Guest House D’Enam. Accueil souriant malgré l’heure matinale à laquelle nous sommes arrivés. La chambre est on ne peut plus simple mais propre et extrêmement lumineuse ce qui la rend agréable. Nous partageons la salle de bain équipée d’un baquet d’eau gelée (en guise de douche) avec les autres guests de l’étage. Ce n’est pas le grand luxe, mais on est heureux d’être arrivés, heureux que ce voyage en bus cauchemardesque soit derrière nous.
Nous avons fait appel aux services d’Elvis (tout hilare de spécifier qu’il n’était pas Elvis Presley) pour visiter la région. Elvis, un homme dont la jovialité nous faisait oublier son anglais volontaire mais très approximatif, est propriétaire d’une petite agence de voyage. Il nous a d’abord emmenés à la recherche de l’une des plus grandes fleurs du monde. Ce n’est pas la saison, mais il nous assure que, bien que « petite », l’une d’elle est visible.

Sans imaginer que cette chasse à la fleur serait simple, je n’étais pas préparée au parcours du combattant qui nous attendait : terrain imbibé d’eau, chemin glissant jonché de troncs d’arbre, pentes abruptes, ruisseau à traverser, le tout dans un panorama de jungle.

Equipée de mes simples clapettes, j’ai vu le sol de près à plus d’une reprise (j’étais heureuse de ne pas avoir mis mon pantalon blanc :-), si bien que j’ai fini par marcher pieds nus. Pieds nus ? Dans la jungle ? On aura tout vu ! Apres une demi-heure de performances notoires, elle s’est montrée à nous : Rose à poids blanc, elle avait quand même un diamètre de 50 cm. Ce n’est pas tous les jours qu’on met presque sa tête à l’intérieur

d’une fleur ! La Rafflesia est capricieuse : elle ne fleuri que lorsqu’elle estime qu’assez de pluie est tombée (sa saison est donc celle des pluies).En bouton, il lui faut 9 mois pour s’ouvrir… et une fois en fleur, il lui reste une semaine de vie.
On est revenu au mini-van plein de boue, mais heureux d’avoir trouvé l’objet de notre quête.

Assis à l’arrière, Philippe et moi dévorions le paysage des yeux:

collines verdoyantes, rizières en terrasses, flancs de volcans, lacs d’eau claire, … Que la région est belle ! Maison du roi,

maison du peuple (vieille de 400 ans), nous sommes passés par quelques villages exposant leurs

joyaux architecturaux et historiques. Nous avons pu aussi visiter une fabrique de café tout à fait artisanale. La journée, bien que pluvieuse, fut bien remplie…

Le lendemain, le temps étant plus clément, nous avons enfourché une mobylette pour nous rendre à la Vallée D’Harau. J’avais vus quelques clichés affichés à l’office du tourisme de Bukittingi et depuis, trépignais d’impatience à l’idée de découvrir la région. Nous n’avons pas été déçus ! L’endroit était magnifique : une vallée fertile balisée d’énormes falaises si lisses qu’on les croirait que la roche a été poncée, d’où s’écoulaient ça, et là, de petites chutes d’eau dont les gens se servaient de douche.

Nous avons visité les lieux de fond en comble : Philippe empruntait chaque chemin qui s’ouvrait à nous jusqu'à ce que celui-ci ne soit plus praticable ou plutôt jusqu'à ce que je lui demande de faire demi-tour parce que la route n’était pas assez confortable :-) A ma décharge : je craignais que la moto ne nous fasse des ennuis : la batterie ayant déjà rendu l’âme, je ne voulais pas crever un pneu en plus.

Les jours suivants, nous avons calmement visité la ville : La place de l’horloge me rappelait quelque peu les villes en inde qui comptait aussi une place animée flanquée d’une grande tour agrémentée d’un cadrant à aiguille (Udaipur, notamment). A deux pas de là, un surprenant panorama s’offrait à nous : un large canyon de pierre blanche et d’herbes sauvages.

Voilà qui tranchait avec le paysage urbain de la ville ou les bâtiments officiels et de prestiges se disputent la palme de la plus belle toiture en forme de corne de buffle. Autre surprise : ici, pas de taxi à moteur. S’il faut se déplacer, c’est en calèche uniquement.
Lors de nos ballades, nous sommes tombés nez à nez avec un couple de Wayangs que nous rêvions d’acheter depuis notre arrivée en Indonésie. Les Wayangs sont des marionnettes faites de bois ou de peau de buffle et qui, dans un jeu d’ombre, font la renommée du théâtre traditionnel de java. Nous n’avons pas eu la chance de voir de représentation, mais nous avons succombé à leur charme et, à notre retour en Belgique, un couple d’entre eux peuplera notre appartement.
Au petit matin suivant, nous prenions un mini bus vers l’aéroport de Penang situé à 2 heures de routes de Bukittingi. Alors que nous traversions un Nème petit village, l’agitation dans la rue et un attroupement d’hommes et de femmes ont retenus notre attention. Et pour cause, entre la jambe de personnes qui formaient un cercle, nous avons aperçu ce qui semblait être un gigantesque serpent (Anaconda ?) outre sa taille, ce qui nous a surpris c’est de comprendre, à en juger par sa forme, que ce serpent était en train de digérer un gros animal. Sans plaisanter, ni trouver cela drôle, ce qu’il avait dans le ventre pouvait être une chèvre autant qu’un enfant… Époustouflant et terrifiant à la fois.
Jakarta, nous voilà !

L’image qu’en dépeignait notre guide n’était pas très engageante :
en gros c’est une grande ville chaotique, polluée et sans beaucoup d’intérêt touristique. Médan étant du même acabit, c’est une description que nous avons choisi de croire et nous avons donc décidé de n’y séjourner que le stricte minimum : 1 jour avant notre départ pour Bangkok.
Nous avons passé notre unique journée à Jakarta le nez fourré chez les brocanteurs et nous y avons déniché quelques merveilles.
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