.



Le « Aije malopiez* Temple » nous a, lui, par contre, beaucoup plu: il dévoile de fabuleuses peintures murales datant du 10eme siècle. On s'en fiche un peu pas vrai? D ailleurs, comment il s'appelle ce Temple? "Aie j'ai mal aux pieds"? Et vous pensez que c'est sérieux?
* pour ceux que ça intéresse, c'était le Lakshmi Narayan Temple.

C'est à Orcha qu’on a vu nos premiers éboueurs. Alors ils ont des méthodes bien à eux: ils se mettent à 2 ou 3 pour renverser une sorte de container dans lequel les riverains bien élevés jettent leur déchets (les autres se préoccupent bien peu de l'environnement et jettent tout et n'importe quoi n'importe où) pour étaler tous les déchets par terre. Ensuite, ils remplissent l'équivalent d'un plat à salade de ces crasses avant de les jeter dans une remorque. On les a regardés d'un air interloqué.

Juste après le petit déj du second jour, nous avons rencontré 2 filles qui souhaitaient partager un taxi pour aller à Khajuraho. Ca coûte 2 fois plus cher que rickshaw-bus-bus, certes, mais ça prend 2 fois moins de temps. Philippe et moi, bien qu’aventuriers dans l'âme ;-) nous sommes laissé tenter proposant à Philo (qui préférait rester à Orcha un jour de plus) de nous retrouver le lendemain soir. A 18h30 nous étions en route pour 3h30 de sursauts.

Notre conducteur, aussi fou que les autres usagers de la route nous a néanmoins amenés à bon port sans une égratignure. Je n'étais cependant pas à l'aise quand nous sommes arrivés à hauteur d'un accident tragique entre 2 tracteurs: il y avait au milieu de la route, une foule très agitée, impossible de passer, 2 personnes étaient mortes et on n’a pas eu de mal à comprendre comment quand on a vu les 2 tracteurs ne former plus qu’un amas de métal suintant le pétrole.

Ah oui, notre conducteur a aussi eu la bonne idée d 'aller faire des emplettes pendant le trajet. A peine avait il quitté le véhicule qu’un fou vraiment fou se jetait sur la voiture pour nous arracher quelques roupies. Il y tenait tellement qu’il a essayé d'entrer dans la voiture par la fenêtre ouverte côté conducteur. Philippe (mon SAUVEUR) assis devant, a du le pousser vers l'extérieur à plusieurs reprises. J'en ai marre d'être considérée comme un mister cash ou une prostituée par les indiens!!

samedi 23 février 2008

Train de nuit.

Voila, c'est fait, nous avons pris le premier train de nuit de notre voyage et le premier de ma vie aussi en fait.

La grande question "vais-je arriver à dormir là dedans" a enfin sa réponse. Je n'ai jamais su dormir dans une voiture, un bus, un car de nuit ou un avion sans avoir atteint un certain taux d'alcool dans le sang... (petite pensée pour Tiv lors de notre retour de Thailande il y à 2 ans). Avec les pieds qui touchent la paroi, la tête contre les barreaux de l'échelle, la dureté du matelas, les sacs à dos entre les jambes, les fortes odeurs de transpirations mélangées aux relans d'urines, les ronflements (malgré l'entraînement familial) et les musiques indiennes grésillardes provenant d'un haut parleur de téléphone portable, rendent la tâche tout simplement impossible et ce malgré le doux bercement du wagon.

J'ai profite de la lampe de poche frontale (merci à ceux qui nous l'ont offerte) pour lire jusqu'à épuisement de mes pauvres yeux. Ensuite, après un premier essai infructueux de recherche de sommeil et d'une position confortable, j'ai été me griller une cigarette à la porte extérieure du wagon que j'avais ouverte grand pour la circonstance, une bonne bouffée d'air frais ça fait du bien. Et dire que c'est un train express... je pourrais presque descendre faire un footing à côté du train! Aller, profitons de tout ce temps pour réfléchir à ce que je vais vous écrire...

La semaine dernière nous avons rencontré deux drôles de zigotos à Bundi.

Le premier est descendu depuis Paris sur son fidèle destrier, une BMW R850 (petite pensée à Didi qui doit s'éclater avec son nouveau monstre). Il a donc du traverser toute l'Europe de l'Est, la Turquie, l'Iran, l'Afganistan et le Pakistan... Il continue vers l'asie du sud et pense faire transporter sa moto par avion de Calcuta à Bangkok pour 300 eur! dingue tout ça.

Le second voyage en train et en bus comme la plus part des touristes, mais dès qu'il en descend, il met ces rollers! Etant moi même un patineur chevronné, j'apprécie à leurs juste valeur les difficultés qu'il a pu rencontrer. L'état de l'asphalte, quand il y en a, n'est pas des plus lisse et avec cette circulation qui est complètement dingue ici, ce n'est vraiment pas évident. De plus, les conducteurs indiens sont surpris, effrayés parfois d'apercevoir un piéton avancer si vite dans leur champ de vision. Ils n'ont certainement jamais du voir de patins à roulettes de leur vie! Le pire, c'est les animaux, il c'est fait attaquer par des chiens et les vaches s'enfuient en entendant le bruit des roues. Déjà à bruxelles je devais faire attention aux chiens quand je roulais en patins, apparemment, c'est partout pareil...

philippe

vendredi 22 février 2008

Bundi

On prend le premier hôtel venu et... quel hôtel! 500 Rs : l'équivalant de 10 euros (sachant que c'est le double de ce que nous payons en moyenne pour une chambre). On a presque eu droit à une suite! Salle de bain en marbre, eau chaude, draps propres, couvertures en suffisance (ce qui n'a pas toujours été le cas), jolie décoration... On était super top méga ravis.



