mardi 1 juillet 2008

Medan

Le 25 juin nous prenions place à bord d’un bateau aux allures de suppositoire : tout blanc, tout en longueur, dénué de pont, et pourvu de si petits hublots que je ne les avais pas vu. « On sera en Indonésie plus vite que je ne le croyais », me suis-je dit d’un air satisfait en m’installant sur mon siège d’avion (il n’y a pas d’erreur possible : les sièges du bateau ont été récupérés sur un avion déclassé). Certains passagers assis à l’arrière ont du rigoler dans leur barbe en nous voyant nos airs contents de trouver des places tout devant heureux d’avoir de l’espace pour nos jambes et nos sacs. (Ceux qui ont déjà pris un speed boat savent que ca bouge toujours beaucoup plus à l’avant qu’a l’arrière du bateau).

Et bien ce bateau n’avait du bolide que l’allure ! (le GPS de Philippe confirme 40km/h). On nous avait dit 5 heures de trajet, il nous en a fallut 2 de plus. Alors ça n’a l’air de rien comme ca, j’en conviens, mais, croyez-moi, quand, par la fenêtre de votre hublot vous ne voyez plus, avec alternance, que l’eau de la mer ou le bleu du ciel tant votre bateau tangue de gauche à droite, quand, toute les 5 secondes vous montez de 2 m puis les descendez aussi tôt en sentant vos vertèbres se tasser au moment ou la coque du bateau reprend contact avec l’eau (expérience type Zero G), quand, à force d’être balloté dans tous les sens sans pouvoir vous raccrocher à l’horizon, vous souhaiteriez pouvoir vomir sans pouvoir parce que les toilettes ne sont pas une option (*) et parce que si vous le faites en cabine, tous les autres passagers en font autant (jamais je n’avais vu autant de visages blancs verdâtres, vidés de leur sang), 5 heures c’est déjà très long, mais 7, c’est l’enfer !!

* il fallait voir l’eau des toilettes turques du bateau : secouée au même titre que les passagers, elle giclait sur murs et plafond tant et si bien qu’à la seconde ou on ouvrait la porte, on la refermait aussi tôt pour ne pas être aspergé de l’urine des autres. Autant dire que si on devait vraiment faire pipi, on était dans la « merttt ».

Nous avons été gentiment accueillis et guidés par les douaniers. Ils nous ont donné les consignes d’usage et nous ont conseillé de monter, à notre sortie du port, dans le bus n°1 prévu pour les passagers des ferries, en évitant à tout prix les conducteurs de mini van. Je devinais déjà à quelle foire d’empoigne nous allions devoir faire face… Nous avons obtenu notre Visa d’un mois en deux coups de cuillère à pot, puis nous sommes dirigés vers la sortie : comme prévu, des dizaines et des dizaines de personnes enragées et décidées à nous faire monter dans leur minibus nous attendaient. Il nous fallait presque les bousculer pour parvenir à notre bus pourtant juste en face… voilà qui me rappelait l’inde… et pas le meilleur.

Medan nous a déçu : la ville n’est pas jolie, elle est polluée, bruyante, sale et on ne pouvait faire un pas dehors sans être abordés par un conducteur de rickshaw ou un mec voulant nous « aider » (encore un point commun avec l’Inde). Bon nombre des guest house que nous avons visitées étaient complètes et si non, nous présentaient des chambres glauques, en mauvais état et crasseuses… C’était déprimant ! On a fini par prendre une chambre hors de prix dans un hôtel vétuste et, ayant rapidement visité le seul bâtiment élégant de la ville (la grande mosquée), nous avons décidé de dégarpir dès le lendemain.

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