mercredi 5 mars 2008

Nos premiers pas au Myanmar (= Birmanie)

5 mars 2008, 5h45, le réveil sonne. Aujourd’hui, on quitte ce pays déjanté. Je suis soulagée et nourris, non sans crainte, l’espoir que la Birmanie sera moins difficile a vivre. Je tente de me rassurer en me rappelant les récits élogieux des personnes qui y avaient déjà voyagé.

A notre arrivée a Yangun, au bout d’1h30 de vol, ma surprise est totale: je suis effectivement époustouflée par la douceur de l’accueil qui nous est réservé ! Pour la première fois depuis 36 jours, je n’ai pas l’impression d’être une bête de foire et si mon regard croise celui de quelqu’un d’autre, un échange de sourires s’en suit systématiquement. Mon soulagement est énorme. Je pensais avoir perdu l’amour du voyage et de la découverte, la Birmanie vient de me prouver qu’il n’en est rien.

Je suis surprise aussi par la propreté des rues : peu d’ordures a terre, pas d’odeurs disgracieuses. Yangun, bien qu’une capitale de 4 millions d’habitants, est moins oppressante, moins polluée que bon nombre des grandes villes en Inde. On y trouve un semblant d’ordre, les vitrines des magasins sont soignées, les maisons entretenues, les gens respectent un code de la route et de conduite, les rues ne sont calmes (la loi interdit de klaxonner a Yangun).

Nous avons profité d’être à l aéroport (qui, il faut le dire, est flambant neuf et digne des aéroports les plus modernes) pour réserver notre vol vers Heho (pour le lendemain) ainsi que celui pour Chang Mai (Thailand, dans un mois). Ce sont des dépenses auxquelles nous n’avions pas pensé en achetant nos Dollars en Belgique et il semble que nous soyons financièrement un peu juste pour le mois… Cela m’inquiète étant donné qu’il n’y a aucun moyen de retirer de l’argent en Birmanie (ni Mister Cash ni banque pouvant nous procurer de l’argent sur base d’une carte de crédit). Heureusement, on apprend qu’un hôtel (le seul dans le pays semble-t-il) accepte de donner des Dollars en échange de l empreinte de notre Master Card et une commission faramineuse.

Nous montons dans un taxi et sur la route il nous faut quelques minutes pour réaliser que, bien que les volants des voitures soient, pour la plupart, a droite, on roule a droite aussi. « Pas très pratique », mais notre taximan répond d’un air fatigué : « C’est comme ca, on s’habitue a tout »… On apprendra plus tard qu’il y a a peine quelques année, la conduite se faisait en effet a gauche, mais qu’un jour, un dirigeant illumine a décidé, sur base des bons conseils d’un astrologue, qu’il fallait conduire a droite parce que c était mieux. C’est aujourd’hui chose faite mais les Birmans n’ont néanmoins pas perdu certaine vieilles habitudes : ils roulent donc a droite, mais les véhicule lent roulent le plus a gauche possible ce qui oblige les dépasseurs a dépasser par la droite (comprenez-vous ?). ils agissent aussi comme cela parce que souvent l’état des routes est meilleure au centre (moins de trous que sur les côtes).

Les hommes portent presque tous le « Longy ». C’est une sorte de long tissu noué à la taille et qui forme, selon l’envie, une jupe longue, un short ou un caleçon. Ce Longy se défait assez facilement et ils doivent souvent le renouer ce qui m’a valu de voir quelque fesses au cours de notre voyage. J’ai donc résolu la question du Longy avant celle du Kilt : Oui, ils sont nus dessous ;-)


Nous avons changé des dollars avant d’arriver a l’hôtel ce qui nous a valu une nouvelle surprise : pour 100 dollars nous obtenons 100 000 Kyat (prononcez « Chiatte »). Le billet 1000 Kyat est la plus grosse coupure qui existe (et, rendez-vous compte, la plus grosse coupure birmane vaut moins d’un Euro. Vous imaginez-vous payer votre restaurant ou votre nouvelle paire de chaussure en pièces de 1 euro parce qu’il n existe pas de plus gros billet ?), vient ensuite le billet de 500, 200, 100, 50, 20, 10 (les pièces existent mais ne sont plus utilisées que pour les donations).

Une fois nos sacs posés, nous nous sommes promenés dans le centre ville: les rues sont bordées d’échoppes de nourriture fristouillante et de petits marchands en tout genre. Les trottoirs sont un peu plus présents qu’en Inde mais sont toute fois dangereux : je suis tombée quelques fois dans des trous.

Nous sommes est passés sur internet et, comme nous le craignions, la connexion a toute messagerie par interface Web est très difficile, voire impossible. C’est pourquoi vous n’avez de nos nouvelles qu’aujourd’hui.

vendredi 29 février 2008

Varanasi

Introduction résumée du « Lonely Planet »:
"De toutes les villes d Inde du Nord, Varanasi et Agra ont la pire réputation en matière de harcèlement et d'escroquerie diverses (super! me dis-je!). Les rabatteurs et les rickshaw wallahs fous poursuivant les touristes ne manquent pas. Cette tension, surtout présente dans la vieille ville et près des ghats de Varanasi (quel bonheur! C'est justement là qu’on va!) ne doivent toutefois pas gâcher votre plaisir (ben tiens! C'est facile à dire!!!)

En arrivant, rendez-vous directement à votre hôtel et non à celui auquel votre chauffeur veut vous emmener. Ignorez toute personne vous suggérant un "meilleur" hôtel ou vous proposant d'être votre "ami". Rappelez-vous que la plupart des hôtels travaillent sur commission. Ne prêtez donc pas attention au fait que, d'après votre chauffeur, le votre serait fermé, complet, détruit par un incendie, très mauvais, infesté de moustiques ou de bandits. Soyez fermes."

Du coup, quand on est arrivés, une information banale comme le nom de notre hôtel est devenu un secret d'état et on a eu un mal fou à le garder parce que tous ces mecs en chasse de commission ont des antennes pour comprendre de quel hôtel on parle, que nous nous exprimions en Français, en turc ou en Quechua! A coups de "We don't need your help to find an hotel" ce qui n’est pas tout a fait vrai sachant que la vieille ville est un véritable labyrinthe de petite ruelles sombres), on a fini par semer les quelques parasites qui nous collaient et on a pu chercher un hôtel tranquille.

mercredi 27 février 2008

Khajuraho

Qui ne connait pas ces fameux temples Hindous aux sculptures érotiques? Le site, bien qu’extrêmement touristique et donc peuplé de vendeurs pénibles et gluants, était vraiment superbe. Ces temples, au nombre de 85 au 10 ème siècle ont été massivement détruits par les Moghols. Il n'en reste aujourd’hui que 22 qui sont néanmoins considérés comme les plus beaux chefs-d œuvres de l'art indien. Et pour cause! Nous avons été époustouflés par la finesse et la complexité de chacune des sculptures qui ornent les temples. Il faut savoir que le plus grand des temples de Khajuraho compte 872 statue mesurant, pour la plupart, 1 m de haut. Voila pour la culture confiture :-)
Ah, et nous n’avons pas pu à résister à la tentation: à Khajurao nous avons acheté notre premier pot de Nutella... Eh oui... Nous sommes faibles!