Au joli palais de Bundi nous avons visité des salles couvertes de peintures murales encore en très bon état et puis nous sommes montés jusqu’au fort armés, toutefois, de pierres et de bâtons, sachant que ces ruines sont habitées par des singes prétendument agressifs. Nous n’avons pas eu à les affronter mais nous ne nous y sommes pas frottés non plus.

Comme à notre habitude, nous avons loué des vélos pour découvrir les environs. Ce jour là, nous avons vécu le pire et le meilleur de l’Inde: Arrêtés par des jeunes sur la route, ils voulaient nous vendre je ne sais quoi. L’un d'eux tenait le guidon de Philippe et il nous empêchait de partir. Malgré son agressivité visible, j'essayais de rester polie pour éviter tout problème mais en dépit de mes précautions il m'a, sans gêne aucune et sous les yeux de Philippe mis la main sur la poitrine. J ai lâché mon vélo et ai essayé de l'agripper mais ne suis parvenue qu’à m’arracher les ongles sur son t-shirt. En soit ce n'était pas grave mais ce manque de respect à notre égard m’allait loin. Une fois de plus ils étaient trop nombreux pour qu’on puisse faire quoi que ce soit.

J étais en colère mais nous continuons néanmoins notre balade. Au moment précis où nous décidons de faire demi tour parce qu’il faut rendre les vélos et que nous sommes à 2 heures de Bundi, je réalise que mon pneu avant est plat. J'ai bien tenté de rouler assise sur le porte bagage pour mettre un maximum de poids à l'arrière, mais les "chemins" sont tellement irréguliers que j'y renonce. J'essayais de rester optimiste en me rappelant la devise des indiens "every thing is possible in India" mais je dois avouer qu’étant au milieu de nulle part, je voyais mal comment on allait s'en sortir. Et pourtant... arrive un monsieur d'une 40 aine d’années, il ne parle pas anglais mais comprend notre problème et essaye de nous indiquer quelque chose dans la direction opposée de Bundi. On tente de lui faire comprendre qu’on veut juste rentrer à Bundi, mais il insiste. Arrive alors un 4X4 dont il connaît manifestement les conducteurs. Ensemble ils prennent le vélo, le mettent dans le coffre et me font monter à bord. Philippe, quant à lui, devait pédaler derrière dans la poussière soulevée par notre véhicule (le pauvre !). Encore tendue par l'événement qui avait précédé, mon regard ne l’a pas quitté. Au bout de 5 minutes nous sommes arrivés dans un petit village et ils nous ont conduit jusqu’au réparateur de vélo. En 10 minutes, le tour était joué. On a fait beaucoup rire les indiens présents en prenant une photo de l'événement. Ils ne devaient pas comprendre l'intérêt d'un tel cliché et on n'avait pas le vocabulaire en Hindi pour leur expliquer qu’on veut se souvenir des personnes qui ont rendu notre voyage plus doux. On était tellement heureux et touchés par leur aide qu’on était prêts à donner 50 Roupies pour remercier. Le réparateur nous a regardé avec des yeux de merlan frit et nous a dit "no no! This, better" en pointant du doigt un billet de 10 (= 7 francs belges) dans le portefeuille de Philippe encore ouvert. Après avoir tenté de leur faire comprendre à quel point nous leurs étions reconnaissants, nous allions repartir quand le réparateur nous interpelle pour nous rendre la monnaie (5 Rps)!! On n’en revenait pas! En plus on a du insister pour qu’il la garde ! L'inde est décidément un pays surprenant!

C'est à Bundi que nous avons rencontré Marie-Soleil (Quebecoise) et Philomena (Francaise). Deux jeunes femmes avec lesquelles nous avons passe des soirées extras ponctuées de rires, de compassion, et d'échanges riches. Partager nos expériences respectives de l'Inde m a fait un bien fou: Philippe ne comprenant pas toujours mes coups d'éclats, mes paranos, mes crises d'angoisses, je finissais par croire que je n'étais pas normal. Je me suis demandée si je ne faisais pas une dépression. Hors, Marie-So et Philo ont aussi vécu des moments difficiles et ont eut des réactions comparables aux miennes malgré le fait qu'elle aiment l'Inde. Donc, tout va bien.
L'itinéraire de Philo ressemble au notre et nous décidons de continuer le voyage ensemble direction Orcha (vivement recommandé par Marie-So qui, malheureusement, continue son voyage dans une autre direction)

Le meilleur et le pire

Périple en train

Comment vous expliquer le stress de ce voyage entre Ujjain et Bundi... Imaginez-vous dans une ville dans laquelle vous ne vous sentez pas en sécurité. Peut être étais- je parano mais il m'est arrivé d'avoir l'impression qu’au moindre faux mouvement nous pouvions provoquer une émeute tant nous étions l'objet de regards noirs ou de railleries méchantes.

A la gare, nous ne sommes pas parvenus à obtenir les informations précises quant à notre trajet en train. Nous ne savons ni à quelle heure il part (les avis divergent entre 10.30, 11.30 ou 13.30), ni de quel quai, ni combien de temps il met pour arriver à la gare de transit dont nous ne sommes mêmes pas surs du nom (nous ne trouvons aucune information au sujet de cette ville dans le guide). Bref, l'horreur. Il faut pourtant à tout prix qu’on quitte cet endroit!

Quand le bon train est enfin arrivé (10h20), on s'est rendu compte que la 2eme classe que nous avions réservée équivaut à la classe cochon: ce ne sont pas tant les sièges en bois qui nous gênaient, c'est le monde qui parvient à s'entasser dans ces wagons équipés de barreaux aux fenêtres (pour éviter que la pression n'en expulse l'un ou l'autre par la fenêtre, je suppose).

Sérieusement, il y avait tant de gens que certains préfèrent s'allonger sur les portes bagages au dessus de nos têtes plutôt que d’affronter la foule. A côté de cela je craignais d avoir à nouveau affaire à des mains baladeuses. Heureusement, sur les 2 heures qu’ont durées le trajet, il n'en fut rien. A Nagda nous devions changer de train pour Kota. Le stress m'empêche toujours d'avaler quoi que ce soit.

Le voyage entre ces deux villes étant plus long, nous avons demandé au contrôleur le changement de notre ticket en 1ere classe. Nous avons pu bénéficier de couchettes pendant les 2/3 de notre voyage, jusqu’à ce que nous arrivions à une gare où il y a clairement trop de monde pour la capacité du train. Des dizaines et des dizaines d'indiens ont alors envahi la première classe. Nous avons cédé une de nos 2 couchettes mais ça ne suffisait pas: certains voulaient s'asseoir avec nous alors que nous étions déjà entassés sur notre couchette avec nos sacs à dos. Philippe à du montrer les dents pour défendre notre espace et ça nous a valu des moqueries tout le reste du trajet.

Kota, il est 19h... il nous faut encore prendre un rickshaw et un bus pour arriver à destination. Je suis toujours très tendue mais quand, arrivés à la gare routière, j'ai entendu les rabatteurs de bus crier "Bundi, Bundi, Bundi... j'ai poussé un OUF de soulagement si profond que j'en ai pleuré. Dans une heure ce calvaire serait fini.

Halucinations électriques

Les installations électriques en inde sont tout simplement hallucinantes et les indiens inconscients!

Tout d'abords, le nombre d'interrupteur pour une seule pièce: parfois il y a jusque 7 interrupteurs sur une seule plaque alors au il y a encore 2 autres plaques avec 3 ou 4 interrupteurs à d'autres endroits dans la pièce et la plupart sont inutiles! Evidemment, ils font comme les anglais, il y a d office un interrupteur à côté de chaque prises. Puis une ou deux lampes au plafond, le ventilateur, le chauffe eau quand on a la chance d'en avoir un, et après ??? Le plus inquiétant c est la plaque d'interrupteurs de la salle de bain, toujours bien placée près de la douche!

La plus part du temps, pour brancher une lampe ou un appareil électrique, ils dénudent simplement les extrémités des fils et les glissent dans les prises murales. Cela rend inutile le fait que ces prises murales supportent les différents formats de prises (indienne, européenne, anglaise et américaine) sans avoir besoin d'un adaptateur.

C'est à Delhi que nous avons eu les plus grosses visons d'horreurs électriques, de quoi nous permettre d'apprécier pleinement les trottoirs de bruxelles si souvent ouverts pour le placement de nouveaux câbles ou de fibres optiques. Les poteaux sont surchargés de câbles électriques et téléphoniques à tel point que ceux-ci croulent parfois sous le poids. Les fils téléphoniques traversent les rues par le chemin le plus court et sont attachés n'importe comment ou simplement posés sur les poteaux et les façades. Il n'est pas possible de prendre la photo d'une façade ou d'un monument sans avoir comme une énorme toile d'araignée devant.

En campagne, les plus démunis accrochent directement sur les câbles du réseau de distribution, les extrémités de deux câbles électriques dénudées et pliée en forme de crochet. Quand ils ont besoin d'allonges, ils torsadent deux câbles sans mettre de toile isolante par dessus et posent ça à même le sol.


De même, l'éclairage public se contente souvent d'une simple ampoule dans un soquet dont les deux fils sont torsadés sur les câbles du réseau de distribution. Je suppose qu'ils attendent la coupure générale quotidienne pour faire ce genre de branchement.

Parlons en des coupures justement; chaque ville a son horaire de coupure (faut parfois prier pour ne pas en avoir le matin afin de pouvoir profiter d'une douche chaude). j'ai d'abords pensé que les centrales électriques indiennes ne permettaient pas d'alimenter tout le pays en même temps et qu'il fallait effectuer ces coupures en alternance afin de permettre à tout le monde d'en profiter mais il semblerait que se soit pour des raisons écologiques. c'est raté! dès que l'électricité est coupée, le concert des générateurs en fa diesel commence!

lundi 18 février 2008

Ujain

Après Mandu, nous avons eu la pire idée du voyage: nous rendre à Ujjain. Le voyage avait déjà mal commencé étant donné que j'étais assise entre Philippe et un indien qui tentait par tous les moyens de me toucher en mettant ça sur le dos du monde qu’il y avait dans le bus. Les pieds croisés, il me caressait les jambes (difficile de dire s'il essayait de se détendre les orteils ou s'il y avait réellement une intention de contact). Je n'ai réellement compris que c’était un « vicelard » que quand j'ai senti ses doigts tendus, cachés par ses bras croisés, sur mes côtes. Malgré mon regard mauvais et le "You STOP this" ferme de Philippe, il est allé jusqu’ à me toucher la poitrine en descendant du bus. Là, folle de rage, je l'ai rattrapé, engueulé et il rigolait bêtement avec ses copains faisant mine de ne pas comprendre. J'ai fini par tourner les talons, consciente que faire un scandale pouvait mal se finir: je ne suis pas chez moi ici...

