mercredi 9 juillet 2008

Equateur 9 juillet

Cette nuit nous avons dépassé l’équateur (une première pour moi !) à bords du bus qui a gagné la palme du plus mauvais trajet de notre voyage.

Ca a commencé il y a trois jours avec la réservation du billet. Nous voulions partir le lendemain mais comme c’est la période de vacance en Indonésie il fut difficile de trouver des places avant plusieurs jours avec la ligne de bus régulière. Nous avons du opter pour un bus soit disant plus rapide et légèrement plus cher. Nous n’avions pas pensé à réserver plus tôt vu que, depuis que nous étions en Indonésie, il n’a jamais été nécessaire de le faire et qu’il avait même été impossible d’obtenir des informations correctes à l’avances sur les horaires.

D’après les informations que nous avions reçues lors de la réservation, le trajet devait durer 11h et nous devions arriver à notre destination vers 23h. Nous nous réjouissions d’arriver avant minuit à notre hôtel… Le jour du départ, le bus, en provenance de Medan, est arrivé avec une heure de retard. Il restait 4 places. Les 2 premières ayant été souillées par un passager souffrant du mal de la route, nous avons préféré nous installer sur les 2 sièges restant sur la banquette au fond du bus. Les dossiers ne pouvaient pas s’incliner et nous étions coincés derrière les barreaux de la rampe des escaliers de la porte arrière. Une planche est venue boucher l’orifice de l’escalier devant nous et l’espace ainsi gagné fut rempli de sacs de riz et de quelques bagages.

Tout au fil du trajet, les places imaginaires, improvisées avec des petits tabourets en plastiques dans le couloir, se sont remplies. Puis les bagages ont émigres sur le toit et quelques personnes en plus on pu s’installer sur les sacs de riz. Comme si ce n’était pas assez, deux personnes ont élu domicile sur la planche située entre le sommet de nos dossiers et la vitre arrière. A chaque nouveau passager, nous assistions à un jeu de chaise musicale auquel nous n’avons jamais été invité, dont les règles nous ont complètement échappées et qui nécessitait de longues discutions où tout le monde participait alors que l’horloge tourne...

Nous avons donc passé les trois quarts du trajet avec le dos des personnes devant nous appuyé contre nos jambes et en alternance un pied ou un genou de la personne derrière nous contre nos têtes. Mais de quoi pouvions nous nous plaindre, les places les plus inconfortables n’étaient pas réservées qu’aux jeunes hommes bien portant que du contraire. Quelques vieux occupaient des tabourets sans dossier dans l’allée et devant nous sur les sacs de riz, se trouvaient une vielle dame et sa fille.

C’est à l’arrière du bus que l’on ressent le plus les irrégularités de la route. C’est un fait indéniable, les lois de la physique sont faites ainsi : ressorts, bras de levier et autres nous font bondir et rebondir à chaque nid de poule et les virages serrés nous écrasent entre le voisin et la fenêtre. Si en plus l’état de la route est déplorable, on commence à comprendre ceux qui ont le mal de la route. Quelques glissements de terrain et autres déchainements naturels ont transformé ce qui avait du être une route il y a bien longtemps en un parcours du combattant interminable. Nous avons même du tous descendre du bus afin que celui-ci puisse franchir une montée à forte inclinaison.

Le bus aura parcouru les 485 km en …16h ! Etrangement, même s’il nous a été impossible de dormir, j’ai mieux supporté ce trajet que celui qui m’a tant fait souffrir au Myanmar. Laetitia, quant à elle, a frôlé la crise de nerf. Le voyage fut d’autant plus difficile que nous n’avions rien mangé durant le trajet : la nourriture proposée dans les gargotes ne nous donnait vraiment pas envie.

Philippe.

Aucun commentaire: