mercredi 2 juillet 2008

Bukit Lawang

Il nous a fallu 4 heures pour faire les 78 km qui nous séparaient de Bukit Lawang. Inutile de détailler l’état les routes ni, d’ailleurs, le système bancal de transport en commun… Ai-je déjà dit que l’Indonésie me rappelait l’Inde ? :-)

Eco-Lodge Guest House nous a accueilli chaleureusement et nous a offert un ravissant bungalow donnant d’un coté sur la rivière (responsable d’une inondation très meurtrière en 2003) et sur la jungle de l’autre. Bukit Lawang est la porte d’entrée de la réserve naturelle du Gunung Leuseur : l’un des deux endroits au monde où il est possible de voir des Orangs-Outangs (= homme des bois en indonésien) dans leur milieu naturel.

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que nous sommes partis, le lendemain, en trek, accompagné de Suhendra , un jeune guide. Sur le chemin, il nous montrait et nous expliquait les plantes : arbre à bétel (graines rouges ignobles que beaucoup de gens mâchent en Asie – substitut de la feuille de coca en Bolivie ou de la cigarette chez nous), cacaotier, arbre à clou de girofle, plante d’ananas, arbre-à-la sève-qui-brule-comme-de-l’essence, … Des stèles en bétons marquaient la frontière entre les terres cultivables et celles de la réserve naturelle (inviolables sous peine de lourdes sanctions de prison).

Avant de pénétrer dans cette jungle épaisse, Suhendra nous a mis en garde contre Mina. Les Orangs Outangs sont inoffensifs mais Mina, elle, est agressive et aurait déjà agressé 25 guides et accompagnants… Ben tiens ! Voilà qui a de quoi nous mettre à l’aise !

Il ne nous a pas fallu longtemps avant de voir nos premiers singes : d’abord les Thomas monkey : adorable bouille à la tête punk, ensuite maman et bébé Orang Outang, puis des Gibbons (plus difficiles à voir parce qu’ils sont plus farouches), macaque a longue queue, … que d’émerveillements ! Nous avons aussi été étonnés par les cris des oiseaux, regrettant de ne pas avoir pu les enregistrer tant ils étaient curieux (parfois proches de cris de mammifères ou de rires humains).

Il devait être 12h30. Nous commencions à avoir faim et envisagions de nous installer pour manger. Je suivais Suhendra quand il a subitement cessé de marcher et dit « Oh… Noo ! » d’un ton stupéfait. Au moment ou je me penchais de coté pour voir ce qui le surprenait, il fit « This is Mina ! GO BACK ! BACK BACK ! » J’eus à peine le temps d’apercevoir une fourrure orange au sol à quelques dizaines de mètres de nous que, réalisant la proximité du danger, je me mis à courir en sens inverse. Philippe me précédait. J’étais paniquée et je me demandais combien de temps il allait falloir courir pour semer une Mina affamée qui sait bien que notre sac est chargé de notre déjeuné ? Pour brouiller les pistes, nous sommes sortis du sentier et nous sommes mis à déballer une pente raide et glissante nous accrochant tant bien que mal aux branches et aux racines pour éviter de tomber. Ne la voyant plus derrière nous, nous nous sommes arrêtés pour reprendre notre souffle. Je ne tenais plus sur mes jambes, mon corps tout entier tremblait secoué par l’adrénaline et l’effort physique que je venais de faire.

Soudain, Philippe entendit des bruits de feuillage : un autre Orang Utang jouait dans les branches à quelques arbres de là. J’ai pris quelques photos ne me rendant pas compte qu’en fait, le singe était en train de venir à notre rencontre. Quand il a touché le sol, le guide s’est affolé et nous a ordonné de nous lever et de continuer à descendre. Vite ! Allez ! Viiite ! J’étais aussi rapide que possible, manquant à chaque saut de dévaler le reste de la pente en cumulets ! J’aurais espéré que la terreur générée et les grognements que j’entendais très clairement derrière moi me fasse courir plus vite encore mais malheureusement, le terrain trop accidenté nous ralentissait inexorablement et Suhendra a du se résoudre à s’arrêter pour sortir des fruits de son sac afin de mettre un terme la poursuite du singe. Suhendra tenta de lui donner une banane, mais ca ne suffisait pas : l’orang outang lui prit, de force, la totalité de la main (de banane) qui nous était destinée puis nous laissa partir.

La course que nous venions de faire m’avait épuisée et mes jambes avaient du mal à me porter. J’étais heureuse d’arriver à la rivière que nous allions, après le déjeuner, parcourir en radeau (3 chambre à air de tracteur maintenues ensemble par des cordages). Au menu : Riz sauté, ananas, fruit de la passion, pastèque, orange. Un régal que des macaques nous regardaient manger de l’autre coté de la rive. Ils savent que les restes leur sont destinés et sont prêts, pour ca, à braver la rivière qui pourtant les rend frileux.

Anecdote : Philippe et moi avons découvert lors de nos balades nocturnes entre le restaurant et notre hôtel, que les yeux des araignées reflètent la lumière de notre lampe frontale. Résultat, on les voit mieux dans la nuit noire qu’en plein jour ! Et, purée, y en a… beaucoup, beaucoup ! en fait, sans le savoir, on est cernés en permanence !!!

1 commentaire:

Anonyme a dit…

entre les singes et les araignées aux yeux brillants me voilà quand même rassurée en voyant Philippe avec des sandales aux pieds dans la jungle... y'a pas des bêtes par terre ? Moi, je mettrais quand même des bottines, je crois...Boooon, bonne continuation, alors!