On a eu un mal fou à trouver un hôtel: les prix du premier avaient doublé par rapport à ce qu’annonçait le lonely, le second sentait l'urine et était trop cher pour ce que c'était (le proprio s'est d ailleurs vexé à cette réflexion), et nous avons trouve le 3eme au bout de 2 km de marche avec nos sacs. C'est bien parce que nous n'avions aucune autre option que nous avons pris une chambre là: c'est le pire hôtel que j'ai jamais fait: le lit, dur et minuscule avait des draps déjà utilisés, des gens avaient craché sur les murs (*voir explication ci-dessous), le vinyle était déchiré par endroit, la chambre était peuplée de moustiques et, à en juger par la poussière qui y traînait, avait rarement été nettoyée. Dans la salle de bain, c'était presque pire: le fond des toilettes était noir de selles, la planche ne tenait pas en place, la baignoire n'avait plus de pommeau de douche et était brunie dans le fond, des touffes de cheveux traînaient partout et obstruaient les évacuations d'eau... et pour couronner le tout, la ville entière était à l'image de cet hôtel! Jamais les gens ne nous ont regardé avec autant d'insistance, de sourires moqueurs (même les enfants), jamais je n'avais vu tant de doigts pointés dans ma direction, tant de sourcils froncés. Cette ville était bruyante, sale, en ruine, même... A fuir!! Et pourtant c'est une ville sainte au même titre que Varanasi!

Moi j'étais pétrifiée, je ne voulais plus sortir de la chambre. Même manger, je n'ai pas pu... J'ai cru devenir folle. Il fallait partir d ici! Et on a sué pour y parvenir (je vous épargne les détails de nos pérégrinations pour obtenir les tickets de train). Nous avons, avant de prendre le train, eu le temps d aller voir le célèbre temple de Ujjain. Moi, trop mal, j'ai choisi de laisser Philippe y aller seul et de l'attendre à l'entrée du temple ou je suis devenue l'attraction du coin: les gens se plantaient devant moi en me regardant fixement les bras croises, certains ont insiste pour me prendre en photo. Au retour de Philippe, nous avons eu la chance de faire la connaissance des lépreux assis à terre juste à côté. Ils nous tendaient la paume de leurs mains (les doigts leur en étaient tombés) espérant quelques roupies. J'ai honte d'avouer que j'ai eu peur et que je me suis enfuie.

* Il faut savoir qu'à part déplacer la poussière (Les indiens passent leur temps à balayer et mettre la poussière chez le voisin. Comme le voisin fait de même,on tourne en rond), le sport national est le lancer de crachat (en raclant de préférence les glaires du fond de la gorge). Bon nombre d'entre eux mâchent une sorte de poudre de noix de Betel mélangé à du sucre et des épices, ce qui donne à leur salive une teinte rougeâtre et donne l'impression qu'ils saignent des gencives. Il crachent ensuite le trop plein de salive au sol, au mur, sans se préoccuper de l'endroit où ils se trouvent (dans la rue, un musée, un train en marche, chambre d'hôtel...)

dimanche 17 février 2008

Mandu

Nous avons quitté Udaipur en prenant un bus de nuit le 13 février. C'est un bus couchette: Top confort! du moins c'est ce qu’on croyait jusqu’à ce que le bus emprunte des routes parsemées de nids de poules. D'ailleurs, je voudrais m'adresser à tous ceux qui se plaignent de l'état des routes bruxelloises: Venez faire un tour en Inde, ça remet les idées en place! J’avais le souvenir que les routes indiennes étaient difficiles mais j'ai eu besoin d un petit rappel parce que si je m'en étais souvenu avec exactitude, nous n'aurions jamais pris le bus de nuit! C'est bien simple; mon corps n'a pas cessé de faire des bonds sur ce matelas en velours. Je sentais l'eau que j’avais bue claquer contre les parois de mon estomac et cette sensation me donnait la nausée mais pas autant que le coussin, à l'odeur de beurre rance, couvert d'une croûte mêlant les poils du velours au sébum des précédents voyageurs. Ah! Je vous le dis! VIVE LES SACS A VIANDE: ils nous ont servi tous les jours!

Phil, quant à lui, m'a épatée parce que malgré le « ciroco » dans lequel nous semblions être, il est parvenu, armé de sa lampe frontale tel un spéléologue, à lire son roman une bonne partie du trajet. Comment fait-il pour ne pas être malade???

Inutile de dire que tout couchés que nous étions, nous n'avons pas pour autant dormi sauf à la fin du trajet. Si bien que quand nous nous sommes réveillés, le bus était arrêté au bord d'un rond point et avait été déserté: bagages, voyageurs et chauffeurs avaient DISPARU. Nous n'étions même pas surs d êtres dans la bonne ville. Autant dire qu’on était surpris de ne pas avoir été réveillés.

Bref, nous sommes arrivés, au terme de plusieurs changements de bus locaux, à Mandu : un petit village perdu dans la campagne indienne. Voilà qui nous change des grandes villes et autres sites hyper touristiques. ici, il y a 3 'restaurants' et autant d hôtels.

Celui que nous avons choisi est un peu cher mais nous offre une vue imprenable sur la vallée et les gorges.

Mandu offre de jolies ruines et de belles balades mais plus que ça : nous sommes heureux d'avoir découvert les gens et la vie de la campagne. Bien sur, ici, communiquer avec les locaux est beaucoup plus difficile : rares sont ceux qui "parlent" anglais... d'ailleurs, c'est comique: la plupart des gens nous disent "Bye-Bye" en guise de "Bonjour, Bienvenue" je dois dire que de prime abord, c'est surprenant d'entendre un mot utilisé pour son contraire.

La plupart des maisons sont faites de paille, bois, boue et bouse de vache et se composent d'une seule pièce. Les fenêtres, quand il y en a, sont toutes petites et les familles entières vivent sous le même toit que leurs animaux.

En nous perdant dans les sentiers, nous sommes tombés nez à nez avec un fabuleux et paisible paysage de gorges accidentées et brûlées par le soleil. C'était de toute beauté. Nous sommes restés accroupis un bon moment jusqu’à ce que nous entendions un enfant crier puis chanter vers la vallée pour faire retentir son écho. Touchant moment.

