dimanche 9 mars 2008

Inle Lack - Un lac drôlement habité

Le lendemain nous prenions notre vol pour Heho (le lac Inle - Nyaugshwe). Les vols domestiques se font d’une facilité et d’une rapidité déconcertante : check in et security check étaient terminés en 5 minutes. On a juste eu un peu de mal à comprendre ou on devait aller ensuite : tout était écrit et annoncé en Birman… ce qui ne fut, tout compte fait, pas un gros problème étant donné que les Birmans, nous voyant un peu perdus, venaient spontanément nous demander si nous avons besoin d aide.

Sur le vol nous sommes les seuls blancs. Il semble que les manifestations durement réprimes par l’armée aient vraiment effrayé beaucoup de gens et le secteur du tourisme en fait sensiblement les frais.

Une fois arrive dans le petit village Nyaugshwe, on a visite quelques guest house avant de jeter notre dévolu sur une petite pension familiale ou on est très chaleureusement accueillis par Monsieur Jo et son épouse.

Il y a, en Birmanie, un souci de décoration (même dans les petits hôtels et les maisons de village) que je n avais pas rencontre en Inde. Un simple exemple : ils mettent des fleurs partout.

A propos de fleurs, je n en ai pas cru mes yeux quand, cet après-midi là, lors d’une promenade au bord d’une petite rivière, une poignée enfants nous ayant vus passer devant leur maison se sont mis a courir de toute leur force pour nous rattraper. Je craignais qu’ils ne nous réclament des bonbons ou de l’argent. Nous n’avons donc pas ralenti notre pas. Indecourageables, ils continuaient à courir en agitant leurs mains et en criant « Hello » pour saluer.

Une fois arrivés à nous, ils toussaient d’essoufflement à s’étouffer (J’en avais le cœur serré pour ces pauvre petits choux). Ils nous regardaient de leurs regards curieux et amusés quand soudain, de derrière leur dos, ils m’ont chacun tendu, du bout de leurs petits doigts tout potelés, de petites fleurs jaunes. Une fois que je les avais saisies, ils ont fait demi-tour sans rien demander.

C est horrible : j étais profondément touchée par ce geste adorable et je ne savais même pas dire « Merci » en Birman (pas sûre qu’ils aient compris mon « Thank You » teinté d’un accent français). Cinq mètres plus loin, une femme cueillait, avec son mari, des fleurs dans un arbre et, me voyant émue, elle me sourit et me tendit, elle aussi, une petite branche pleine de pétales a l’odeur de Jasmin. Vous allez trouver ca bête, mais j ai presque pleuré. Tant de gentillesse, de générosité, de douceur, c’était trop…

Philippe et moi sommes revenus à cet endroit dans les jours qui suivirent ayant appris « Migalaba » (Bonjour) et surtout « Chezutembare » (Merci). Nous avons à nouveau reçu des fleurs et, en échange nous leurs avons donne quelques fruits, des savons et lingettes que nous avions reçues dans l’avion. Ces fleurs, j en ai fait un petit bouquet que j’ai pose prés d’une statue de Bouddhas parmi d’autres offrandes. Je voulais remercier leur prophète pour toute cette gentillesse.

Le soir, Philippe a choisi un ravissant restaurant ou nous avons mangé de la cuisine européenne réussie (ce qui est plutôt rare). Oh, rien d’exceptionnel en soit, mais pour nous, gaves de riz-curry depuis 6 semaines, un spaghetti bolo avait des aires de luxe. On a même accompagne ce met d’une mauvaise bouteille de vin que j’ai sincèrement trouve délicieuse !


Le lendemain, on a commence par le très animé marché du village ou nous avons acheté des fraises, vu des poissons encore gigotants posés sur des feuilles de bananier à même le sol et rencontré nos premières fourmis rouges grillées (présentées en pyramide dans une bassine). Les Birmans les apprécient mélangées aux cacahouètes, parait-il… Nous aurions certainement encore flane longuement entre les échoppes si le marché n’avait pas été bâché si bas : Philippe finissait par être agacé de devoir avancer a demi-courbé.



Puis, nous sommes partis à la découverte des alentours du Lac Inle à vélo. Pour être honnête, nous n’avons pas vu beaucoup d’eau, mais la vie que cette ballade nous a donné de voir n’en était pas moins fascinante :


Des enfants donnaient le bain à d’énormes buffles. Immergés dans la rivière jusqu'à n’avoir plus que la tête qui dépasse (parfois même en apnée), ils semblaient adorer ca.

Des paysans ramassaient la canne à sucre puis la chargeaient sur des charrettes calmement tirées pars des vaches. Des villageois mettaient le feux aux buissons pour débroussailler (et ce malgré la sécheresse de la région).

Nous sommes rentres exténués et brises par l’état des routes. Ce soir, Monsieur Jo nous a prévenu, pas d’électricité : le gouvernement a décidé que les habitants de Inle Lack auraient droit à de l’électricité un jour sur deux : c’est bien plus lucratif d’exporter l’énergie. Il en prive donc, d’une manière ou d’une autre, la population du pays entier. Dès lors, nous nous sommes éclairés à la bougie ce qui n’était pas pour me déplaire.

Nous avons passés la journée suivante à bord d’un petit bateau pour partir à la rencontre des Intha dits « les Fils du Lac », une minorité ethnique très particulière. Leur histoire remonte au 12eme siècle, lorsqu’y furent déportés les tribus vaincues chargées de coloniser la région du lac. Les terres étant déjà occupées par les Shan, ces déportés ont dû créer leur village sur le lac même.

Malgré les conditions de vies très difficiles, ils sont devenus des agriculteurs, pêcheurs, forgerons, tisserands, joailliers hors paire (des petite entreprises familiales exercent toujours ces métiers de manière artisanale – Photo).

Les Intha ont fait preuve de génie en tirant parti des algues flottantes du lac pour créer des « jardins flottants ». Le procédé est unique au monde : ils découpent des bandes d’algues d’un mètre de large, posent de la terre et de l’engrais par-dessus puis y plantent toute sortes de légumes : du chou, des tomates, des haricots,… Ces petites iles flottantes sont alors arrimées à quelques tiges de bambou fixées au fond de l’eau (le lac n'est pas très profond). Il faut avouer qu’on était assez impressionnés.

On également pu observer leur surprenantes techniques de pêche et leur étrange manière de ramer : Compte tenu de la faible profondeur du lac, les poissons sont facilement repérables. Dés lors, les Intha ont imaginé une sorte de nasse (photo), qu’ils remplissent d’algues et plaquent dans l’eau.

La nasse, une fois peuplée de quelques poissons est remontée à la surface. Cette opération nécessitant plus de 2 mains, les pêcheurs se sont agilement mis à utiliser l’une de leur jambe pour manœuvrer la barque. D’où cette posture tout à fait originale (photo)





Nous avons visités nos premières pagodes et 2 monastères entièrement construits en teck et vieux de plusieurs siècles. Le peuple des Intha le renommés pour sa ferveur religieuse et la région compte notamment près de 70 monastères.

Journee bien remplie que nous avons doucement termine par un couché de soleil sur l’eau.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

la douceur de vie apparente est bien loin de ce que nous vivons ici, quelle sérénité à travers ces enfants qui éclatent de rire en te donnant ce petit bouquet de fleurs jaunes,c'est magnifique.Philippe est superbe sur son vélo et les foumis rouges, heureusement grillées, nous donnent des craquements sous les dents...
bonne route!

Anonyme a dit…
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