On prend le premier hôtel venu et... quel hôtel! 500 Rs : l'équivalant de 10 euros (sachant que c'est le double de ce que nous payons en moyenne pour une chambre). On a presque eu droit à une suite! Salle de bain en marbre, eau chaude, draps propres, couvertures en suffisance (ce qui n'a pas toujours été le cas), jolie décoration... On était super top méga ravis.
Au joli palais de Bundi nous avons visité des salles couvertes de peintures murales encore en très bon état et puis nous sommes montés jusqu’au fort armés, toutefois, de pierres et de bâtons, sachant que ces ruines sont habitées par des singes prétendument agressifs. Nous n’avons pas eu à les affronter mais nous ne nous y sommes pas frottés non plus.
Comme à notre habitude, nous avons loué des vélos pour découvrir les environs. Ce jour là, nous avons vécu le pire et le meilleur de l’Inde: Arrêtés par des jeunes sur la route, ils voulaient nous vendre je ne sais quoi. L’un d'eux tenait le guidon de Philippe et il nous empêchait de partir. Malgré son agressivité visible, j'essayais de rester polie pour éviter tout problème mais en dépit de mes précautions il m'a, sans gêne aucune et sous les yeux de Philippe mis la main sur la poitrine. J ai lâché mon vélo et ai essayé de l'agripper mais ne suis parvenue qu’à m’arracher les ongles sur son t-shirt. En soit ce n'était pas grave mais ce manque de respect à notre égard m’allait loin. Une fois de plus ils étaient trop nombreux pour qu’on puisse faire quoi que ce soit.

J étais en colère mais nous continuons néanmoins notre balade. Au moment précis où nous décidons de faire demi tour parce qu’il faut rendre les vélos et que nous sommes à 2 heures de Bundi, je réalise que mon pneu avant est plat. J'ai bien tenté de rouler assise sur le porte bagage pour mettre un maximum de poids à l'arrière, mais les "chemins" sont tellement irréguliers que j'y renonce. J'essayais de rester optimiste en me rappelant la devise des indiens "every thing is possible in India" mais je dois avouer qu’étant au milieu de nulle part, je voyais mal comment on allait s'en sortir. Et pourtant... arrive un monsieur d'une 40 aine d’années, il ne parle pas anglais mais comprend notre problème et essaye de nous indiquer quelque chose dans la direction opposée de Bundi. On tente de lui faire comprendre qu’on veut juste rentrer à Bundi, mais il insiste. Arrive alors un 4X4 dont il connaît manifestement les conducteurs. Ensemble ils prennent le vélo, le mettent dans le coffre et me font monter à bord. Philippe, quant à lui, devait pédaler derrière dans la poussière soulevée par notre véhicule (le pauvre !). Encore tendue par l'événement qui avait précédé, mon regard ne l’a pas quitté. Au bout de 5 minutes nous sommes arrivés dans un petit village et ils nous ont conduit jusqu’au réparateur de vélo. En 10 minutes, le tour était joué. On a fait beaucoup rire les indiens présents en prenant une photo de l'événement. Ils ne devaient pas comprendre l'intérêt d'un tel cliché et on n'avait pas le vocabulaire en Hindi pour leur expliquer qu’on veut se souvenir des personnes qui ont rendu notre voyage plus doux. On était tellement heureux et touchés par leur aide qu’on était prêts à donner 50 Roupies pour remercier. Le réparateur nous a regardé avec des yeux de merlan frit et nous a dit "no no! This, better" en pointant du doigt un billet de 10 (= 7 francs belges) dans le portefeuille de Philippe encore ouvert. Après avoir tenté de leur faire comprendre à quel point nous leurs étions reconnaissants, nous allions repartir quand le réparateur nous interpelle pour nous rendre la monnaie (5 Rps)!! On n’en revenait pas! En plus on a du insister pour qu’il la garde ! L'inde est décidément un pays surprenant!

C'est à Bundi que nous avons rencontré Marie-Soleil (Quebecoise) et Philomena (Francaise). Deux jeunes femmes avec lesquelles nous avons passe des soirées extras ponctuées de rires, de compassion, et d'échanges riches. Partager nos expériences respectives de l'Inde m a fait un bien fou: Philippe ne comprenant pas toujours mes coups d'éclats, mes paranos, mes crises d'angoisses, je finissais par croire que je n'étais pas normal. Je me suis demandée si je ne faisais pas une dépression. Hors, Marie-So et Philo ont aussi vécu des moments difficiles et ont eut des réactions comparables aux miennes malgré le fait qu'elle aiment l'Inde. Donc, tout va bien.
L'itinéraire de Philo ressemble au notre et nous décidons de continuer le voyage ensemble direction Orcha (vivement recommandé par Marie-So qui, malheureusement, continue son voyage dans une autre direction)
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