Nous avons aussi loué des vélos pour parcourir les sites un peu plus éloignés de Mandu. Nous avons été surpris de réaliser que bon nombre d enfants voire même de femmes tiennent à être pris en photo sans pour autant réclamer des sous par après. Ils étaient heureux comme tout d'avoir l'occasion de voir le résultat directement sur le petit écran de l'appareil numérique.

vendredi 15 février 2008

Ranakpur - Kumbarlgarh

Merci à tous ceux qui sont déjà venu nous faire un petit coucou ici. Nous espérons avoir encore d'autres commentaires...

Samedi nous avions donc pris une voiture avec chauffeur pour visiter le fort de Kumbalgarh et le temple jain de Ranakpur. Deux magnifiques monuments en parfait état (ce qui est plutôt rare). Du sommet du fort, on a une vue à 360 degrés et qui porte à des kilomètres. On se sent tout petit tout d'un coup...

Sur la route entre les deux endroits, nous avons traverse des petits villages de paysans, des rizières et des champs de canne à sucre. De superbes décors et des images qui nous ont marquées.


Un paysan qui laboure son champ avec un boeuf et une charrue, les passants qui portent tout et n'importe quoi sur leur tête (foin, poteries, vélo, et j'en passe). Sur la photo de droite, un paysan guide 2 boeufs qui actionnent un moulin pour remonter de l'eau dans la rizière. Des pots en terre cuite sont fixes sur l'extrémité de la roue.
A Ranakpur, le temple nous a époustoufle par sa grandeur et sa sérénité, son nombre impressionnant de piliers sculptes avec une grande précision et la blancheur du marbre.

jeudi 14 février 2008

Udaipur



Udaipur… La ville la plus romantique d'Inde, nous en sommes tombés amoureux.

Nous avons trouvé une charmante guest-house avec une jolie terrasse sur le toit permettant d'avoir une vue splendide sur le lac et le city palace.
Nous y étions si bien que nous y sommes resté 6 jours. Soit le double du temps nécessaire pour faire le tour d'Udaipur.

Par contre, nous n’avons pas chaumé: le premier jour avons pris le temps de nous perdre dans les petites rues d'Udaipur, là où les touristes vont peu et nous avons pu observer toute une série de métiers d'artisans: les joailliers, les fabricants de pots en cuivre, les pâtissiers, couturiers, imprimeurs, les fabricants de matelas, de meubles. C’est incroyable, Il semble que tout se fasse à la main en Inde. Et s'ils n'ont pas la chance d avoir une petite échoppe, ils s'installent dans les escaliers qui mènent à leur appartement ou sur le trottoir. Nous avons vu des hommes repasser du linge à même la pierre avec un fer comme ont du les connaître nos grand mères.

Oh! Ca me fait penser que je ne vous ai pas parlé du dentiste que nous avons croisé à Jaipur; il avait installé, sur le bord d'une route assez fréquentée, un drap, à même le sol, sur lequel il avait soigneusement disposé pinces, dentiers (c'est grâce aux dentiers qu’on a su que c était un dentiste, d'ailleurs), coton, fioles de désinfectant et, c'est à espérer, de l'anesthésiant… Je n'en revenais pas! On pouvait se faire arracher une dent comme ça, entre 2 pare-chocs, dans la poussière et les pots d'échappement. Ca me fait penser que je ne suis pas allée chez le dentiste avant de partir… j'aurais du…

Le jour suivant on a pris un taxi pour nous rendre a 100 km d'Udaipur (soit 3h de route, quand même): Nous avons visité Kumbarlgarh, une magnifique forteresse d'architecture Musulmane, et, à Ranakpur, c est un temple Jain de toute beauté que nous avons parcouru.

Un autre jour nous avons décidé de ne plus subir le trafic, mais d'en faire partie. Nous avons loué des vélos… (Rudimentaires, cela va sans dire, mais très efficaces). He bé, si à la fin de la journée, j'étais plutôt fière de notre exploit, je dois aussi dire que ça nous a permis de démystifier le monstre: on s'en est super bien sortis malgré quelques « on ne va jamais y arriver », ou « tiens, vaut mieux que je roule les yeux fermés, ça passera peut être mieux » à l'approche de ronds points ou de carrefours et quelques ‘IIIHHAAAH’ de victoire et de soulagement une fois le passage difficile passé. Constat; nous n'avons tué personne, Philippe et moi étions en un seul morceau. Si je gratte un peu je dirais juste que la seule personne que j'ai failli faire tomber est Philippe et que la selle, peu confortable, a traumatisé notre postérieur.

Ah, et encore une chose; si un touriste qui se promène fait déjà sourire les indiens, un touriste à vélo, c'est, semble t-il, à MOURIR DE RIRE. Ces gens sont vraiment bizarres…

Je dois dire qu’au bout de 2 semaines, on parvient à dompter le harcèlement ou en tout cas à adopter un comportement qui nous permet de nous protéger sans pour autant être grossier. Par contre il y a une chose à laquelle je ne me fais pas encore, c'est le regard pesant des indiens.
Oh, je ne parle pas des regards accompagnés d'un sourire gentil et d'un "hello" mais de ceux qui défigurent, déshabillent, des regards intrigués, curieux, moqueurs, effrayés, dénigrants, émerveillés, provocants, admiratifs, pervers… J'ai souvent le sentiment d'être une bête de foire et c'est fatiguant. Pourquoi, ici, un touriste passe moins inaperçu qu’une vache au milieu de la route ?! J'ai bien essayé de leur rendre leur regard (surtout quand il exprime quelque chose de négatif) mais cela ne sert à rien si ce n'est à exciter mon agressivité et puis le résultat est le même; c'est quand même moi qui finit par détourner la tête. Il semble que la meilleure chose à faire soit de les ignorer ou de faire une grimace comique. Parfois aussi ils se jettent sur nous pour nous serrer la main puis continuer leur route. Ou alors ils m arrêtent et me demandent s’ils peuvent me prendre en photo avec leur famille (Allez savoir pourquoi ils n'ont jamais demandé à Philippe de se joindre sur la photo). Décidément ils sont fous ces Indiens.