Nous voilà en route pour Varanasi. Philo, Phil et moi sommes à nouveau partis pour un voyage haut en couleur...
D'abord 4 heures de bus tape-cul bondé. Vous allez commencer par vous lasser parce qu’à chaque fois que je parle de transports, j'ajoute qu’ils sont bondés, mais c'est réellement une souffrance que l'on ne connait pas en Europe et on ne s'y fait décidément pas. On s'était mis tout à l arrière parce qu’une banquette avait été supprimée pour y mettre une roue de secours (ce qui permettait a Phil d'avoir de la place pour ses jambes). Que de belles illusions; une roue de bus, ça ne fait pas peur aux indiens qui considèrent ça comme de la place à combler. Très vite, 4 ou 5 personnes s'y sont assise ce qui fait qu’au bout du compte on était bien moins confortablement assis qu’ailleurs. Et le pire, c est que ce bus n'a pas désempli!! J'ai trouvé le chemin de la méditation pour supporter la fin du voyage.

Il faut quand même souligner que nous avons eu droit à un moment touchant: une vieille dame en sari était accroupie sur le pneu devant Philippe. Elle voyageait avec sa petite fille et son mari qui lui n'avait pas de place pour s'assoir et restait debout sur le pneu, la tête penchée pour éviter de se cogner sur le toit du bus. Leur trajet a duré une heure, heure pendant laquelle ils n'ont pas lâché leur sourire gentil à notre égard. Les 2 vieillards, bien qu’édentés rayonnaient de bonté. Philippe a ouvert un paquet de biscuits et leur en a proposé. La vieille dame, n'osant pas dire non a agrippé un petit beurre. On voyait qu’elle ne voulait pas le manger... et puis, tout en gardant son large sourire et bien qu’un peu gênée, elle a discrètement mis le petit beurre dans la poche de son mari. Ca nous a fait beaucoup rire. La gamine, elle avait commencé à manger son biscuit mais elle ne trouvait manifestement pas ca très bon (ses yeux ne trompaient pas) et, tout aussi discrètement que sa grand mère, l'a jeté à terre.

Arrivés à Mahoba, nous devions prendre un train à minuit, lequel a eu une heure de retard. Une fois dans le train, nous avons du réveiller des indiens qui dormaient sur nos couchettes et à 1h30 on a enfin pu fermer les yeux.

mardi 26 février 2008

Qu'est ce qu'on mange?

Au début nous avons courageusement suivi le régime indien. Soit, un mélange de deux ingrédients parmi les pommes de terres (Aloo), des épinards (palak), du fromage (paneer), des poids (mutter), du choux fleur (Ghobi), des lentilles... Ce qui donne: Aloo palak, palak paneer, paneer bhurji,... toujours accompagne de riz. Le riz peut être mélangé avec des légumes et/ou des oeufs brouilles. Sans oublier les traditionnelles chapati (butter or garlic).

Même si parfois il nous est arrive de demander un plat avec du poulet, nous avons rarement été satisfaits... Soit il fallait bien chercher au fond du plat de sauce pour en trouver, soit il fallait gratter l'os pour en avoir un peu.

Les petits déjeunés restent pour nous proche de ce qu'on connaît: omelettes, toasts, salade de fruits, yaourt, thé (à l'indienne), ...

Il nous arrive aussi d'oser prendre à manger dans la rue, des sortes de boulettes de pâte fourrées de patates et d'épices, ou des mixes de patate avec de l'oignon et des herbes... et dans ces cas la, on s'en sort vraiment pour pas cher, mais c'est assez répétitif.



Nous avons tente l'expérience d'une pizza occasionnellement; seule celle de Khajuraho fut vraiment à la hauteur de nos espérance, dans un resto "italian chef". C'est d'ailleurs dans ce restaurant que nous avons aussi eu le plaisir de goûter les meilleures pâtes du pays, mais à quel prix!

Bref depuis quelques jours, mous profitons d'un bref répit avec de la nourriture européenne avant de repartir pour affronter l'alimentation birmane...