Bon, revenons à nos moutons: Udaipur est aussi la ville ou fut filmé, en 1983 le film "Octopussy" (James Bond) et les indiens en sont extrêmement fiers. Si bien que ce film est toujours à l affiche dans bon nombre de restaurants. Et oui: Ils se farcissent Octopussy tous les soirs à 8h depuis 25 ans. Voila qui permet peut être de mieux comprendre certains regards abrutis ;-)

mercredi 13 février 2008

Faune citadine

J'ai enfin compris comment faire la mise en page correctement avec des petites photos et du texte à côté. Désole pour le retard dans nos derniers exploits, nous allons essayer de rattraper tout ça. Voici un descriptif des animaux surprenant qu'on rencontre dans les villes. Outre les pigeons et les rats qui sont aussi courants qu'en europe nous avons pu voir:


Ecureuils gris:
Aussi surprenant que cela puisse paraître, on en voit partout et ils ne sont vraiment pas farouches. Ils sont trop mignons quand ils grignotent ce qu'ils tiennent avec leurs petites pattes avant.

Vaches:
Elles font partie du trafic, se mêlent entre les véhicules comme si de rien n'était. Accessoirement elles font aussi du nettoyage. elles mangent papiers, plastiques, cartons, ... Les bouses de vaches séchées au soleil peuvent servir pour faire du feu.

chiens errants:
Ils sont partout et aboient toute la nuit. C'est insupportable. On voit parfois des altercations entre chiens, c'est plutôt violent et les blessures sont impressionnantes. Mais déjà sans leur blessures ils paraissent en piteux état à cause de la gale ou autre. Et pourtant, on aimerait parfois caresser des petits chiots tellement ils sont mignons...

cochons:
Plus discrets qu'une vache mais ça fait la même chose et on ne peut pas en manger non plus...

chèvres:
A quoi ça sert ça?


Singes:
Ceux à face noire ne sont pas méchants. On peut leur donner à manger de la main. Ce matin encore nous avons eu droit à un petit spectacle improvisé. Une petite bande de singe prenaient le soleil devant la terrasse de l'hôtel. Certains se cherchaient les poux, d'autres prenaient des positions dignes du kamasutra (dont nous avons pu réviser récement quelques passages sur les murs du temple Jain). Deux jeunes singes nous montraient quelques prises de judo nécessitant une souplesse qui rendrait fred J. jaloux. Et il y avait aussi deux tout petit qui manquaient encore d'agilité, leurs gestes étaient incertains et manquaient de précision.

Ceux à face rouge sont plus agressifs, on en avait rencontré à Jaipour au temple du soleil. Ils se battent entre eux quand on leur jette quelques cacahuètes quand ils n'essayent pas de nous les arracher des mains... les locaux prenaient une pierre en main quand ils devaient passer par ce chemin, au cas ou...

Anes:
Guides par une femme, un petit troupeau traversait régulièrement Udaipur. ils étaient chargés de terres et de gravats.
Sinon, on en voit souvent qui tirent une petite charrette fortement chargée.

Chevaux:
et même de très beaux. ils n'ont pas l'air du tout effrayés dans cette circulation de fou.

Chameau:
plus rares, mais ça arrive en silence. Ca surprend quand c'est très proche et qu'on ne l'a pas vu arriver...

Eléphant:
Ou piège a touriste, c'est pareil. ils sont malheureusement souvent mal traités. A Amber, une file de 2h était nécessaire si on voulait monter au fort sur dos d'éléphant. Sinon c est très rare d'en rencontrer en ville.

petitindiendessitestouristiques:
Cette race particulière ne se rencontre que dans les environs des sites historiques. facilement différentiable des indiens normaux par leurs cris: "whatyourname" suivi du "wichcountry" et du traditionnel "tenroupil". Si vous vous promenez dans ces contrées, vous en verrez un à peu près toutes les deux minutes. il faudra vous armer de patience pour les ignorer surtout si ils commencent à vous suivre...

dimanche 10 février 2008

Premieres impressions de Laetitia

Ayant déjà « affronté » l'Inde, j'ai cru que j’étais blindée, j'ai cru que je pourrais gérer la pauvreté, la souffrance, la crasse, la mort que l’Inde nous montre impudiquement au quotidien. J'ai cru aussi que le harcèlement dont tout touriste est victime ne m'atteindrait pas. J'ai cru... je me suis lourdement trompée et la violence de la claque que j'ai prise en pleine figure n’en fut que plus grande!

Je me vois encore parcourant les photos de ce voyage que j'avais fait il y a 8 ans, ne ressentant rien d autre qu’une forme de nostalgie. Je ne voyais, à ce moment là, aucun inconvénient à réitérer l'expérience. Sans doute parce que cela faisait partie d'une réalité passée. Il en fut tout autrement à la seconde ou, à Zurich, j'ai mis le pied sur le vol qui nous emmenait à Delhi : cette réalité est soudainement redevenue présente et mes angoisses ont commencé. Mon Dieu! Quelle idée avais je eue de vouloir retourner la bas???

Dans l'avion, l'heure approche... le capitaine vient de nous informer que nous allons atterrir dans 10 minutes et que les toilettes sont maintenant inaccessibles. Zut! Je devais justement y aller. Bon... pour 10 minutes, ça attendra. Sauf que les 10 minutes se sont transformées en 30 et qu’à la sortie de l avion, les seuls WC accessibles se trouvent dans la zone de transit ou l'on m interdit l'accès malgré le fait que je commence à virer au violet tellement je dois y aller... il a fallu encore attendre de passer la douane et quand j'ai vu la file, j'ai failli tourner de l'oeil. Philippe, impuissant, me supportait en m'encourageant à faire la respiration de femme enceinte... :-#. BREF, quand nous avons enfin récupéré nos sacs, je me suis jetée sur ce qui semblait être une magnifique toilette tartinée de mer... et de poussière (toilette manifestement hors d'usage et en travaux puisqu’il n'y avait ni chasse ni seau d'eau).

Déjà, dans l'aéroport, l'odeur caractéristique de l'Inde se fait sentir (mélange d'encens, d'épices, d'urine, de crasse...). WELCOME BACK! Nous avons partagé le taxi (qui nous a fait goûter aux joies du trafic indien) avec Moon, une espagnole un peu hippie qui se rendait aussi dans le Pahaganj (quartier glauque mais animé près de la gare de New Delhi) et malgré l'heure tardive, (il devait bien être 1h du matin), nous avons trouvé une auberge sans trop de mal. Je suis, malgré cela, restée transie d'angoisses jusqu’à ce que nous quittions Delhi. Heureusement que Philippe gardait son calme. Il m'a beaucoup aidée à retrouver la sérénité.

Début du voyage : Ici comme en Angleterre, les gens roulent à gauche, mais, en Inde, connaître cette information n'a aucune importance ! Quelle que soit la densité du trafic, les gens dépassent sur la bande d'en face, se poussent pare-chocs contre pare-chocs, roulent à contre sens et dans ce cas de figure vont jusqu’a klaxonner pour que tu te « bouges de là » et le laisse passer, le tout dans un brouhaha cacophonique de klaxons en tout genre. Ils vont même jusqu’à s encourager à être un terroriste sonore en indiquant a l arrière de leur véhicule des slogans du genre « Please Horn » ou « Use beeper ». Certains, plus prudents, inscrivent des conseils inutiles tels que « Keep your distance ».

Sur la route, un véritable zoo : Voitures, pousses-pousses, rickshaws à moteur, cela va sans dire mais chameaux et éléphants c est déjà plus surprenant. Vélos, camions, charrettes chargées à outrance, vaches, chiens errants, porcs, piétons... tout ce petit monde se croise, se bouscule, se coupe la route. Ceci dit, malgré un bon nombre de sursauts, de crispations provoquées par la vue d'un accident imminent, je n'ai jamais vu d'accrochage. Ces gens sauraient ils ce qu’ils font ?

Le point de vue de piétons :
Que fait un piéton sur la route, me direz-vous ?! Et bien c est qu’il n'a pas le choix parce que quand le trottoir n'est pas envahi par les marchands, il est inexistant, effondré, ou jonché d ordures ou remplacé par un égout à ciel ouvert (dont les indiens – hommes, femmes ou enfants - se servent volontiers de WC public – n'en déplaise aux passants). Nous sommes donc contraints d'affronter le trafic et surtout les 1001 rickshaw men dont la vie semble dépendre de la course qu’on pourrait leur payer tant ils sont harcelants. Et le pire c est qu’ils se succèdent à quelques secondes d'intervalle. J'ai le sentiment d'être ce chien en plastique que l'on place à l arrière des voiture et qui hoche la tête en permanence. A la différence près que je fais non non non non non non non nonononononononononojnojjdnonononno DJUJUUU !!!

Si l'on voit, en Inde, beaucoup de pauvreté, de souffrance, d'horreurs (des images dures qui m'arrachent des larmes de révolte, d'impuissance, de honte aussi), on y voit également beaucoup de splendeurs et de richesses : Le Fort Rouge de Delhi en est un pâle exemple. A Jaipur, nous avons vu le City Palace, l'observatoire qui fut construit au 18eme siècle et qui étourdit par la complexité et la précision de ses instruments de mesure pour déterminer l'heure les horoscopes, l'amplitude des astres...), Tiger Fort, tous des monument superbes mais eux même moins beaux et moins impressionnants que le Fort d'Amber qui nous a coupé le souffle par sa taille , son dédale de couloirs, et sa luxueuse décoration encore +/- préservée.

Quels hommes devaient être ces Maharadjas... Quelle vie devaient avoir ses épouses et concubines ? Toute cette richesse, ce luxe me dépasse un peu. J'ai du mal à me rendre compte...
A noter : le passage secret qui menait du City palace au Palais des Vents permettait aux femmes des maharajas de traverser une partie de la ville sans être vues par la population. Du palais des vents (conçu pour permettre une aération rafraîchissante des lieux), elles pouvaient voir, cachées derrière de minuscules fenêtres, les défilés organisés lors des festivals.

Si je peux vous raconter tout cela c est grâce à Yogik. Il est guide et c'est le premier, depuis notre arrivée en Inde à s'adresser à nous ‘normalement’ (sans essayer de nous pousser à la consommation). Cela nous a tellement surpris que nous lui avons demandé de nous faire visiter le palais des vents. A la fin de la visite, il a patiemment répondu à toutes nos questions et voyant qu’énormément de sujets nous intriguaient sur l'Inde (religion, politique, système de caste, …) il nous a proposé de le rejoindre à la sortie de son travail pour que nous continuions cette conversation autour d'un Chai (thé Indien). C'est ainsi qu’en fin d après midi nous nous sommes retrouvés au bout d'une petite ruelle, dans une charmante cours à l'ombre d un arbre centenaire peuplé de singes et que nous nous sommes assis sur les quelques marches qui mènent à un temple indou.