Bon aller, on avoue, on a craqué pour un pot de nutella... à 170 Rs

lundi 25 février 2008

Orcha



Nous avons donc continué notre voyage avec Philo. Un bus jusque Kota puis un train de nuit jusque Jhansi (avec un changement de train à Buna à 3h du matin - heureusement que certains guichets sont ouverts 24h/24) pour finir par un "Rickshaw" jusqu'Orcha. Et quel rickshaw!! On avait le choix entre un Rickshaw pour nous trois à 150 Rs ou un rickshaw surnomme "Tempo Terror" à 10 Rs. On a eu tort de vouloir être économes: On a vite compris pourquoi c'était moins cher: Vous avez vu la taille de ces pétrolettes (voir photo) ? Et bien on était à 14,5 dedans. Je vous jure que c'est vrai (le 0.5 c'était un bébé sur les genoux de sa mère)! J ai cru que les 30 minutes qu’ont durées le trajet me coûterait une jambe. J'envisageais l'amputation tant j'avais de fourmis et IMPOSSIBLE de bouger. Bref autant dire qu’on est arrivés exténues.

On n’a pas été bien difficiles pour l'hôtel: on a presque pris le premier venu et pour la première fois on a sorti notre moustiquaire. Philippe, bien que courageux guerrier armé d’un chiffon, n'est pas venu à bout des 50 moustiques qui se planquaient dans ces 4m2.



Dès le lendemain nous, visiteurs effrénés, nous sommes mis en route vers le Palais: le « Jehangir Mahal » avec ses escaliers raides, ses allées vertigineuses, ses échafaudages en bambou et ses salles pleines de gravats, il nous a un peu déçus. Il incarne pourtant l’apogée de l'architecture islamique médiévale.



Le « Aije malopiez* Temple » nous a, lui, par contre, beaucoup plu: il dévoile de fabuleuses peintures murales datant du 10eme siècle. On s'en fiche un peu pas vrai? D ailleurs, comment il s'appelle ce Temple? "Aie j'ai mal aux pieds"? Et vous pensez que c'est sérieux?
* pour ceux que ça intéresse, c'était le Lakshmi Narayan Temple.

C'est à Orcha qu’on a vu nos premiers éboueurs. Alors ils ont des méthodes bien à eux: ils se mettent à 2 ou 3 pour renverser une sorte de container dans lequel les riverains bien élevés jettent leur déchets (les autres se préoccupent bien peu de l'environnement et jettent tout et n'importe quoi n'importe où) pour étaler tous les déchets par terre. Ensuite, ils remplissent l'équivalent d'un plat à salade de ces crasses avant de les jeter dans une remorque. On les a regardés d'un air interloqué.

Juste après le petit déj du second jour, nous avons rencontré 2 filles qui souhaitaient partager un taxi pour aller à Khajuraho. Ca coûte 2 fois plus cher que rickshaw-bus-bus, certes, mais ça prend 2 fois moins de temps. Philippe et moi, bien qu’aventuriers dans l'âme ;-) nous sommes laissé tenter proposant à Philo (qui préférait rester à Orcha un jour de plus) de nous retrouver le lendemain soir. A 18h30 nous étions en route pour 3h30 de sursauts.

Notre conducteur, aussi fou que les autres usagers de la route nous a néanmoins amenés à bon port sans une égratignure. Je n'étais cependant pas à l'aise quand nous sommes arrivés à hauteur d'un accident tragique entre 2 tracteurs: il y avait au milieu de la route, une foule très agitée, impossible de passer, 2 personnes étaient mortes et on n’a pas eu de mal à comprendre comment quand on a vu les 2 tracteurs ne former plus qu’un amas de métal suintant le pétrole.

Ah oui, notre conducteur a aussi eu la bonne idée d 'aller faire des emplettes pendant le trajet. A peine avait il quitté le véhicule qu’un fou vraiment fou se jetait sur la voiture pour nous arracher quelques roupies. Il y tenait tellement qu’il a essayé d'entrer dans la voiture par la fenêtre ouverte côté conducteur. Philippe (mon SAUVEUR) assis devant, a du le pousser vers l'extérieur à plusieurs reprises. J'en ai marre d'être considérée comme un mister cash ou une prostituée par les indiens!!

samedi 23 février 2008

Train de nuit.

Voila, c'est fait, nous avons pris le premier train de nuit de notre voyage et le premier de ma vie aussi en fait.

La grande question "vais-je arriver à dormir là dedans" a enfin sa réponse. Je n'ai jamais su dormir dans une voiture, un bus, un car de nuit ou un avion sans avoir atteint un certain taux d'alcool dans le sang... (petite pensée pour Tiv lors de notre retour de Thailande il y à 2 ans). Avec les pieds qui touchent la paroi, la tête contre les barreaux de l'échelle, la dureté du matelas, les sacs à dos entre les jambes, les fortes odeurs de transpirations mélangées aux relans d'urines, les ronflements (malgré l'entraînement familial) et les musiques indiennes grésillardes provenant d'un haut parleur de téléphone portable, rendent la tâche tout simplement impossible et ce malgré le doux bercement du wagon.

J'ai profite de la lampe de poche frontale (merci à ceux qui nous l'ont offerte) pour lire jusqu'à épuisement de mes pauvres yeux. Ensuite, après un premier essai infructueux de recherche de sommeil et d'une position confortable, j'ai été me griller une cigarette à la porte extérieure du wagon que j'avais ouverte grand pour la circonstance, une bonne bouffée d'air frais ça fait du bien. Et dire que c'est un train express... je pourrais presque descendre faire un footing à côté du train! Aller, profitons de tout ce temps pour réfléchir à ce que je vais vous écrire...

La semaine dernière nous avons rencontré deux drôles de zigotos à Bundi.

Le premier est descendu depuis Paris sur son fidèle destrier, une BMW R850 (petite pensée à Didi qui doit s'éclater avec son nouveau monstre). Il a donc du traverser toute l'Europe de l'Est, la Turquie, l'Iran, l'Afganistan et le Pakistan... Il continue vers l'asie du sud et pense faire transporter sa moto par avion de Calcuta à Bangkok pour 300 eur! dingue tout ça.

Le second voyage en train et en bus comme la plus part des touristes, mais dès qu'il en descend, il met ces rollers! Etant moi même un patineur chevronné, j'apprécie à leurs juste valeur les difficultés qu'il a pu rencontrer. L'état de l'asphalte, quand il y en a, n'est pas des plus lisse et avec cette circulation qui est complètement dingue ici, ce n'est vraiment pas évident. De plus, les conducteurs indiens sont surpris, effrayés parfois d'apercevoir un piéton avancer si vite dans leur champ de vision. Ils n'ont certainement jamais du voir de patins à roulettes de leur vie! Le pire, c'est les animaux, il c'est fait attaquer par des chiens et les vaches s'enfuient en entendant le bruit des roues. Déjà à bruxelles je devais faire attention aux chiens quand je roulais en patins, apparemment, c'est partout pareil...

philippe

vendredi 22 février 2008

Bundi

On prend le premier hôtel venu et... quel hôtel! 500 Rs : l'équivalant de 10 euros (sachant que c'est le double de ce que nous payons en moyenne pour une chambre). On a presque eu droit à une suite! Salle de bain en marbre, eau chaude, draps propres, couvertures en suffisance (ce qui n'a pas toujours été le cas), jolie décoration... On était super top méga ravis.



Au joli palais de Bundi nous avons visité des salles couvertes de peintures murales encore en très bon état et puis nous sommes montés jusqu’au fort armés, toutefois, de pierres et de bâtons, sachant que ces ruines sont habitées par des singes prétendument agressifs. Nous n’avons pas eu à les affronter mais nous ne nous y sommes pas frottés non plus.