Nous avons discuté, partagé, plaisanté pendant 2 heures et de fil en aiguille, quelques amis de Yogik se sont joints à nous. Chacun d'eux était d'une caste différente et nous n’avons quasiment pas senti de différence. Ils étaient tous cultivés et parlaient plusieurs langues. Ce fut un cadeau d'enfin avoir un échange riche avec un peuple que nous avions du mal à comprendre à bien des niveaux. Un pur moment de bonheur. Je pensais avoir eu mon lot de surprise pour la journée, j étais loin du compte: Yogik nous a invités pour le thé et peu avant de nous quitter nous a demandé d'être présents à l'occasion du mariage de son frère le 22 février. Je n'en croyais pas mes oreilles! Il nous faisait l'honneur de nous donner cette chance. Chance que jamais je n'aurais cru avoir un jour. Evidemment, revenir à Jaipur ébranle tout à fait nos projets mais Philippe et moi considérons néanmoins sérieusement ce changement de programme.

A notre retour à l'hôtel, Philippe souhaitait vérifier les possibilités de vols pour être présent à ce mariage. A la réception, Philippe remarque un couple avec un laptop et entreprend de leur demander la permission de l'utiliser. Le hasard à voulu qu’ils soient liégeois et qu’ils soient au terme d’un voyage autour du monde d'un an. Inutile de dire que nous avons eu bien des choses à partager. Ils quittaient Jaipur le soir même mais nous espérons les recroiser une dernière fois à Udaipur.

De Jaipur à Puskar :
Nous avons compensé le confort du train de Jaipur à Ajmer par un bus tape-cul pour atteindre Puskar.
Une fois arrivés, le mot d'ordre pour l'hôtel était ‘CALME’. Après avoir passé 4 jours dans une cacophonie incessante, réveillés chaque matin à 6h00 par les chants de prières musulmanes émanant de mauvais parlophones, nous voulions nous reposer. Nous avons trouvé une petite auberge familiale un peu reculée. Nous y avons trouvé une vraie ménagerie: 2 chèvres, un chien, (qui, c'est exceptionnel, est leur animal domestique. Ici, la plupart des chiens sont errants et vivent en bandes, ce qui donne parfois lieu à d'horribles bagarres), un chat et toute la famille indienne. Nous avons été accueillis avec un large sourire et si la chambre n'est pas vraiment propre ni lumineuse, leur gentillesse nous a convaincu de rester les 3 jours que nous avons passés à Pushkar.

Sinon, qu’a t'on fait à Pushkar? Ce qu’on y fait le mieux; flâner dans les petites rues marchandes et autour du lac sacré. Nous avons croisé quelques paons, perroquets, martin pécheurs. Nous nous sommes aussi fait surprendre par un chameau (ces bébêtes, on dirait qu’elles ont des pantoufles : que ça court ou que ça marche, on ne les entend pas arriver et l'un d eux a failli renverser Philippe :-). Bref, ici je suis enfin parvenue à baisser un peu la garde, et ça m'a fait un bien fou.

Malheureusement, tout le bénéfice de Pushkar est parti en fumée à Johdur. Lors de mon premier voyage, j'avais gardé un fabuleux souvenir de cette ville. Il semble que cette fois ci, le quartier que nous avons choisi était plus stressant ou alors seraient-ce les images dures que j'y ai vues? (j'ai tant de mal à supporter la souffrance des gens ou des animaux). Quoi qu’il en soit, Je m'y suis sentie si mal que j'en arrivais à considérer chaque heure passée ici comme une petite victoire. Philippe a de nouveau fait preuve de beaucoup de patience et je suis décidément impressionnée par son calme.

Ca allait mieux le lendemain et nous sommes partis pour une belle journée de visite. Johdpur, la ville bleue, est, c'est sur, une jolie ville mais nous faisons le choix de ne pas nous y attarder et réservons un bus pour le jour suivant.
Cette fois ci, le bus est un bus de Luxe. Philippe et moi avons une couchette! Ce voyage eut été parfait si ce bus n était pas doté d'une !#*$!& #*$##- !! de klaxon. Sans déconner, les boules quies n’ont pas quitté le fond de mes oreilles durant tout le voyage (qui a bien duré 7h) !
Anecdote qui n'a rien à voir: Phil et moi avons acheté, avant de partir, un super- méga-essuie de bain qui peut absorber jusqu’à 9 fois son poids en eau (c'était marqué sur l'emballage) et qui prend 3 fois rien comme place. L'inconvénient c'est que le temps qu’on gagne à ne pas devoir caser et pousser une grosse serviette dans un sac bourré à craquer, on le perd à chercher ce super méga essuie de bain. En effet, il est si compact (7/5 cm) qu’il peut se cacher entre 2 boites de médicaments! Et, croyez le ou pas il adore jouer à cache cache.

Oh, encore une chose: contre toute attente, il fait froid ici. Si froid que nous avons quasi la totalité de nos vêtements sur le dos. L avantage est bien entendu que notre sac est plus léger ;-). Mais malgré nos précautions, j'ai choppé un rhume et, le comble, c'est que j ai tous les médicaments du monde dans mon sac sauf de quoi calmer la toux ou déboucher le nez.
Voila pour notre premier mail. Si vous ne vous êtes pas endormis, j'espère tout au moins qu’il vous aura fait sourire.

Si vous avez une minute pour nos donner quelques nouvelles, nous en serions heureux.
Avec toute notre affection,

Philippe et Laetitia