Comme à notre habitude, nous avons loué des vélos pour découvrir les environs. Ce jour là, nous avons vécu le pire et le meilleur de l’Inde: Arrêtés par des jeunes sur la route, ils voulaient nous vendre je ne sais quoi. L’un d'eux tenait le guidon de Philippe et il nous empêchait de partir. Malgré son agressivité visible, j'essayais de rester polie pour éviter tout problème mais en dépit de mes précautions il m'a, sans gêne aucune et sous les yeux de Philippe mis la main sur la poitrine. J ai lâché mon vélo et ai essayé de l'agripper mais ne suis parvenue qu’à m’arracher les ongles sur son t-shirt. En soit ce n'était pas grave mais ce manque de respect à notre égard m’allait loin. Une fois de plus ils étaient trop nombreux pour qu’on puisse faire quoi que ce soit.

J étais en colère mais nous continuons néanmoins notre balade. Au moment précis où nous décidons de faire demi tour parce qu’il faut rendre les vélos et que nous sommes à 2 heures de Bundi, je réalise que mon pneu avant est plat. J'ai bien tenté de rouler assise sur le porte bagage pour mettre un maximum de poids à l'arrière, mais les "chemins" sont tellement irréguliers que j'y renonce. J'essayais de rester optimiste en me rappelant la devise des indiens "every thing is possible in India" mais je dois avouer qu’étant au milieu de nulle part, je voyais mal comment on allait s'en sortir. Et pourtant... arrive un monsieur d'une 40 aine d’années, il ne parle pas anglais mais comprend notre problème et essaye de nous indiquer quelque chose dans la direction opposée de Bundi. On tente de lui faire comprendre qu’on veut juste rentrer à Bundi, mais il insiste. Arrive alors un 4X4 dont il connaît manifestement les conducteurs. Ensemble ils prennent le vélo, le mettent dans le coffre et me font monter à bord. Philippe, quant à lui, devait pédaler derrière dans la poussière soulevée par notre véhicule (le pauvre !). Encore tendue par l'événement qui avait précédé, mon regard ne l’a pas quitté. Au bout de 5 minutes nous sommes arrivés dans un petit village et ils nous ont conduit jusqu’au réparateur de vélo. En 10 minutes, le tour était joué. On a fait beaucoup rire les indiens présents en prenant une photo de l'événement. Ils ne devaient pas comprendre l'intérêt d'un tel cliché et on n'avait pas le vocabulaire en Hindi pour leur expliquer qu’on veut se souvenir des personnes qui ont rendu notre voyage plus doux. On était tellement heureux et touchés par leur aide qu’on était prêts à donner 50 Roupies pour remercier. Le réparateur nous a regardé avec des yeux de merlan frit et nous a dit "no no! This, better" en pointant du doigt un billet de 10 (= 7 francs belges) dans le portefeuille de Philippe encore ouvert. Après avoir tenté de leur faire comprendre à quel point nous leurs étions reconnaissants, nous allions repartir quand le réparateur nous interpelle pour nous rendre la monnaie (5 Rps)!! On n’en revenait pas! En plus on a du insister pour qu’il la garde ! L'inde est décidément un pays surprenant!

C'est à Bundi que nous avons rencontré Marie-Soleil (Quebecoise) et Philomena (Francaise). Deux jeunes femmes avec lesquelles nous avons passe des soirées extras ponctuées de rires, de compassion, et d'échanges riches. Partager nos expériences respectives de l'Inde m a fait un bien fou: Philippe ne comprenant pas toujours mes coups d'éclats, mes paranos, mes crises d'angoisses, je finissais par croire que je n'étais pas normal. Je me suis demandée si je ne faisais pas une dépression. Hors, Marie-So et Philo ont aussi vécu des moments difficiles et ont eut des réactions comparables aux miennes malgré le fait qu'elle aiment l'Inde. Donc, tout va bien.
L'itinéraire de Philo ressemble au notre et nous décidons de continuer le voyage ensemble direction Orcha (vivement recommandé par Marie-So qui, malheureusement, continue son voyage dans une autre direction)